Les discriminations à l'embauche sont punies par la loi. Pourtant, lors d'un recrutement, le critère du sexe est rarement neutre. Le supposé manque de disponibilité des femmes n'est pas seul en cause. Tout un ensemble de traits de personnalité encore assignés « naturellement » aux hommes et aux femmes peut venir biaiser la sélection. Les propos de recruteurs, des deux sexes, montrent que les stéréotypes ont la vie dure...

Étudier la discrimination à l’embauche à partir d'interviews de recruteurs, c’est prendre le risque d’obtenir des discours très formatés. En effet, lorsqu’on les interroge au sujet des politiques en faveur de la diversité, de l ’égalité, des CV anonymes…, leurs propos sur les discriminations que pourraient subir les candidats qui se présentent à eux sont très édulcorés. Qu’il s’agisse de leurs origines (étrangères), de leur lieu de résidence (quartiers « sensibles »), de leur sexe, de leur âge, voire de leur éventuel handicap… rien ne semble faire obstacle à leur embauche potentielle.

Tout semble au contraire se passer comme sil es individus, quelles que soient leurs caractéristiques individuelles, avaient tous les mêmes chances lors des différentes phases de recrutement. Pourtant, dès lorsqu'ils décrivent leurs pratiques effectives d'embauche, la réalité est tout autre. Les stéréotypes, au premier rang desquels les stéréotypes sexués, ont la vie dure.

C'est ce qui ressort du volet qualitatif d'une étude sur les discriminations à l'embauche menée pour le compte du Fonds d'expérimentation pour la jeunesse. Lire la suite dans Bref n°315. Suite de l'article...