Les seniors ACTIFS (+45 ans) en recherche d'un emploi sont de plus en plus nombreux en France. Leur nombre a dépassé celui des jeunes de moins de 25 ans, ce qui ne s'était jamais vu. Pour autant, les élites, politiques, syndicales ou administratives, nationales ou régionales, n'ont pas encore intégré ce phénomène et tardent à s'y intéresser.
"Quand une société laisse un million de ses enfants sur le côté de la route, elle est à la dérive." Henri Grouès, dit l’abbé Pierre.

Nous avons en effet dépassé le million, nous les seniors actifs en recherche d'un emploi. 860000 enregistrés à Pôle emploi auxquels il faut ajouter tous ceux qui ont entre 45 et 50 ans et aussi ceux qui ne sont plus inscrits à Pôle emploi. Beaucoup connaissent une mort sociale humiliante, lente et silencieuse...
Les élites font comme si de rien n’était. Le président de la République dans les mesures annoncées à la suite du sommet social nous a ignoré. Le ministre du travail dans son discours aux préfets de régions, sous préfets, directeur régionaux du travail et de pôle emploi a oublié les + de 50 ans. M. HOLLANDE revient sur son contrat de génération qui devient moins, moins intéressant pour les seniors. Non, non, rien de rien, nous sommes 1 million et nous n’intéressons personne.
Peut être cela est-il du à notre grand âge qui nous aurait ramolli le cerveau…ou au fait que n’ayons pas pour pratique de bruler les automobiles pour exprimer notre mécontentement? Cela dit, pour beaucoup, il nous reste 10 ou 15 ans pour « aller jusqu’à la retraite ». Il va falloir les faire, mais comment ?
Nous avons le devoir, nous qui sommes concernés et conscients,  de « dire les choses », de nous battre, de monter au créneau pour que cela change ou évolue.

Il y a quelques temps  je rencontrais un haut fonctionnaire, de ceux qui ont (encore) la notion de service public chevillée à l’esprit, qui s’offusquait que je puisse dire que l’Etat ne faisait rien. Il me montra, entre autres, une étude, une belle étude. Dans la presse professionnelle, je vis aussi que son administration finançait des formations aux  employeurs  et salariés pour préserver l’emploi à l’intérieur des entreprises. C’est bien, très bien mais…mais pour les autres, oui, pour le million? Pour ceux qui chaque année sont 15% plus nombreux. Pour eux, il n’y a pas grand-chose : ils sont du mauvais côté du guichet.
Il ne faut pas s’imaginer que cette exclusion sera ou est sans conséquences sur notre économie. Les chômeurs consomment moins, comptent au jour le jour, comparent, se restreignent. Or, nous sommes tous liés dans les résultats de notre société de consommation. S’il y a un maillon faible, la résultante  est pour toute la chaîne. Les conséquences, nous commençons à les voir, au quotidien, par de petits faits. Nous voyons se développer une économie de débrouille, sous terraine qui n’abonde pas les comptes sociaux et qui nous fait penser que nous cheminons, peu à peu, vers une économie « à l’espagnole ». Cette situation a pour corollaire, il est vrai, de susciter, chez quelques uns, la solidarité…
Nous pensons que ce ne sont pas les moyens qui manquent pour intervenir sur le champ de l’emploi. L’argent existe mais il ne semble pas utilisé de manière rationnelle. Il faudrait remettre à plat les financements et les rôles des intervenants et surtout, surtout susciter, aider, conforter les initiatives même les plus originales. Cette démarche est copernicienne pour bien des structures endormies dans des schémas antédiluviens mais, qui veut la fin…