http://www.lefigaro.fr/medias/2011/09/30/5c4d3504-eba4-11e0-a91a-1f1eee6ae54c.jpgPar Marie-Estelle Pech. INTERVIEW - Pour le ministre, le maillon faible est le secteur privé qui ne s'investit pas assez dans l'enseignement supérieur. Lancé en 2009, le grand emprunt (ou investissements d'avenir), d'un montant de 35 milliards d'euros, bénéficie à 60% à l'enseignement supérieur et à la recherche. Une liste des premiers lauréats a été dévoilée ces derniers mois, une seconde suivra cet automne.
LE FIGARO. - A quoi vont servir les divers projets («Idex», «Labex» - laboratoires d'excellence -, etc.) primés dans le cadre du grand emprunt ?
Laurent WAUQUIEZ.
- Jamais un gouvernement n'aura autant investi sur la recherche. Ce sont 22 milliards d'euros dans le cadre du programme des investissements d'avenir qui sont consacrés à l'enseignement supérieur, 800 projets ont été déposés, 220 sélectionnés pour le moment pour 11 milliards d'euros. Les universités et leurs laboratoires de recherche primés vont recevoir cette année une avance de 1,3 milliard d'euros. Pour les trois «Idex» lauréats, Bordeaux, Strasbourg, Paris, nous avons décidé avec René Ricol, commissaire général à l'investissement, de leur verser une avance de 10 millions d'euros chacune pour mettre en place leurs projets dès maintenant. Je suis fier de voir que dans certaines disciplines nous avons les meilleurs chercheurs au monde. Si nous voulons rester compétitifs et faire des découvertes pour changer la vie des Français, il faut investir et le président s'y est engagé. Cela permet dans le domaine médical de créer des traitements anti-cancer, d'améliorer les greffes, peut-être de trouver un vaccin contre la maladie d'Alzheimer. D'autres travaillent à un blé qui résiste mieux à la chaleur. Nos chercheurs travaillent sur les technologies des smartphones de demain.
Mais en quoi ces investissements vont-ils changer la vie des étudiants?

Ils auront des amphithéâtres rénovés. On va multiplier les bases de données en ligne avec les cours disponibles, les équipements sportifs, aussi, vont être améliorés grâce à «l'opération campus» lancée en 2008 en complément des investissements d'avenir. Enfin, le principe, à travers les «Idex», notamment, est d'offrir des cursus pluridisciplinaires avec des diplômes plus riches. Les philosophes interviendront en médecine par exemple. Les diplômes d'ingénieurs, de gestion et de techniciens se compléteront. Ces passerelles permettront aux étudiants de mieux s'insérer professionnellement.
Les universités craignent que le grand emprunt ne tende à se substituer à leur budget habituel et estiment que les sommes attribuées ne leur permettent pas de faire face aux nouvelles charges engendrées par l'autonomie. Que leur répondez-vous?

En quatre ans, le budget des universités a crû de 25%. L'engagement présidentiel de neuf milliards d'investissements a été tenu. La somme annuelle dépensée par étudiant est par exemple passée de 8430 à 11.430 euros. Et en aucun cas nous ne confondons les investissements d'avenir avec les budgets habituels des universités.
En dépit de l'effort consenti par l'État avec le crédit impôt-recherche (CIR), l'effort de recherche stagne autour de 2% du PIB depuis cinq ans, comment l'expliquez-vous?

Souvent en France, on considère que le secteur public est à la traîne. C'est faux. L'université s'est profondément rénovée ces cinq dernières années et l'État a beaucoup investi. Mon message est simple : bougez-vous messieurs du privé, ne restez pas sur le quai comme des spectateurs. Les entreprises privées doivent participer à l'effort national. Les laboratoires de recherche sont prêts à travailler avec elles. Il faut donc que les entreprises changent leur état d'esprit. En Allemagne, l'embauche d'un jeune doctorant, c'est la norme. En France, le recrutement reste archaïque. Quand je vois certains patrons affirmer qu'ils ne prendront pas de doctorants, je trouve cela absurde. Ils doivent dépoussiérer leurs habitudes.
Un tel appel au privé n'est-il pas illusoire en pleine crise financière?

La meilleure arme contre la crise, c'est d'anticiper. Je compte organiser des rendez-vous réguliers entre chercheurs et entrepreneurs. Par ailleurs, des progrès ont été faits, la coopération entre public et privé n'a jamais été aussi forte. Les laboratoires de recherche public-privé sont en constante augmentation: on en recense 214, dont plus de la moitié ont été créés après 2005. PSA a annoncé en 2010 deux nouveaux partenariats à Marseille et à Bordeaux pour animer toutes ses structures public-privé. De nombreuses universités accueillent par ailleurs des start-up. Les universités ont su s'ouvrir vers le monde socio-économique. Aux entreprises d'être à l'écoute d'universités profondément transformées, loin des clichés du passé.
http://www.lefigaro.fr/medias/2011/09/30/5c4d3504-eba4-11e0-a91a-1f1eee6ae54c.jpg Marie-Estelle PECH. Intervjuu - Sest minister, nõrk lüli on erasektor investeerib piisavalt kõrgharidust. Käivitati aastal 2009, suure laenu (või tulevased investeeringud) on $ 35000000000 eurot, on 60% kõrgema hariduse ja teaduse. Nimekirja esimesed võitjad avati viimastel kuudel, teine ​​jälgib sel sügisel.
Le Figaro.
- Mis teenib erinevate projektide ("IDEX", "Labex" - laborite excellence -, jne.) Võita on suur laen?
Laurent Wauquiez. - Mitte kunagi valitsus on investeeritaks teadustegevusse. See on 22 miljardit eurot investeeringute programmi tuleviku, mis on pühendatud kõrgharidusega, 800 projekti olid esitanud, 220 valitud aega kuni 11 miljardit eurot. Ülikoolid ja teaduslaborid saavad auhindu tänavu ette 1,3 miljardit eurot. Velle...