Contrairement à une idée répandue, il est encore possible de devenir cadre dans les entreprises par la voie promotionnelle. Tous les postes de cadres ne sont pas aujourd'hui réservés aux seuls débutants diplômés. C'est ce qu'indiquent les résultats d'exploitations ad hoc des enquêtes Emploi et Formation qualification professionnelle (FQP) de l'INSEE menées par le Céreq, données complétées par celles issues des enquêtes Génération.
Les parts respectives de débutants et de promus parmi les cadres sont assez équilibrées et évoluent peu depuis 1993. Néanmoins, les caractéristiques de cet accès se transforment : les carrières longues, c'est-à-dire les parcours professionnels commencés au bas de l'échelle hiérarchique sur un emploi d'ouvrier ou d'employé pour atteindre celui de cadre, sont moins nombreuses; le niveau de formation initiale des promus s'élève sensiblement.
Une telle évolution repose moins sur le changement des pratiques de promotion que sur la transformation du profil des viviers de futurs cadres dans les entreprises. Les promus ont des profils très diversifiés, qui contrastent avec l'homogénéité de ceux des débutants. L'hétérogénéité est présente même parmi les plus jeunes des promus, répartis en trois catégories: les diplômés du supérieur court (logique de mobilité ascendante), les diplômés de deuxième et troisième cycles (logique de reclassement) et les autodidactes, titulaires au plus du baccalauréat. Le secteur d'activité est crucial pour comprendre les clivages dans l'accès à la catégorie cadre.
Deux cas l'illustrent particulièrement. Dans le premier, qui correspond à l'ensemble des secteurs des services hautement qualifiés aux entreprises, la compétence technique est déterminante. La part de débutants dans les recrutements est plus importante que dans les autres activités et la catégorie cadre est relativement homogène en termes d'âge et de diplôme. Dans le deuxième cas, illustré par le secteur financier, le parcours professionnel, qui inclut la formation au métier, demeure un critère central d'accès à la catégorie. La voie promotionnelle y est plus développée et volontariste que dans les autres activités.
Empruntant aux deux configurations, les pratiques  promotionnelles dans les secteurs industriels s'en éloignent par le maintien d'un plus grand clivage à l'intérieur de la catégorie cadre, matérialisé par la coupure entre ingénieurs diplômés et techniciens promus. Leurs fonctions respectives mettent en évidence ce clivage. La comparaison intersectorielle permet d'entrevoir les logiques en développement dans les pratiques promotionnelles. L'expansion des activités de services hautement qualifiés aux entreprises, qui occupent près d'un cadre sur quatre, marque l'évolution des pratiques. Les enquêtes qualitatives qui font l'objet du second volet de l'étude (Note Emploi Formation n°49) éclairent sur la nature des arbitrages réalisés par les entreprises.
Note n°47. Auteurs : Martine Möbus, Céreq, avec le concours d'Anne Delanoë et Florence Ryk (Céreq). En fichier attaché et en ligne sur le site du Céreq.
I modsætning til populær tro, er det stadig muligt at blive en del i virksomhederne gennem fremme. Alle lederstillinger er i øjeblikket ikke kun til rådighed for kandidater begyndere. Dette fremgår af resultaterne af operationer ad hoc-undersøgelser, beskæftigelse og uddannelse Qualification (FQP) udført af INSEE Konference CEREQ, suppleret med data fra undersøgelser Generation. Mere...