Par Elise TENRET, maître de conférences à l'Université Paris-Dauphine, OVE Infos - 1 février 2011 n°25 - La méritocratie scolaire contestée. Télécharger le document.
« Sans le bac, on n’a plus rien » : tel semble être l’adage communément admis pour décrire la situation actuelle des jeunes, dans une société où le niveau d’études moyen n’a cessé de s’accroître et qui a fait de l’accès au baccalauréat de « 80% d’une classe d’âge » le fer de lance de sa politique éducative. Ce passage obligé par les études, intériorisé sous forme d’impératif scolaire, n’est pas nécessairement considéré comme légitime par les acteurs sociaux eux-mêmes. Est-il juste que les études occupent une place si importante dans la société actuelle? Qu’ont à dire les étudiants à ce sujet?
En répondant à ces questions, Élise Tenret présente quelques résultats issus de sa thèse qui a reçu le Premier prix du concours national de l’OVE en 2009 et qui sera publiée en janvier 2011 à La documentation Française dans la collection « Études et recherche »
Les étudiants de l’Université : un idéal de méritocratie tributaire de la formation suivie Les représentations que les étudiants universitaires se font de la méritocratie s’avèrent dans l’ensemble plus sombres que celles des étudiants des autres filières : s’ils reconnaissent en majorité que le diplôme est une condition nécessaire de la réussite, ils doutent également davantage de la possibilité de réussir uniquement grâce au diplôme (pour eux comme pour autrui en général). Ainsi, à l’image des élèves de CPGE, les étudiants de l’Université pensent significativement moins que ceux des autres filières que les gens obtiennent généralement le travail qui correspond à leur diplôme. Toutefois, contrairement aux élèves de CPGE, cette vision négative du rendement des études en général se double d’une inquiétude forte quant à leur facilité d’insertion dans le monde du travail : seuls 43% des étudiants interrogés à l’Université pensent que leur propre insertion professionnelle sera « facile » ou « très facile » avec leur formation (tableau 3). Ce pourcentage cache toutefois de fortes disparités entre disciplines : tandis que 85% des étudiants de Sociologie interrogés pensent qu’ils ne trouveront que difficilement, voire très difficilement un emploi à l’issue de leur formation – et 54% des étudiants de Psychologie –, aucun des étudiants de Médecine interrogés ne mentionne de telles difficultés.
Les étudiants de l’Université sont en outre assez nombreux à déplorer le manque de reconnaissance du diplôme au moment de l’embauche. Bien qu’ils soient 41% à considérer que le rôle accordé aux études pour trouver un emploi en France est trop important, plus d’un sur cinq (21%) affirme au contraire que ce rôle n’est pas assez important, quand cette proportion est comprise entre 5% et 13% dans les autres filières de l’échantillon. La défense du diplôme ne se justifie pas cependant, pour ces étudiants, par la capacité qu’ils lui reconnaissent à refléter les mérites de chacun. Les étudiants de l’Université sont particulièrement nombreux à estimer qu’à l’école – comme dans la vie professionnelle – , les individus ne sont pas récompensés pour leurs efforts.
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De réir Elise TENRET, léachtóir in Ollscoil Pháras-Dauphine, Ove Nuacht - 1 Feabhra, 2011 # 25 - scoil meritocracy dúshlán. an doiciméad Download.
"Gan an tráidire, ní raibh aon rud" Dealraíonn mar a bheidh le glacadh go coitianta adage cur síos ar an staid reatha na ndaoine óga i sochaí ina bhfuil an meán leibhéal oideachais ag fás agus tá Déanann rochtain ar an baccalauréat "80% de aois" an sleá a bheartais oideachais. Níos mó...