http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr/squelettes/images/header-site-travail.jpgPar Johanne AUDE, Pauline BUFFARD (Dares). Les demandeurs d’emploi stagiaires de la formation professionnelle: quelles formations pour quels stagiaires? Télécharger le DARES Analyses n°86 Les demandeurs d’emploi stagiaires de la formation professionnelle.
En 2006, 632 000 demandeurs d’emploi ont débuté une formation. Selon une enquête menée en 2008-2009 par la Dares auprès d’un échantillon de ces demandeurs d’emploi, les stagiaires étaient plutôt jeunes et relativement peu qualifiés et la plupart d’entre eux avaient déjà travaillé.
Trouver la formation adaptée et la financer n’a pas toujours été aisé: la moitié des stagiaires déclarent avoir eu des difficultés d’accès à la formation.
Six formations suivies sur dix ont mené à un iplôme ou une qualification, que les stagiaires ont obtenu dans 80% des cas. Les plus jeunes ambitionnent de préférence de se qualifier, les plus âgés visent plus souvent une réorientation professionnelle. Deux tiers des stages alternent formation en organisme et périodes en entreprise. Un stagiaire sur dix a abandonné la formation avant la fin, le plus souvent parce qu’il a retrouvé un emploi.
Deux ans après avoir débuté la formation, l’opinion des stagiaires sur celle-ci est globalement positive: près de neuf stagiaires sur dix déclarent avoir acquis de nouvelles compétences et près de six sur dix considèrent que leur formation leur a permis de trouver un emploi.
Alors que la formation professionnelle des salariés relève essentiellement de la compétence des entreprises, celle des demandeurs d’emploi est placée sous la responsabilité de plusieurs intervenants. Les conseils régionaux, l’État et Pôle emploi sont les principaux financeurs des stages de formation professionnelle qui leur sont destinés. D’autres financeurs interviennent également, notamment les organismes paritaires collecteurs agréés (Opca), l’association de gestion de fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) et les stagiaires eux-mêmes qui peuvent être amenés à prendre en charge tout ou partie des coûts pédagogiques des formations. Les formations suivies par les demandeurs d’emploi s’adressent à des publics divers et sont très variées, allant de formations courtes d’aide à la recherche d’emploi à des formations longues à vocation certifiante.
Un taux de réussite de 80% pour ceux qui préparent un diplôme ou une qualification

Les stages les plus suivis ont porté sur les disciplines ou compétences générales (22%) ainsi que sur les spécialités tertiaires ou des services aux particuliers (22%). Les régions sont de loin les principaux financeurs des premiers tandis que les seconds sont plus souvent que la moyenne financés par les Assédic. Suivent les formations dans le domaine de la santé (14%), qui sont assez fréquemment financées par les stagiaires eux-mêmes, voire par des collectivités territoriales autres que les régions ou par des établissements subventionnés au titre de la formation. Enfin, les formations dans la gestion, la comptabilité, le secrétariat ou l’informatique (14%) et dans les domaines de l’industrie (13%) bénéficient plus fréquemment de financements de l’État dans le cadre du programme d’activité subventionné (Pas) de l’Afpa.
Le domaine de formation est imposé par un prescripteur tel que l’ANPE à un stagiaire sur dix. Ce taux atteint 21% pour les stagiaires suivant une formation aux disciplines générales et 15% pour ceux dont la formation est financée par les Assédic. En outre, lorsque la formation est courte, son domaine est plus souvent imposé (15% pour celles qui durent moins d’un mois contre 4% pour celles qui durent plus de six mois).
Près de six stagiaires sur dix déclarent avoir préparé une qualification pendant leur stage. 58% d’entre eux visaient un diplôme d’État et un tiers un certificat de qualification professionnelle (CQP). La qualification préparée est de niveau CAP-BEP pour 48 % des stagiaires, de niveau baccalauréat pour 22 % et de niveau Bac+2 pour 22% également; les stagiaires préparant une maîtrise, une licence, ou un diplôme de niveau grandes écoles ou de 3e cycle universitaire étant minoritaires (8%).
80% des stagiaires qui déclarent avoir préparé un diplôme ou une qualification sont parvenus à l’obtenir, avec un taux de réussite légèrement plus faible pour ceux qui visaient un niveau Bac+2 (74%) ainsi que pour ceux dont le domaine de formation a été imposé (71%). Tandis que les formations financées par les Assédic ont des taux d’obtention de la qualification préparée supérieurs à la moyenne (88%), ceux des formations financées par l’État dans le cadre du Pas Afpa sont plus faibles (72%). Cet écart peut traduire une différence dans les publics accueillis: l’État concentre en effet une grande partie de son action sur des publics dits « spécifiques » (détenus, migrants…).
10% d’abandon en cours de stage, le plus souvent pour reprise d’emploi

Un demandeur d’emploi sur dix ne termine pas son stage. Ce taux atteint 16% lorsque le domaine de formation a été imposé par un prescripteur. Ces abandons sont le plus souvent le fait d’une reprise d’emploi (pour 40% des stagiaires) ou d’une déception par rapport au contenu de la formation (31% des stagiaires). 22% n’ont pas achevé leur formation du fait de difficultés familiales ou de santé, 13% à cause de difficultés matérielles et 9% parce que le contenu du stage était jugé trop difficile.
Parmi les 10% de stagiaires qui abandonnent leur formation, les hommes le font plus souvent que les femmes pour d’autres raisons que le fait d’avoir trouvé un emploi (75% des hommes qui abandonnent contre 64% des femmes); il en est de même pour les personnes moins diplômées (75% pour celles qui ont un niveau inférieur au CAP ou BEP, 69% pour celles qui ont un niveau BEP ou CAP, 65% pour celles ayant un niveau Bac et 57 % pour celles dont le niveau est supérieur au Bac). En revanche, les stagiaires les plus diplômés abandonnent plus fréquemment leur formation parce qu’ils ont trouvé un emploi: c’est le cas de 57% des détenteurs d’un Bac+3 qui abandonnent la formation contre 37% de ceux ayant au plus un niveau CAP-BEP-BEPC.
13% des stagiaires qui ont suivi leur formation jusqu’au bout considèrent que le stage ne correspondait pas à leur projet: la moitié d’entre eux n’était pas intéressée par le domaine de formation, un quart aurait préféré faire un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation et 22% auraient préféré rester disponibles pour trouver un emploi.
58% des stagiaires estiment que la formation leur a permis de trouver un emploi

Deux ans après avoir débuté la formation, l’opinion des stagiaires sur celle-ci est globalement positive: 86% déclarent avoir acquis de nouvelles compétences, 79% qu’elle leur a permis de se sentir utiles et de reprendre confiance en eux et 76 % qu’ils ont acquis une expérience professionnelle. En outre, 58% considèrent que leur formation leur a permis de trouver un emploi. Enfin, moins de la moitié des stagiaires estiment que la formation a amélioré leur situation financière et un quart qu’elle leur a servi à ouvrir ou prolonger des droits à l’allocation chômage. Télécharger le DARES Analyses n°86 Les demandeurs d’emploi stagiaires de la formation professionnelle.
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