Avant-Propos
Le Ghana s’est durablement installé dans la paix et la démocratie. Ces 20 dernières années, plusieurs cycles électoraux réussis ont montré la maturité dont faisait preuve la société civile ghanéenne. Elles ont contribué à mettre le Ghana sur le chemin du développement. Sa bonne gouvernance en a fait le « bon élève de la région ». Ses classements dans les indices Doing business (64e) et Transparency international (62e) en attestent. Le Ghana vit une success story en Afrique sub-saharienne. Ce pays affiche non seulement une stabilité politique qui fait l’envie du continent africain, mais il a aussi développé l’une des économies les plus dynamiques d’Afrique. « Par rapport à ses pairs d’Afrique sub-saharienne, le Ghana a accompli des gains économiques significatifs depuis le retour à la démocratie en 1992 », souligne Michael Fini, analyste en géopolitique dans une récente note sur ce pays de 25 millions d’habitants.
Cette croissance économique remarquable et ce développement nécessitent la formation de personnels hautement qualifiés dans tous les domaines. La coopération avec des établissements d’enseignement supérieur étrangers est l’une des voies qu’a choisie le Ghana pour relever ce défi. Encore nombreux à s’orienter vers les pays anglo-saxons, les États-Unis et le Royaume-Uni, les étudiants ghanéens, sont de plus en plus nombreux à choisir d’autres destinations en Europe pour leurs études, considérant la proximité et la qualité de l’offre de formation de ce continent. La mobilité des étudiants ghanéens en France est en augmentation constante, notamment aux niveaux Licence et Master (respectivement +62 % et +55 % entr e 2008 et 2012). Bien qu’une majorité des candidats provienne encore des départements de langue française du Ghana, de plus en plus d’étudiants non-francophones s’orientent vers des formations dispensées en anglais notamment dans les sciences exactes, les sciences de l’ingénieur, l’économie et les sciences de gestion.
Avec 268 inscrits dans ses universités et écoles supérieures en 2012-2013, la France représente la neuvième destination choisie par les étudiants ghanéens. Cette mobilité qui est appelée à se développer contribue à construire une relation étroite entre les deux pays et à renforcer la diplomatie d’influence de la France. Ce dossier pays de Campus France sur la coopération universitaire franco-ghanéenne est publié à l’occasion de la 1ère Journée Ghana et des 2e  Rencontres universitaires France-Ghana organisées à Paris les 10 et 11 juin 2014. Il a pour ambition de faire le point sur les réalisations et les défis de la coopération universitaire avec le Ghana et d’indiquer des pistes de développement pour les établissements d’enseignement supérieur des deux pays.
L’enseignement supérieur au Ghana
1. Présentation du système d’enseignement supérieur ghanéen Depuis 1927, quand la première institution universitaire fut établie au Ghana, l’enseignement supérieur a toujours été considéré comme une priorité et un outil majeur pour le développement du pays. Les diplômes ghanéens jouissent ainsi d’une reconnaissance internationale et même d’un certain prestige dans la sous-région. L’enseignement supérieur relève de la compétence de la Direction de l’enseignement supérieur au sein du Ministère de l’Éducation (MoE).
Le rapport de performance du secteur de l’éduca - tion (juin 2013) fait état d’une relative augmentation des dépenses du gouvernement dans ce secteur et notamment celui de l’enseignement supérieur. En 2011, l’état ghanéen lui a octroyé un peu plus de 639 millions de cédis (255,6 millions d’euros), représentant 17,9 % du b udget total, et en 2012 plus de 1 milliard de cedis (400 millions d’euros), soit 19 %. Cette augmentation significative s’explique en grande partie par la création en 2012 de deux nouvelles universités publiques ( University of Energy and Natural Resources à Sunyani et University of Health and Allied Sciences à Ho).
Le Ghana compte 9 universités publiques :
• University of Ghana (UG) à Legon, Accra,
• University of Cape Coast (UCC),
• Kwame Nkrumah University of Science & Technology (KNUST) à Kumasi,
• University of Education à Winneba (UEW),
• University for Development Studies (UDS) à Tamalé,
• University of Mines and Technology (UMAT) à Tarkwa,
• University of Energy and Natural Resources (UENR) à Sunyani,
• University of Health and Allied Sciences (UHAS) à Ho,
• University of Professional Studies (UPSA) à Accra.
Elles sont réunies dans une Conférence des Présidents d’Université du Ghana ( « V ice Chancelors Ghana » ). Les trois premières accueillent entre 30 000 et 50 000 étudiants. Il existe 10 instituts polytechniques , un par capitale régionale. Ceux-ci vont être transformés en universités polytechniques.
On compte également 43 universités privées, d’origine confessionnelle pour la plupart (méthodiste, pentecôtiste, presbytérienne, catholique, islamique, etc.), offrant toutes des programmes en finances, comptabilité et administration.
Leur taille varie entre 100 et 4 000 étudiants. Chacune est rattachée à une université publique avec l’autorisation du « National Accreditation Board » et a connu un fort développement ces 15 dernières années. On dénombrait ainsi au total près de 142 établissements d’enseignement supérieur accueillant 261 962 étudiants en 2012 soit une progression de 20 % en un an (217  543 en 2011). Les établissements publics accueillaient 203 319 étudiants en 2011. Enfin, près de 63 000 étudiants suivent leur enseignement à distance ( e-learning ). Les étudiants qui ont réussi leur diplôme de fin d’études secondaires, commun aux 5 pays anglophones d’Afrique de l’Ouest, postulent pour la rentrée universitaire de l’année suivante et non de l’année en cours. Environ 50 % des candidats éligibles sont admis dans les universités publiques. L’entrée dans une filière universitaire dépend néanmoins des résultats au WASSCE (West African Senior School Certificate Examination), équivalent du baccalauréat en France. Seuls les meilleurs étudiants entrent dans les filières scientifiques. Les recalés s’inscrivent dans les 10 instituts polytechniques, les 35 écoles normales ( Teacher Training Colleges ) ou les universités privée...
L’internationalisation de l’enseignement supérieur ghanéen
1. L’attractivité grandissante des universités ghanéennes
L’enseignement supérieur ghanéen s’est largement ouvert à l’international au cours des dix dernières années. Internationalisation qui se caractérise par deux éléments essentiels : d’une part, l’ouverture des universités ghanéennes aux étudiants internationaux et aux programmes d’échanges et, d’autre part, le développement de la mobilité sortante des étudiants ghanéens en vue d’accroitre la qualité de l’éducation.
Un pôle d’attraction dans la sous-région
Les universités ghanéennes attirent de nombreux étudiants de la sous-région à la recherche d’un enseignement supérieur de qualité avec une certaine garantie de stabilité et de rigueur (pas d’années blanches, corrections des copies dans les délais, etc.). Ainsi, en 2010, les universités ghanéennes ont par exemple accueilli plus de 1 700 étudiants nigérians.
Une multiplication des échanges universitaires
L’Université du Ghana a également signé plus de deux cents accords de coopération avec des universités étrangères. L’un des derniers, avec Cornell University , a abondé de 7 millions de dollars la création du Centre Ouest-Africain pour l’Amélioration des Récoltes (WACCI). Si la plupart des nationalités sont représentées, les accords avec les universités américaines restent largement dominants puisque sur les 1 142 étudiants étrangers accueillis sur le campus de Legon, plus de la moitié viennent des seules universités américaines.
Autre exemple, l’Université de Copenhague dispose sur le campus de Legon d’une Maison Danoise, qui accueille des étudiants et chercheurs danois. La Fondation Fulbright a également une maison sur le Campus de Legon pour les professeurs américains invités à donner des cours. L’Université Maritime Régionale, qui a été fondée par cinq pays anglophones (Gambie, Ghana, Liberia, Sierra-Leone et Cameroun) bénéficie du soutien de l’Université de Malmö. Plus récemment on peut aussi noter l’ouverture d’une Casa Hispanica en 2012 et d’un Institut Confucius, inauguré en mai 2013 à l’Université du Ghana.
2. Une mobilité essentiellement tournée vers les pays anglo-saxons
Si la mobilité des étudiants ghanéens reste encore limitée (entre 5 et 7 %), elle commence à connaître une croissance significative (12 % entre 2007 et 2011). Concernant les destinations les plus prisées, ce sont, sans surprise, les pays anglophones qui l’emportent. Les États-Unis, en première place, accueillaient, en 2011, 2 845 étudiants (soit 33,6 % des étudiants en mobilité) suivi par le Royaume-Uni (20,9 %) et l’Afrique du Sud (7,4 %). La France arrive, elle, en 9e position. Télécharger le dossier Pays Campus France : Ghana.