La Convention Internationale des Droits de l’Enfant engage les Etats parties à respecter chez l’enfant « le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant » (art. 12), le « droit à la liberté d’expression » qui comprend « la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce » (art. 13), et le droit à « la liberté de pensée, de conscience et de religion » (art. 14). De fait, l’isolement, la désocialisation et l’emprise dont sont victimes les enfants soumis à des organisations sectaires ne permettent en rien l’exercice de ces libertés. L’enfant n’a pas alors droit à la parole ni à l’ouverture nécessaires au développement de ses capacités intellectuelles. Surtout, il ne peut opposer au discours radical du mouvement la moindre critique, contraint qu’il est d’embrasser au plus près les pratiques et les croyances de ceux qui en ont la charge sous peine d’être ostracisé. L’apprentissage de la citoyenneté étant inséparable de l’exercice des libertés individuelles, c’est la capacité pour un mineur de devenir majeur, d’accéder au statut de personne autonome et de citoyen qui est remis en cause. Plus...