Par Thomas Gauthier, Guillaume Miquelard-Garnier et Elifsu Sabuncu (rapporteurs). Le présent rapport de synthèse fait suite à la journée de réflexion organisée par l’Alambic à l’ESPCI ParisTech le samedi 27 octobre 2012.
La France reste l’un des rares pays où la poursuite de carrière à l’issue de l’obtention d’un doctorat est problématique. Les postes de chercheurs ou enseignants-chercheurs dans le public ne représentent qu’environ 30% du flux des docteurs. Tandis que la majorité d'entre eux a donc vocation à rejoindre l’entreprise, l’immense majorité des salariés dans la R&D française sont des diplômés ingénieurs bac+5. Le présent rapport de synthèse, rédigé à la suite de la journée de réflexion organisée par l'Alambic à l'ESPCI ParisTech le samedi 27 octobre 2012, présente 5 propositions pour actionner le levier de l'innovation que constituent les docteurs.
Introduction

La France reste l’un des rares pays où la poursuite de carrière à l’issue de l’obtention d’un doctorat est problématique: le taux de chômage y est comparable à celui de l’ensemble de la population, deux fois plus élevé que pour les diplômés bac+5 (niveau Master ou Ingénieur), et dépasse les 15% dans certains secteurs, d’après les enquêtes du Céreq. Les postes de chercheurs ou enseignants-chercheurs à l’Université et dans les Établissements Publics à caractère Scientifique et Technologique (EPST) ne représentent qu’environ 30% du flux des docteurs tandis que la haute fonction publique ne leur est encore que marginalement ouverte: la majorité des docteurs a donc vocation à rejoindre l’entreprise. Or, dans la Recherche et Développement (R&D) française, l’immense majorité des salariés sont des diplômés ingénieurs bac+5 tandis que seuls 10% sont des docteurs, pourtant formés pour être moteurs de l’innovation. De plus, 60% des entreprises n’ayant jamais recruté à ce niveau n’envisage pas de le faire (Compétences et employabilité des docteurs. Rapport d’enquête, Adoc Talent Management, 2012). En conséquence, le phénomène de « fuite des cerveaux » s’accélère et est plus marqué que dans les autres pays européens.
Le doctorat : un parcours encore difficile à valoriser
Proposition 1 : Généraliser le contrat de travail pour tous les doctorants.

Tout d’abord, une exigence assumée vis-à-vis des doctorants et la ferme volonté de redorer le blason du titre de docteur ne peuvent se justifier qu’en généralisant le contrat de travail pour tous les doctorants....
Proposition 2 : Instaurer une véritable “démarche qualité” en renforçant le rôle et les moyens d’action des comités de thèse et en définissant des critères académiques de validation du doctorat.
Si la qualité d’une grande majorité des doctorats obtenus n’est pas remise en question, il suffit de quelques exceptions, qui s’ajoutent de plus à une relative mauvaise image globale de l’Université en France (tant du point de vue des étudiants que des employeurs, de la licence au doctorat), pour faire perdurer la frilosité nationale face au doctorat....
De l’Université à l’entreprise : une transition encore difficile
Proposition 3 : Approfondir le rôle des formations doctorales dans la poursuite de carrière des docteurs en-dehors de l’Université....
Proposition 4 : Promouvoir les mécanismes incitatifs existants (CIFRE et CIR), les nouvelles pratiques de recrutement de docteurs et la validation des acquis par l’expérience afin d’encourager le cofinancement par l’entreprise du doctorat et le recrutement en contrat à durée illimitée des docteurs....
Du doctorant à l’entrepreneur : un continuum à encourager et à accompagner
Proposition 5 : Mettre en place une politique commune autour de la valorisation de la recherche publique issue du travail des doctorants.

L’intérêt pour l’aventure entrepreneuriale semble progresser au sein de la population doctorale, notamment pour les doctorants bénéficiaires d’une bourse CIFRE. Pour autant, il faut que les outils conceptuels et pratiques soient mis à leur disposition, ce qui pourrait faire l’objet d’une partie de la formation doctorale....

By Thomas Gauthier, Guillaume Garnier and Miquelard-Elifsu Sabuncu (rapporteurs). This synthesis report following the retreat organized by Alembic to ESPCI ParisTech Saturday, October 27, 2012.
France remains one of the few countries where continued career after obtaining a doctorate is problematic. Research positions or lecturers in public only about 30% of the flow of doctors. While the majority of them therefore destined to join the company, the vast majority of employees in the French R & D engineers are graduates tray 5. This synthesis report prepared following the retreat organized by the alembic ESPCI ParisTech Saturday, October 27, 2012, presents five proposals for the lever of innovation that are doctors. More...