Par Philippe Aghion (Professeur d'économie à l'université de Harvard), François Bourguignon (Professeur, Ecole d'économie de Paris (ancien directeur) et EHESS) et Jean Tirole (Professeur, Ecole d'économie de Toulouse (président)). A l'instar des autres pays développés, la France est confrontée au double défi de réduction de son déficit public et de préservation de son potentiel de croissance. Cela implique un double changement d'attitude de la part des pouvoirs publics.
Dossier: Université, pourquoi une nouvelle réforme? En premier lieu, si l'Etat doit impérativement
diminuer ses dépenses, il doit en même temps éviter la
politique du rabot, qui consiste à les réduire un peu dans tous les secteurs. En bonne logique économique, il doit
revoir de fond en comble ses missions, comme l'ont fait le
Canada ou la
Suède dans des circonstances similaires au milieu des années 1990, et
baisser drastiquement les dépenses dans les domaines identifiés comme non prioritaires afin de
pouvoir concilier réduction du déficit et investissements dans les secteurs d'
avenir. En particulier dans une économie développée, où la croissance provient avant tout de l'innovation, il faut préserver, voire idéalement accroître, les investissements dans la recherche et l'université plutôt que les
raboter. Sans qu'aucun plan précis soit encore disponible, la lettre de cadrage du premier ministre pour 2014 demande à l'ensemble du gouvernement de réaliser 5 milliards d'euros d'économies, soit 5 % du budget de l'Etat, hors charges de la dette, pensions et dépenses de personnel. Si on appliquait le principe du rabot uniforme, ce chiffre équivaudrait, dans le secteur de l'
enseignement supérieur et de la recherche, à presque deux fois le budget annuel de toutes les opérations "Laboratoires d'excellence".
Imposer une telle contraction à la recherche et à l'université serait lourd de conséquences pour l'
avenir de notre pays.
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De réir Philippe Aghion (Ollamh le hEacnamaíocht in Ollscoil Harvard), François Bourguignon (Ollamh, Páras Scoil na hEacnamaíochta (iar-stiúrthóir) agus EHESS) agus Jean Tirole (an tOllamh, Toulouse Scoil na hEacnamaíochta (Cathaoirleach)). Cosúil le tíortha forbartha eile, atá os comhair an Fhrainc an dúshlán déach a laghdú a easnamh agus a cumas fáis a chaomhnú. Ciallaíonn sé seo athrú dúbailte de dearcadh ar an chuid an rialtais. Níos mó...