AlphaLa crise: une opportunité pour agir durablement sur les territoires? 7ème Université d’été Emploi, compétences et territoires, 19-20-21 juin 2013, Montpellier.
Présentation générale

L'Université d'été est organisée par la Fondation Université Montpellier 1 entreprendre, la DIRECCTE LR, le Conseil Général de l'Hérault et Montpellier Agglomération en partenariat avec: Amnyos Mutations Economiques, l'ARACT LR, l'Assemblée des Communautés de France, ART-Dév (Centre associé CEREQ de Montpellier), la Chambre de Commerce et d'Industrie de Montpellier, la, Chambre Régionale de l'Economie Sociale, la Conférence Régionale du Travail, la Délégation Générale à l'Emploi et à la Formation Professionnelle, DIDERIS (Université Montpellier 1), les Unités territoriales de la DIRECCTE, le MEDEF, le Pôle Trimatec, l'UNSA, l'Union Professionnelle Artisanale LR.
01-pres-2013« La crise, une opportunité pour agir durablement sur les territoires? »
L'étymologie du mot « crise » nous renvoie au double sens du mot. « Crisis », en latin médiéval, signifie manifestation violente, brutale, moment paroxystique d'une maladie. Plus en amont, on retrouve le mot grec « krisis » signifiant « jugement, décision ». Même idée dans l'étymologie chinoise, où la crise représente à la fois un danger et une opportunité. Elle ne renvoie en aucun cas au sens moderne de rupture ou trouble maladif. Dans toute crise, il y a de facto l'idée d'un choix; sortir de la crise ou s'y enliser. La subir ou la dépasser. La crise correspond donc à un moment clé, charnière, où, en quelque sorte, « tout doit se décider ». D'une certaine façon, la crise c'est « le moment ou jamais ». Autrement dit, la crise renvoie à la fois à l'idée de difficulté et d'opportunité. Ou, plus précisément, à un moment d'opportunité vécu dans la difficulté, une étape dans le processus d'évolution entre un monde connu et rassurant mais qui ne fonctionne plus et un monde à venir et dont l'aspect inconnu inquiète. « Ce que l'on nomme la crise n'est que la longue et difficile réécriture qui sépare deux formes provisoires du Monde » écrit Jacques Attali, dans « les trois mondes » ajoutant « au moins, en levant le voile des illusions, la crise nous pousse à ouvrir grand les yeux. Cet entre-deux fécond relance la créativité, source de nombreux possibles ».
Il est vrai que face à cette situation de « crise », certains vont tout faire pour ignorer ce mouvement qui les agite et continuer dans la même voie, quitte à se « bourrer » de médicaments ou de mesures pour ne pas entendre ce qui se passe en eux. Sauf que ceux-là ne font que retarder le moment où la crise va les déborder. Et d'autres qui vont prêter attention à ce qui se manifeste en eux. Mais ce n'est pas simple. Il y a des résistances, comme à tout changement. La peur, surtout, de lâcher ce que l'on connaît, ce que l'on sait faire, de perdre ses repères et ses certitudes. Bref, la peur de l'inconnu.
Il n'empêche que pour pouvoir faire d'une crise une opportunité, il faut déjà l'admettre, la reconnaître. Mais pas seulement. Il faut aussi vouloir aller y voir de plus près. Cela signifie qu'il ne suffit pas de répéter « nous sommes en crise, c'est la crise ». Non. Il s'agit de saisir ce moment pour s'interroger profondément sur ce qu'il remet en cause, dit de nos nouveaux besoins, de nos manques, de nos dysfonctionnements, quitte à devoir ensuite envisager une plus ou moins grande révolution, personnelle ou collective. Une « bonne » crise est celle qui est suivie d'un véritable changement. Ce qui vaut sur le plan psychique (cf la crise de l'adolescence) l'est aussi sans doute sur le plan économique et social.
La « crise » d'un corps sociétal justifie certes, de fait de son urgence, des « soins » immédiats et appropriés. Mais s'y limiter serait sans doute une erreur. Ce serait faire fi de son autre dimension potentiellement positive et oublier qu'elle constitue le nécessaire voire incontournable révélateur d'un vivier fécond de progrès et d'évolutions pouvant s'inscrire dans la durée. Perturbant par la mise en question de l'équilibre antérieur qu'elle provoque, la crise, passage obligé, difficile certes mais nécessaire, est donc aussi une constituante indispensable de l'accès à une nouvelle étape de la vie collective qu'il convient alors d'inventer.
Dès lors, à l'image du proverbe « ce qui ne tue pas fait grandir », la crise, passage nécessaire pour nous affranchir de systèmes devenus obsolètes parce qu'inadaptés, peut se révéler également un bien. Depuis des millénaires les navigateurs ont su s'appuyer sur des vents apparemment contraires ou perçus comme hostiles voire destructeurs pour s'en faire des « alliés » permettant, par d'autres routes et en explorant d'autres modes de navigation, de changer de cap pour toucher le bon port. De la même façon, la crise, ressentie d'abord et principalement comme facteur de récession, de contraintes, de reculs ou de pertes, quand elle ne sert pas d'alibi à l'immobilisme ou à la résignation, ne pourrait-elle pas constituer une formidable opportunité, un stimulateur de projets? Autrement dit pourquoi ne pas la considérer comme une étape positive et révélatrice, un moment clef et incontournable dans le processus naturel des évolutions et des mutations, pour avancer, réformer, innover, et donc construire, mieux et autrement?
C'est dans cette approche prospective et concrète que s'appuieront tous les travaux de l'Université d'Eté 2013, tant lors de ses tables rondes et débats que lors de ses ateliers où sont conviés tous ceux, « acteurs » de terrain (Etat, partenaires sociaux, entreprises, collectivités…) ou chercheurs (Universitaires, sociologues, économistes…), qui participent directement ou non aux questions touchant au développement des territoires (Pays, Comités de Bassin d'Emplois, Communautés de communes ou d'agglomération…) dans leurs dimensions économiques et sociales, notamment « emplois et compétences ». Un temps privilégié pour échanger, partager réflexions et expériences et, partant, élaborer de nouveaux projets et de nouveaux modes de fonctionnements collectifs avec en fil conducteur « la crise, une opportunité pour agir durablement sur les territoires? ».
Paraphrasant Jean Giraudoux qui, à la fin de sa pièce « Electre », fait dire au « Mendiant », symbole de la connaissance du destin et de la sagesse, au moment où la lumière commence à poindre après une journée et une nuit de révélations, de troubles et de chaos, « cela a un très beau nom, cela s'appelle l'aurore », on pourrait alors dire ce qui peut émerger après une crise « a un très beau nom, cela s'appelle le progrès ».
.Voir aussi sur le blog: 6ème Université d’été Emploi, compétences et territoires, 5ème Université d'été Emploi, compétences et territoires, 4ème Université d’été Emploi, compétences et territoires et Deuxième Université d’été Emploi, compétences et territoires - Montpellier, 27, 28 et 29 août 2008.
Alfa Ghéarchéime: deis a bheith ag gníomhú go hinbhuanaithe i gcríocha? 7 Samhraidh Fostaíochta, scileanna agus na críocha, 19-20-21 Meitheamh 2013, Montpellier.
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Tá an Scoil Samhraidh eagraithe ag an Fhondúireacht Ollscoil Montpellier 1 tabhairt DIRECCTE CD, an Chomhairle Ghinearálta den Ceirtleáin Hérault agus Montpellier i gcomhpháirtíocht le: Athruithe Amnyos Eacnamaíoch, ARACT CD, an Thionól na gComhphobal na Fraince , EALAÍN-Dev (CEREQ Associated Ionad Montpellier), an Cumann Tráchtála agus Tionscail na Montpellier, an Cumann, Réigiúnach Eacnamaíocht Shóisialta, an Lucht Oibre Comhdháil Réigiúnach, an Toscaireacht um Fhostaíocht agus Oiliúint gairmiúla DIDERIS (Université Montpellier 1) Aonaid DIRECCTE críochach, MEDEF, an Trimatec braisle, Unsa, an Gairmiúla Aontais Ceardaíochta CD. Níos mó...