http://www.elbakin.net/plume/xmedia/tolkien/parutions/Le_Monde_logo.pngPékin, Benoït Floc'h, Envoyé spécial - Lionel, 26 ans, a reçu, le 7 janvier, son diplôme de l'Ecole centrale et s'apprête à débuter une carrière d'ingénieur dans l'aéronautique. Bref, un centralien comme un autre... A cela près que Lionel ne s'appelle pas Lionel et qu'il est différent de tous ceux qui, depuis 1829, ont suivi la prestigieuse formation d'ingénieurs.
"Lionel" s'appelle en réalité Tiefeng Wu, et il fait partie des 75 premiers diplômés de l'Ecole centrale de Pékin (ECP). La Chine, intéressée par la formation d'ingénieurs "à la française", a invité le groupe des écoles Centrale (Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Paris) à reproduire son cursus au sein de l'université Beihang de Pékin, avec le soutien dans un premier temps de professeurs français: une année d'apprentissage linguistique intensif, deux années de prépa et trois de formation d'ingénieur. Cerise sur le gâteau, les étudiants sont invités à choisir un prénom français...
Lundi 7 janvier, la remise des diplômes - ayant la même valeur qu'en France - a donné lieu à une cérémonie officielle. La Chine y a mis du lustre, ouvrant le Palais du peuple, édifice monumental qui donne sur la place Tiananmen. Miao Wei, ministre chinois de l'industrie et des techniques de l'information, s'est félicité des "succès avérés et encourageants" de l'ECP, faisant notamment référence à l'insertion professionnelle prometteuse des premiers diplômés. Sept sur dix ont déjà trouvé un emploi. "Cette école jouera un rôle actif dans la réforme de notre système d'enseignement supérieur, a-t-il assuré. La Chine est entrée dans une ère d'innovation. Et nous voulons former les talents qui nous permettront de réaliser cette vision."
Passer du statut d'"usine du monde" à celui de "puissance innovante", tel est l'enjeu. D'où l'attrait de la formation d'ingénieurs à la française, réputée pour être généraliste, ouverte sur l'international et les entreprises, et fondée sur l'initiative et le travail d'équipe.
Le système éducatif chinois est beaucoup plus académique, basé sur la répétition et la toute-puissance paralysante du professeur. "Il existe une certaine difficulté à réfléchir, constate Marc Pauly, professeur de mathématiques au lycée parisien Louis-le-Grand, venu à Pékin pour enseigner au sein du cycle préparatoire de l'ECP. Quand les élèves sèchent, leur réaction typique est d'attendre que le professeur donne la solution. Or, pour faire des sciences sérieusement, il faut prendre des initiatives, tester et faire des erreurs, car c'est d'elles que l'on apprend. Eux ne veulent pas faire d'erreurs."
"TRÈS CONFIANT"

Le projet, initié par Centrale Lyon, est donc une occasion pour les Français de valoriser leur savoir-faire et de renforcer les liens économiques entre les deux pays. Mais ils ne sont pas les seuls. Anglo-Saxons et Allemands sont présents sur le même créneau. Au reste, confie Liu Jinghui, secrétaire générale du China Scholarship Council, qui délivre des bourses d'études aux Chinois, "l'objectif est de créer un système de formation d'ingénieurs à la chinoise".
Les écoles Centrale savent que leur enracinement à Pékin n'est pas joué. Le programme doit assurer son avenir financier. La première étape a été achevée grâce à un investissement de 12 millions d'euros. Pour la suite, Hervé Biausser, directeur de Centrale Paris, se dit "très confiant". Début janvier, les Chinois ont décidé de prendre à leur charge le coût des professeurs de prépa, se réjouit-il. Et si certaines entreprises se sont retirées du projet, "il faut en trouver d'autres, répond Pierre Dreux, de Centrale Lyon. On se met au travail!"
http://www.elbakin.net/plume/xmedia/tolkien/parutions/Le_Monde_logo.png Beijing Benoit Floc'h, særlige udsending - Lionel, 26, modtog den 7. januar uddannet fra Central School og er ved at starte en karriere i Aerospace Engineering. Kort sagt, Centrale A som en anden ... Bortset fra, at det ikke hedder Lionel Lionel og er forskellig fra alle dem, som siden 1829, deltog i den prestigefyldte ingeniøruddannelser. Mere...