Construire la société du savoir au niveau mondial: changements institutionnels et changements des systèmes
Le Président de l’AIU, Juan Ramon de la Fuente, le Professeur A.R. Dzulkifli, Vice-chancelier, Université Sains Malaysia et le Professeur Calzolari, ancien Recteur, Université de Bologne, tous deux Vice-présidents de l’AIU, et Eva Egron-Polak, Secrétaire-générale de l’AIU, ont participé au deuxième Forum politique mondial organisé par l’Autriche et la Hongrie en liaison avec la Réunion ministérielle du 10ème anniversaire du Processus de Bologne. C’est un honneur pour l’AIU d’avoir été sollicité pour prononcer le discours d’ouverture...
Le Processus de Bologne revisité: prochaines régions et prochaines étapes ?

Le Processus de Bologne constitue à la base une réponse aux voix critiques – à l’époque, l’accès était trop sélectif, la mobilité se heurtait à trop d’obstacles, la reconnaissance était problématique et les questions de la qualité n’étaient pas correctement abordées. Dix ans plus tard, les voix critiques ne devraient pas nous surprendre. En principe, elles devraient être perçues comme un bienfait. Ces voix ont néanmoins besoin d’un « mécanisme » d’analyse critique. Il est important de noter que ces groupes « critiques » ne constituent pas un monolithe; ils représentent des « voix » diverses qui s’excluent parfois mutuellement. Les critiques concernent la mise en oeuvre et certains principes. Néanmoins, ces deux horizons ne devraient pas être associés. Il est une nouvelle fois possible d’identifier les éléments de l’ « omniprésence de Bologne » mais je me poserais de sérieuses questions si aucune voix critique ne s’était élevée dix ans après le lancement du Processus...
Le Processus de Bologne et l’Espace européen de l’enseignement supérieur – Réalisations et défis

En mars 2010, l’EEES a été officiellement lancé, mais il est encore en train de prendre forme tandis que le Processus de Bologne se poursuit. Il ne s’agit pas d’un produit fini mais d’un processus. Il ne s’agit pas d’une solution internationale « clé en mains » mais d’une solution européenne, un modèle de coopération régionale digne d’être partagé. Le dialogue international est crucial pour aider à briser certains mythes de Bologne, partager les bonnes pratiques liées au processus de réforme de l’enseignement supérieur et apprendre les uns des autres...
Bologne et au-delà : l’Espace européen de l’enseignement supérieur face à de nouveaux défis
L’EEES rentre dans sa seconde décennie, fort de réalisations considérables qui, même si elles ne sont pas une image de la perfection, sont probablement bien plus solides que la plupart d’entre nous n’auraient osé l’imaginer en 1999. Cependant, les défis sont également considérables et englobent notamment: l’objectif ambitieux d’atteindre 20 % de mobilité d’ici à 2020 en achevant les cadres nationaux de qualification, la concrétisation des réformes structurelles, et offrir aux personnes issues de milieux défavorisés davantage de possibilités de poursuivre des études d’enseignement supérieur. Par-dessus tout, nous devons baser nos réformes sur une vision holistique de l’enseignement supérieur : il doit préparer les apprenants à prospérer et faire prospérer les autres...
Bologne, 10 ans après : le point de vue des étudiants

En résumé, le Processus de Bologne est l’occasion pour les étudiants et autres parties prenantes d’influencer et de définir la politique d’enseignement supérieur tout en revitalisant l’enseignement supérieur en Europe. Le Processus de Bologne associe les idéaux de liberté académique et de participation consultative au besoin d’établir un secteur de l’enseignement supérieur européen solide. Dans un contexte et une perspective mondiale, le Processus de Bologne a besoin de partisans engagés et l’ESU continuera d’attirer l’attention sur l’enseignement supérieur et d’encourager son financement. Le besoin et l’importance du savoir et de l’éducation n’ont jamais été aussi grands...
Le Processus de Bologna au Maghreb
Dans les trois pays l’emploi des diplômés constitue un sérieux problème, compte tenu de la très faible demande locale. Peut-on changer cet état de fait en décidant le lancement d’une démarche qualité de manière administrative et sans évaluation de l’existant ? Comparativement à la région MENA, sur quatre critères – accès, équité, qualité et efficacité de l’éducation –, la banque mondiale (2007) estime qu’au Maghreb la Tunisie et l’Algérie ont de meilleurs résultats leur permettant d’approfondir les réformes en cours. Se posent néanmoins quelques questions : Comment approfondir un processus de réformes initié sans les principaux intéressés (enseignants, étudiants et personnels) ? Le modèle de la rationalité économique qui pousse à professionnaliser de plus en plus l’Université, n’est-il pas en contradiction avec les normes scientifiques et éthiques universelles qui font l’Université ?
Impact du Processus de Bologne en Afrique
Dix ans après le lancement du Processus de Bologne, la crainte est que l’Afrique perde un grand nombre des bénéficiaires des programmes d’échange au profit de l’Europe, provoquant ainsi de nouvelles formes de fuite des cerveaux. C’est dans ce contexte que depuis 2004, près de 77% de l’ensemble des étudiants africains à l’étranger suivent leurs études en Europe, tandis que 18% des étudiants en Europe sont originaires d’Afrique (cf. la Lettre électronique de l’AUA, 2010). Cependant et heureusement, de nouvelles initiatives laissent présager que ces problèmes seront mieux gérés à l’avenir, à l’heure où le Processus de Bologne entame sa deuxième décennie d’existence. Par exemple, le fait que le projet Accès à la réussite soit entrepris dans le cadre des principes directeurs de l’UNESCO en termes de coopération et de partenariat internationaux (voir le Communiqué de l’UNESCO sur la CMES 2009) montre que les démarches actuelles de l’AUA vont dans le bon sens et qu’elles aideront l’Afrique à tirer des bénéfices importants du Processus de Bologne à l’avenir.
LE PROCESSUS DE BOLOGNE EN BREF... English Version