L’éducation des populations progresse de manière spectaculaire dans l’ensemble des pays européens. En France, ce sont désormais plus de 43 % des 30-34 ans qui détiennent un diplôme de l’enseignement supérieur, contre à peine plus de 27 % à l’aube des années 2000. Malgré ce constat positif, de très fortes disparités demeurent encore entre les pays d’Europe. Alors qu’en Europe du Nord – au Royaume-Uni, en Irlande, au Danemark ou encore en Suède – près de la moitié des jeunes adultes sont titulaires d’un diplôme du supérieur, d’autres pays comme l’Italie ou la Roumanie comptent à peine plus de 25 % de diplômés du supérieur. En France, cette progression a concerné les territoires les plus ruraux comme les plus urbains. Malgré cette progression globale, des différences locales permettent de dessiner une géographie de l’éducation et de l’enseignement supérieur.
On observe ainsi une polarisation de l’enseignement supérieur dans les 22 métropoles françaises. Ces dernières rassemblent à elles seules plus des deux tiers (69 %) des étudiants pour 29 % de la population totale du pays, alimentant des mobilités étudiantes inter- et intrarégionales. Ces métropoles, tête de pont de l’enseignement supérieur sont également caractérisées par des inégalités parfois fortes en matière d’accès à l’éducation : les élèves y sont plus souvent scolarisés dans le privé et la ségrégation scolaire y est plus importante qu’ailleurs. Dans le même temps, les régions du nord de la France, du pourtour méditerranéen et les DOM, marqués par les plus faibles niveaux de revenus en France, apparaissent également comme celles où les difficultés d’apprentissage sont les plus importantes. D’autres ensembles régionaux se distinguent au contraire par des résultats nettement plus positifs. C’est le cas de certaines académies de l’ouest de la France (académie de Rennes) ou encore d’Auvergne-Rhône-Alpes (académie de Grenoble), dont les résultats scolaires sont globalement bons et où les inégalités d’apprentissage entre les enfants issus de milieux modestes et de milieux favorisés sont par ailleurs contenues.
Sommaire
En Europe, des populations de plus en plus éduquées et une situation française qui n’égale pas encore celle des pays les plus en pointe
La France, où les enjeux de formation demeurent présents, consacre une part conséquente de son PIB aux dépenses d’éducation
Un taux de diplômés qui progresse de manière spectaculaire dans tous les pays européens
Des étudiants du supérieur qui se concentrent dans les régions capitales
L’éducation dans le premier et le second degré en France
À l’échelle nationale comme à l’échelle locale, les dynamiques démographiques influent sur les besoins de scolarisation
Dans le premier degré, des conditions d’apprentissage qui distinguent avec force espaces ruraux et espaces urbains
Au collège et au lycée, d’importantes disparités entre régions en termes d’offre et d’orientation des élèves
L’enseignement supérieur en France
La forte progression des diplômés depuis les années 1980 a bénéficié à l’ensemble du territoire national
Des établissements d’enseignement supérieur très largement concentrés dans les grandes villes
Certaines académies ont une offre de formation très spécialisée
Près du quart des nouveaux bacheliers changent d’académie pour débuter leurs études supérieures
L’obtention d’un diplôme favorise l’insertion des jeunes sur le marché du travail
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