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Formation Continue du Supérieur

18 décembre 2011

Humanities courses lead to career success, says Grayling ahead of private college launch

http://www.timeshighereducation.co.uk/magazine/graphics/mastheads/mast_blank.gifBy Jack Grove. Sixty per cent of leading public figures in the UK have humanities, social science or arts degrees, a new study has found.
A report commissioned by the New College of the Humanities (NCH) found the subjects had been studied by the majority of those “at the top of their professions” – such as CEOs of FTSE 100 companies, bosses of top creative and financial companies, vice-chancellors of Russell Group universities and MPs.
Starting in September 2012, the privately-owned for-profit NCH will charge £18,000 a year for degrees in five subject areas: law, economics, history, English literature and philosophy.
Based in Bloomsbury, the college will be headed by A.C. Grayling, who year resigned from his post as professor of philosophy at Birkbeck, University of London earlier this year.
Dr Grayling said: “For service economies in the developed world, a broad educational background is essential.
“Much of the talent that goes into law, journalism, the civil service, politics, financial services, the creative industries, publishing, education, and much besides, is drawn from people who have studied the humanities.
“Our society and economy needs broadly educated people, who have gained a wider view of the world and human affairs – of how to think about them, understand them, and apply the lessons thus learned.”
But he added: “Our fear is that humanities provision is being diminished.
“It is wrong to think that humanities matter less, or offer fewer career opportunities than science, technology, engineering and mathematics.
“Many bright young people could benefit enormously from them.”
From 2012, the publicly-funded teaching grant for arts, social sciences and humanities subjects will be scrapped, with the annual costs of up to £9,000 repaid by graduates.
A reduced teaching grant will be available only for clinical subjects and some science, technology, engineering and mathematics (STEM) subjects.
The NCH report found 65 per cent of MPs studied an arts, humanities or social sciences discipline, compared with just over 10 per cent who studied STEM disciplines.
But only around 30 per cent of vice-chancellors of Russell Group universities came from an arts, humanities or social sciences background, compared to 65 per cent who had studied STEM subjects.
18 décembre 2011

Diplômés étrangers: la circulaire Guéant préoccupe les entreprises françaises

Les EchosPar Cécile AZZARO. Plus de six mois après son entrée en vigueur, la circulaire Guéant, qui restreint les possibilités de recrutement en France d'étudiants étrangers diplômés, préoccupe les entreprises françaises, soucieuses de recruter ces profils souvent atypiques.

"On suit de très près le dossier. Les entreprises sont préoccupées. Cela risque d'être un problème pour la compétitivité de la France et son rayonnement à l'étranger", souligne-t-on au Medef.
A la suite de cette circulaire du 31 mai appelant les préfectures à plus de rigueur, de nombreux diplômés étrangers, certains très qualifiés, n'ont pas pu obtenir un changement de visa (d'étudiant à salarié), bien que recrutés par des entreprises françaises.
Les employeurs ont dû renoncer à les embaucher et plusieurs étudiants se retrouvent sans papiers, souligne Meriem Kadari, du Collectif du 31 mai. Selon le Collectif, 940 étudiants se sont vu refuser un visa salarié, dont seulement 300 ont eu leur situation régularisée après réexamen de leur dossier.
Fin novembre, le ministre de l'Enseignement supérieur Laurent Wauquiez avait évoqué 500 étudiants étrangers auxquels les préfets avaient refusé le statut de salarié, dont plus de 250 qui avaient finalement obtenu une réponse positive après réexamen de leur dossier.
Des manifestations ont été organisées. Un nouveau rassemblement est prévu dimanche à Paris, pour la Journée internationale de solidarité avec les migrants. Les présidents et directeurs d'université, des grandes écoles et des écoles d'ingénieurs déplorent cette situation.
Au Medef, on explique que "ces jeunes sont très demandés. Ils sont sur des postes souvent à haute responsabilité à l'international, où on a besoin de ces talents particuliers, de ces nationalités. Ils ont une connaissance des langues, des marchés de leur pays. Ils ne prennent la place de personne."
"On va perdre un marché"
Plusieurs diplômés étrangers contactés par l'AFP ont indiqué avoir reçu, à l'issue de leur refus de visa, des offres dans d'autres pays, notamment au Canada, en Angleterre ou en Belgique. "La France est en train de former des élites qui partiront ensuite à l'étranger", résume Meriem Kadari.
"Quand on discute avec les DRH, ils sont atterrés. C'est l'attractivité des entreprises et leur compétitivité qui est menacée", ajoute-t-on au Medef.
Eric Decalf, Pdg de la SSII (société de services en ingéniérie informatique) Additeam, explique avoir essuyé en octobre un refus pour un "ingénieur en informatique de gestion tunisien" qu'il souhaitait recruter: "On va perdre un marché", s'est-il désolé.
"Le motif de refus (...) est qu'il y a des diplômés informatiques formés en France disponibles. C'est une réponse technocratique (...) Nous on sait très bien qu'il n'y en a pas pour ce marché précis, sinon on recruterait en France!", affirme-t-il.
"Des problèmes se sont posés à quelques reprises déjà chez nous, sur des postes où l'on attend des compétences particulières et où on a fait un effort de formation particulier", confirme anonymement un responsable d'un grand groupe industriel français. "Si on a pris ces étudiants en stage, c'était bien dans l'optique de les garder derrière."
Comme une trentaine d'autres contactées par l'AFP, son entreprise "ne souhaite surtout pas être citée car le sujet est sensible. Plus on parlera, plus ce sera difficile pour obtenir un visa", dit-il.
Fin novembre le Premier ministre François Fillon a tenté de rassurer. Il a défendu la circulaire mais assuré que l'accueil d'étudiants étrangers participait au "rayonnement de notre enseignement supérieur et de notre pays".
Voir aussi: Diplômés étrangers: cette circulaire qui ne passe pas, Diplômés étrangers: Fillon s'engage, Diplômés étrangers: Wauquiez fait un geste, Menace sur les diplômés étrangers en entreprise.

Les EchosAZZARO poolt Cecile. Rohkem kui kuus kuud pärast jõustumist, ümmargune Guéant, mis piirab võimalusi värbamine välisüliõpilaste lõpetanud Prantsusmaa, prantsuse asjaomased ettevõtted, püüdes värvata need profiilid sageli atüüpilised. Velle...
18 décembre 2011

Devenir membre de jury VAE pour participer à l'excellence du secteur

http://www.rsma.re/client/gfx/utilisateur/Image/Partenaires/carif-oref.jpgEn 2010, la Cellule régionale inter service de la validation des acquis de l’expérience publiait un guide pour devenir membre de jury VAE. Depuis, un certain nombre d’animations autour de cette thématique ont été mises en œuvre. Il s’agissait d’informer les publics, potentiels jurys VAE, des modalités.  Nous avons rencontré au cours d’une de ces séances d’information, Rachel CAZANOVE. Educatrice de jeunes enfants, directrice de crèche au Port, elle a été membre de jury VAE. Elle nous expose son retour d’expérience.
Rachel CAZANOVE n’a pas choisi de devenir membre de jury VAE. On pourrait dire qu’elle l’est devenue un peu par hasard. Et pourtant c’est un rôle qu’elle a pris très au sérieux. « Pour moi, ce qui est important, c’est qu’il y ait de la rigueur dans ces validations. Elles ont autant de valeur qu’une certification obtenue par la voix de la formation.  Je voulais que mes compétences et mes connaissances servent. Quand les validations sont octroyées, elles le sont de la manière la plus cohérente possible avec les attentes du métier. Je suis une professionnelle de terrain. J’interviens également dans un organisme de formation auprès d’étudiants éducateur de jeunes enfants. »
Le jury VAE doit consacrer du temps à l’examen des dossiers de candidat. « Quand j’avais des dossiers à consulter, j’y mettais le temps nécessaire à sa lecture quitte à lire à plusieurs reprise le dossier. C’est du boulot, c’est vraiment du travail! Déjà par honnêteté par rapport à la personne qui fait cette démarche et ensuite par honnêteté professionnelle. »
De son expérience, R. CAZANOVE nous explique qu’être membre de jury VAE, ce n’est pas faire de la compassion. On doit juger un dossier, être rigoureux. « Nous avons des outils qui nous sont donnés en amont dont le référentiel sur lequel on doit s’appuyer. Ce référentiel, il faut le lire en profondeur. »
Pour R. CAZANOVE, être membre de jury VAE, « c’est participer à l’excellence du secteur. C’est être reconnu en tant que professionnel de référence. Mais ce n’est pas tout. Dans le secteur où j’évolue, nous travaillons avec des individus. Le côté humain est très important. Il faut développer certaines compétences et je dirai de l’excellence au niveau des valeurs humaines. Ce sont en partie ces éléments que j’essaie de retrouver chez les candidats pour ma part. »  Des candidats qui ont un cadre lors du passage en jury nous explique R. CAZANOVE. « Le certificateur présente au candidat le déroulement du passage devant le jury: le temps de parole du candidat, le temps pour les échanges. Nous avons également un troisième temps consacré à l’échange entre les membres du jury. Dans la plupart des sessions de jury auxquelles j’ai participées, l’ensemble des membres étaient d’accord sur les résultats. »
Il manque encore des personnes pour être membre de jury. Même si cela implique de donner du temps, il s’agit d’un acte qui est autant valorisant pour le candidat que pour soit.
A lire également: Professionnels, partagez votre expertise en devenant membre jury VAE, Un vrai besoin en jury pour le secteur sanitaire et social, Les matinées de la VAE: la VAE collective, une affaire de tous. Comment devenir membre de jury VAE.

http://www.rsma.re/client/gfx/utilisateur/Image/Partenaires/carif-oref.jpg In 2010, the regional cell inter service validation of the experience published a guide to become a member of VAE jury. Since then, a number of activities around this theme have been implemented. This was to inform the public, potential VAE juries, terms. We met during one of these briefings, Rachel Cazanove. Educating young children, nursery manager at the Port, she was a member of VAE jury. She exposes the feedback. Also read: professionals, share your expertise by becoming a member jury VAE, a real need for the jury in health and social sector, the mornings of APL: APL group, a case of all. How to Join VAE jury. More...
18 décembre 2011

Répertoire des sigles

http://www.apecita.fr/apecita_images/Partenaires%20r%C3%A9gionaux/BOU/Logo%20efigip.gifLes sigles et les abréviations font désormais partie de notre culture administrative. Afin d’y voir plus clair, Efigip à la demande du Ccrefp, a réalisé un répertoire des sigles. Cet outil permet de retrouver rapidement un sigle ou un terme lié aux domaines de l’emploi, de la formation ou de l’insertion.
Rechercher un sigle.
Par mots-clés.
Par ordre alphabétique: A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, U, V, W, X, Y, Z.
http://www.apecita.fr/apecita_images/Partenaires% 20R% C3% A9gionaux/BOU/Logo% 20efigip.gif Die Abkürzungen sind Teil unseres administrative Kultur. Um klarer zu sehen, auf Antrag der Efigip Ccrefp, durchgeführt einem Repertoire von Abkürzungen. Dieses Tool ermöglicht es Ihnen, schnell eine Abkürzung oder einen Begriff mit den Bereichen Beschäftigung, Ausbildung oder Integration verbunden sind. Suche ein Akronym. Mit Schlüsselwörtern. In alphabetischer Reihenfolge.
18 décembre 2011

Mesures et dispositifs pour l'emploi, la formation et l'insertion professionnelles des agents de la fonction publique

http://www.apecita.fr/apecita_images/Partenaires%20r%C3%A9gionaux/BOU/Logo%20efigip.gifToutes les mesures pour les agent de la fonction publique: Afficher - Télécharger.
17 résultats correspondent à votre recherche

Accompagnement à la réorientation professionnelle des fonctionnaires de l'État.
Objectif: Accompagner les agents d'État dont le poste aura été supprimé dans le cadre de la réorganisation de l'État.
Auto-entrepreneur.
Objectif: Par un ensemble de mesures, permettre à des personnes physiques d'exercer une petite activité professionnelle indépendante.
Bilan de compétences.
Objectif: Permettre à tout travailleur de définir un projet professionnel et, le cas échéant, un projet de formation. Pour atteindre ce but, les actions de bilans de compétences mises en œuvre doivent permettre l’analyse des compétences professionnelles et personnelles de l’intéressé ainsi que ses aptitudes et motivations.
Congé bilan de compétences des agents de la Fonction publique hospitalière.
Objectif: Permettre aux fonctionnaires de disposer d'un congé, d'une durée maximale de 24 heures, pour réaliser un bilan de compétences.
Congé bilan de compétences des agents de la Fonction publique territoriale.
Objectif: Permettre aux fonctionnaires de disposer d'un congé pour réaliser un bilan de compétences.
Congé de formation professionnelle des agents de l'État.
Objectif: Permettre aux fonctionnaires de l'État de parfaire leur formation personnelle en suivant des stages non proposés par l'administration à caractère  professionnel ou personnel.
Congé de formation professionnelle des agents de la Fonction publique hospitalière.
Objectif: Permettre aux agents de la fonction publique hospitalière (Fph) de parfaire leur formation en vue de réaliser des projets professionnels et personnels.
Congé de formation professionnelle des agents de la Fonction publique territoriale.
Objectif: Permettre à l'agent territorial de suivre, à son initiative, des actions de formation professionnelle.
Congé de validation des acquis de l'expérience des agents de l'État.
Objectif: Permettre aux fonctionnaires de bénéficier, sur leur demande, d'un congé pour suivre des actions de validation en vue de l'acquisition d'un diplôme, d'un titre à finalité professionnelle, d'un certificat de qualification inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles (Rncp).
Congé de validation des acquis de l'expérience des agents de la Fonction publique territoriale.
Objectif: Permettre aux fonctionnaires territoriaux de bénéficier, sur leur demande, d'un congé pour suivre des actions de validation en vue de l'acquisition d'un diplôme, d'un titre à finalité professionnelle, d'un certificat de qualification inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles (Rncp).
Droit individuel à la formation des agents de la Fonction publique d'État.
Objectif: Permettre aux agents de suivre à leur initiative une formation inscrite au plan de formation et relevant de l'une ou l'autre des finalités suivantes: - adaptation à l'évolution prévisible des emplois, - développement des qualifications ou  acquisition de nouvelles qualifications. Permettre également aux agents de faire valoir leur droit pour: - la formation de préparation aux examens et concours et autres procédures de promotion interne, - la réalisation d'un bilan de compétences, - la validation des acquis de l'expérience.
Droit individuel à la formation des agents de la Fonction publique hospitalière.
Objectif: Permettre aux agents de suivre à leur initiative une formation inscrite au plan de formation ayant pour objet: - l'adaptation à l'évolution prévisible des emplois, - le développement des connaissances ou compétences et l'acquisition de nouvelles connaissances ou compétence, - la préparation aux examens et concours et autres procédures de promotion interne. Permettre également aux agents de faire valoir leur droit pour: - la réalisation d'un bilan de compétences, - la validation des acquis de l'expérience.
Droit individuel à la formation des agents de la Fonction publique territoriale.
Objectif: Permettre aux agents de demander à l'administration territoriale de suivre une formation prévue dans le plan de formation et relevant soit d'une formation de perfectionnement, soit d'une formation de préparation aux concours et examens professionnels de la fonction publique.
Microcrédit personnel.
Objectif: Aider les personnes par l'obtention d'un prêt bancaire à financer un projet favorisant l’emploi, le maintien dans le logement, l’accès aux soins, la lutte contre le surendettement (restructuration de dettes)…
Période de professionnalisation des agents de l'État.
Objectif: Permettre aux fonctionnaires: - de prévenir les risques d'inadaptation à l'évolution des méthodes et des techniques, - de favoriser leur accès à des emplois exigeant des compétences nouvelles ou correspondant à des qualifications différentes, - d'accéder à un autre corps ou cadre d'emplois de même niveau et classé dans la même catégorie.
Période de professionnalisation des agents de la Fonction publique hospitalière.
Objectif: Permettre aux agents de: - de prévenir les risques d'inadaptation à l'évolution des méthodes et des techniques, - de favoriser leur accès à des emplois exigeant des compétences nouvelles ou correspondant à des activités professionnelles différentes ou à des qualifications différentes.
Validation des acquis de l’expérience.
Objectif: Permettre à toute personne engagée dans la vie active de faire valider les acquis de son expérience en vue de l’acquisition de tout ou partie d’un diplôme, d’un titre professionnel ou d’un certificat de qualification enregistrés dans le Répertoire national des certifications professionnelles (Rncp).

% http://www.apecita.fr/apecita_images/Partenaires 20R% C3% A9gionaux/BOU/Logo 20efigip.gif% Wszystkie środki urzędnik: Zobacz - Pobierz.
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Wsparcie przejścia kariery urzędników państwowych.
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Cel: Poprzez szereg działań, umożliwiających jednostkom do wykonywania trochę na własny rachunek. Więcej...

18 décembre 2011

Actes du congrès AREF 2010

https://plone2.unige.ch/aref2010/logo-aref.gifBienvenue sur le site des Actes du congrès AREF 2010 qui s'est déroulé du 13 au 16 septembre 2010 à l'Université de Genève. Le site du congrès AREF 2010: http://www.unige.ch/. Télécharger le livet des résumés des actes présentés sur ce site: Livret des résumés AREF 2010.
Voici des passages de deux articles extraits de ces actes qui concernent la VAE: Reconnaissance et validation des acquis: Se reconnaitre, être reconnu, Jérôme Eneau et Analyse d'un processus de négociation identitaire en entretien d'accompagnement à la VAE, Vanessa Rémery.

Reconnaissance et validation des acquis: Se reconnaitre, être reconnu, Jérôme Eneau

Parmi les travaux portant sur l’accompagnement des adultes, qui est désormais au coeur de la fonction des acteurs de la formation (Boutinet et al., 2007; Gérard, 2009; Paul, 2009), un certain nombre de recherches interrogent l’implication de ces acteurs dans la construction identitaire des sujets (Kaddouri et al., 2008). Avec le dispositif de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), c’est aussi la question spécifique de cet accompagnement qui est posée dans la « mise en forme » et « l’affrontement » des référents, individuels et institutionnels (Debon, 2006), qui président à la démarche de reconnaissance des acquis et donc, au-delà, à la reconnaissance identitaire des individus comme apprenants, acteurs, sujets et personnes à la fois (Aubret, 2003; Blaise, 2008; Presse, 2008; Belisle et Boutinet, 2009). En effet, dans la reconnaissance des acquis de l’expérience, ce n’est pas un simple cumul de compétences ou de savoirs « désincarnés » qui est mis en valeur ou reconnu, mais bien une transformation de l’individu lui-même, lorsque ces apprentissages, imbriqués à son existence, sont vécus comme expérience intime, constitutive de l’identité des sujets, ou mieux encore, « expérienciés » (Labelle, 2008). La question de la reconnaissance de soi, au delà de la reconnaissance de ses propres savoirs ou de sa reconnaissance par autrui, prolonge et renouvelle ainsi la question identitaire en formation d’adultes.
Or cette reconnaissance reste délicate à identifier, à décrire et à comprendre, avant même de pouvoir penser accompagner les individus dans leurs demandes. En effet, au coeur du dispositif de VAE, tout autant que du processus de mise en forme de l’expérience, le principe de reconnaissance dépasse de loin la revendication d’une légitimation de savoirs informels ou de savoirs pratiques issus de cette expérience. Car la demande de reconnaissance, en particulier lorsqu’elle est liée au contexte professionnel (Osty, 2003; Dejours et Renault, 2007; Pierre et Jouvenot, 2007; Jorro, 2009) résulte d’un phénomène complexe, intrinsèquement lié à une quête d’identité, dont l’entrée dans un dispositif de validation d’acquis n’est peut-être qu’un symptôme (Blaise, 2008; Belisle et Boutinet, 2009). L’accompagnement dans cette démarche requiert donc une nouvelle posture de la part des acteurs de la VAE, qui n’est plus seulement centrée sur des
compétences techniques mais sur l’essence même de la relation à autrui, dans sa singularité d’individu en quête de reconnaissance. Celle-ci, comme relation à l’expérience de l’autre, devient alors une relation d’échange et de réciprocité, où la quête d’autonomie des acteurs rejoint la question de leur identité (Godbout, 2000; Caillé et al., 2004; Caillé et al., 2007; Eneau, 2008). A la suite des travaux de Paul Ricoeur (2004) et d’Alex Honeth (2007), en particulier, l’articulation de ces concepts de reconnaissance, de réciprocité et d’identité mérite donc d’être examinée de manière plus approfondie pour éclairer les tensions et les enjeux qui sous-tendent ces processus de reconnaissance et ces dispositifs de validation. C’est seulement après avoir procédé à cet examen théorique, à la fois sur le plan épistémologique et sur le plan méthodologique, que nous pourrons alors revenir aux problématiques pratiques de l’accompagnement (au rôle et à la posture de l’accompagnateur, en particulier, face à ces demandes de reconnaissance) ainsi qu’à celles du chercheur en formation, s’intéressant à ces questions (pour l’identification, la caractérisation des modalités de cette reconnaissance, notamment, comme pour les choix méthodologiques afférents).
2. Identification, validation et reconnaissance des acquis de l’expérience

Sans revenir sur le dispositif de VAE en termes techniques et procéduraux, soulignons que celui-ci a soulevé, depuis son instauration au début des années 2000, différentes questions pour la recherche en formation des adultes, en particulier au sujet de la reconnaissance de ces acquis, depuis le problème de l’identification des savoirs tacites ou informels jusqu’à celui de leur validation. Les travaux de recherche ont connu une véritable inflation et renouvellent même, pour certains, des questions déjà anciennes sur le rôle de l’expérience dans l’apprentissage des adultes (Aubret, 2003; Bézille et Courtois, 2006; Neyrat et al., 2007). Reconnaître ces acquis, c’est en effet pouvoir tout d’abord les identifier (les repérer, les nommer, etc.); c’est ensuite pouvoir leur attribuer une valeur (les valoriser avant de pouvoir les faire valider); c’est enfin les « faire reconnaître » pour « être reconnu » (les acquis étant inhérents aux savoirs et savoir-faire de la personne, la reconnaissance de ces compétences ou capacités vaut potentiellement, alors, reconnaissance de l’individu). Jusqu’ici, ces problèmes d’identification, de valorisation et de reconnaissance ont toutefois été traités de manière inégale dans la recherche.
Le problème de l’identification des savoirs issus de l’expérience est probablement l’un des plus anciens que la littérature sur l’apprentissage des adultes ait abordé. Il permet en effet de remonter l’examen du rôle de l’expérience dans cet apprentissage, depuis Dewey et Lindeman en particulier, à une tradition datant du début du 20ème siècle au moins (Balleux, 2000; Mayeux et Mayen, 2003). L’identification des savoirs expérientiels (qu’ils soient dits « tacites », « autodirigés », « informels » ou « incidentiels ») est donc une question largement traitée par la recherche, offrant de plus un certain nombre d’outils méthodologiques pour mettre au jour ces savoirs, de l’écrit professionnel au récit autobiographique et de l’analyse de pratiques à l’analyse de l’activité (Mayen et Mayeux, 2003; Cifali et André, 2007; Brougère et Bézille, 2007; Marsick et Watkins, 2007). Toutefois, en référence aux grands modèles de Dewey et de Lindeman, cette identification continue aujourd’hui de s’appuyer sur des visions divergentes de l’expérience de l’adulte (vision « cumulative » vs vision « intégrative »), où l’apprentissage est vu soit comme accumulation, soit comme construction de sens, reflétant alors l’interprétation que donne l’apprenant à la signification de cette expérience, et au delà, à sa propre existence (Balleux, 2000; Mezirow, 2001; Bézille et Courtois, 2006). C’est pourquoi s’il ne s’agissait, dans le processus de VAE, que de faire la preuve des expériences acquises (dans une dimension cumulative), la VAE reviendrait à obtenir un titre ou un diplôme au regard de l’ancienneté ou du nombre d’expériences cumulées; or, c’est bien de l’inverse qu’il s’agit, puisque ce sont les acquis de cette expérience (au sens intégratif), et non l’expérience elle-même (au sens cumulatif), qu’il s’agit d’évaluer.
Le problème de la validation, en conséquence, soulève non seulement la question de ce qui est validé, mais aussi celle de la place et de la légitimité des personnes validant ces savoirs, voire le rôle, la posture et les compétences des intervenants qui accompagnent un processus lui-même formateur pour les personnes s’engageant dans cette voie (Cifali et André, 2007; Neyrat et al., 2007; Presse, 2008; Belisle et Boutinet, 2009). Or, comme l’a pointé Barbier (2006), les savoirs et les compétences identifiés via le dossier et le jury de VAE ressortent peut-être avant tout de capacités du candidat à comprendre les attentes de ce jury, à rendre cohérente la mise en forme des acquis au regard du référentiel du titre ou du diplôme convoité et donc de capacités de verbalisation et de communication … plus que des compétences directement liées à l’activité ou au métier. Contrairement à son objectif initial, la VAE peut donc continuer à bénéficier aux plus habiles ou aux mieux dotés, et non pas nécessairement aux moins bien lotis ni à ceux dont les acquis auraient justement été le fruit d’expériences acquises en dehors des voies privilégiées de formation (Dubar, 2004). L’un des risques majeurs de la VAE serait ainsi que les titres délivrés par validation continuent d’être dévalorisés, sinon par les bénéficiaires eux-mêmes, du moins par les certificateurs et les employeurs, alors que l’esprit de la loi de 2002 visait justement l’inverse (Neyrat et al. 2007; Presse, 2008; Belisle et Boutinet, 2009).
Le problème de la reconnaissance, enfin, reste encore peu fréquemment traité dans la littérature, du moins dans l’étendue des questions qu’il recouvre. Différentes raisons peuvent en être à l’origine. Tout d’abord, la reconnaissance des acquis de l’expérience reste délicate à faire valoir, dans le monde professionnel en particulier, car au-delà des difficultés à identifier et valider ces acquis, il s’agit pour le demandeur de les valoriser et de « se » valoriser, dans des logiques individuelles de certification, d’employabilité ou de rémunération qui se heurtent souvent aux logiques économiques de la gestion des ressources humaines. D’autre part, il peut s’agir aussi, pour les organismes certificateurs, de ne pas dévaloriser les titres ou les diplômes ainsi délivrés, alors que le candidat n’a justement acquis ses savoirs et ses compétences qu’en dehors des chemins formels et des voies officielles, privant potentiellement ces organismes d’un public jusqu’alors captif. Enfin, et pour ce qui nous intéressera plus particulièrement ici, ce problème de reconnaissance peut ressortir d’une logique identitaire, beaucoup plus difficile à cerner, dans la mesure où la demande de reconnaissance rejoint alors une problématique plus vaste d’évolution du travail, voire d’une évolution sociétale plus profonde, où les identités malmenées se heurtent à des changements déstabilisants et où les pertes de repères font apparaître, en creux ou « en négatif », le manque de reconnaissance comme symptôme d’un malaise encore plus grand (Osty, 2003; Pierre et Jouvenot, 2007; Renault, 2007; Hénaff, 2009; Bureau et Tuchszirer, 2010).
Prolongeant les thématiques et les références théoriques du traitement de la question identitaire, la question de la reconnaissance (du manque ou de la quête de reconnaissance), soulève alors une problématique nouvelle pour la formation des adultes, dans des dimensions à la fois éthiques (Ricoeur, 2004) et déontiques (Dejours, 2007), mais aussi épistémologiques et méthodologiques. En effet, la problématique de la reconnaissance, comme la question identitaire, peut être traitée de points de vue très différents, se référant à la psychologie, à la psychologie sociale, à la sociologie ou même à la philosophie morale; les choix disciplinaires orienteront alors le traitement de la question dans des perspectives éventuellement divergentes et il semble donc important, dans un premier temps, de mieux articuler les concepts et les perspectives, dans un souci d’intelligibilité, du point de vue théorique, avant d’en examiner les implications pratiques, non seulement pour les choix méthodologiques de recherche mais aussi, in fine, pour l’action.
3. Reconnaissance, identité, travail et formation des adultes

La question de la reconnaissance est devenue, en quelques années, l’un des principaux centres d’intérêt de la recherche en sciences sociales (Caillé et Lazzeri, 2009), bien au delà du champ de la formation des adultes et du dispositif particulier de la VAE. Les principaux auteurs s’intéressant à la question voient dans ce phénomène la convergence d’un faisceau de circonstances, qui se cristallise tout particulièrement dans le monde du travail, mais qui dépasse ce contexte singulier.
Ainsi, selon Renault (2007), c’est parce qu’on assiste aujourd’hui, dans le monde professionnel, à une fragilisation des compétences, des identités professionnelles et des réseaux traditionnels de reconnaissance informelle, que la VAE représente un dispositif singulier de substitution, en tant que demande de reconnaissance au travail. Pour des individus en mal de considération, du point de vue de leur hiérarchie ou de leur carrière, mais aussi en quête de sens, pour eux-mêmes et pour leur propre trajectoire, la VAE n’est alors qu’un moyen de formaliser cette quête de reconnaissance, dont les racines sont plus profondes encore. Ce besoin de reconnaissance peut en effet être attribué à des logiques en tension, entre individualisation, responsabilisation, valorisation du parcours individuel et de l’autonomie du sujet (dans sa capacité à faire valoir une trajectoire singulière, des apprentissages informels ou autodirigés, etc.) ou au contraire, être le résultat d’une quête plus fondamentale, voire d’une « lutte » pour le droit à l’existence et à la reconnaissance, dépassant de loin un strict ensemble de capacités cognitives.
Ce besoin peut ainsi ressortir d’un contexte plus vaste de perte de repères sociaux et professionnels, un « désenchantement du monde », pour reprendre l’expression de Gauchet ou encore, selon Hénaff (2009), d’un sentiment accru de « nudité sociale ». Pour celui-ci, la quête de reconnaissance n’est alors qu’un symptôme d’une certaine forme de modernité, alliant la surexposition des individus les uns aux autres à l’homogénéisation croissante des références culturelles, la valorisation des choix individuels à la nécessité d’inventer de nouveaux rapports sociaux. Comme le résument Caillé et Lazzeri (2009) : « la reconnaissance des statuts n’étant plus transmise par les institutions politiques ou économiques et par la tradition, chacun doit se mettre en quête d’une reconnaissance non plus héritée, mais conquise ».
Pourtant, cette survalorisation de l’individualité (des compétences et de la performance jusqu’à la rémunération), largement repérée dans le monde du travail depuis deux décennies au moins, vient se confronter, à travers la demande de reconnaissance, à des phénomènes nouveaux qui montrent l’impasse constitutive des logiques managériales d’individualisation, d’autonomisation et de responsabilisation, notamment). Tout se passe en effet comme si, du point de vue du travail, les politiques d’individualisation atteignaient leurs limites ; à travers la quête de reconnaissance, c’est aussi à une confrontation des logiques d’identité, d’activité et de résultat que l’on assiste (Pierre et Jouvenot, 2007). Or ces logiques sont partiellement irréconciliables, y compris dans la demande de reconnaissance, si l’on considère que le salarié, soumis à des « contraintes de présentation de soi » selon l’expression de Renault (2007), fait face à une nouvelle forme de « déni de subjectivité ». La vulgate managériale prétend certes que la nouvelle organisation du travail offre des possibilités professionnelles de « réalisation de soi », mais plus qu’un dépassement de l’aliénation tayloriste, c’est alors une nouvelle « phénoménologie de l’aliénation qui se développe » (ibid.).
En d’autres termes, la question de la reconnaissance déplace le curseur des traditionnels centres d’intérêt de la question identitaire (la construction identitaire étant conçue, pour le dire de manière très schématique et restrictive, comme une problématique articulant « soi » et « autrui », dans la logique de Dubar, « soi » et « les autres », dans celle de Sainsaulieu) ; le triptyque « reconnaître », « (se) faire reconnaître », « être reconnu » introduit de facto une logique de légitimation et de revendication aux dimensions plus politiques, interpellant le champ du travail en général, et celui de la formation en particulier, vers des problématiques moins classiques dans le domaine (ou moins souvent abordées), telles que les questions de justice, d’équité et de réciprocité. En effet, la question de la demande de reconnaissance renvoie à l’absence de références, d’habitudes et de rites communs qui constituent normalement « des formes toutes faites d’acceptation, de confiance ou d’estime réciproque » (Caillé et Lazzeri, 2009). En l’absence de ces référents, qui permettent de régler les modes informels et habituels de reconnaissance, le besoin d’estime et de confiance se heurte, d’une part, à la vacuité des repères traditionnels et d’autre part, à la complexité croissante des appartenances sociales et professionnelles, et donc aux diverses registres identitaires avec lesquels l’individu doit désormais composer (Hénaff, 2009). La revendication et le besoin de légitimation peuvent alors se décliner sur le mode de l’affirmation de soi ou du conflit, dans une quête identitaire où la reconnaissance vaut autant pour soi que pour autrui, pour sa place dans le groupe professionnel comme pour son existence sociale, de manière plus générale.
S’agit-il là d’un nouvel avatar de la « lutte pour la reconnaissance » qu’avait pointée Hegel et qu’Honneth (2007) a ensuite repris, dans une version plutôt pessimiste (les conflits humains étant toujours explicable, in fine, par une quête ou un déni de reconnaissance) ? S’agit-il au contraire d’une recombinaison des formes de « reconnaissance-identification » et de « reconnaissance-attestation », comme le relève Ricoeur (2004), dans une vision un peu plus optimiste (connaître, reconnaître, se reconnaître, être reconnu, formant une boucle vertueuse des rapports entre identité et réciprocité) ? Cette notion concrétise-t-elle plutôt une refondation des rapports entre don, identité et estime de soi, comme le propose Caillé (2004), reflétant la « revendication moderne » d’identités flouées, de communautés en quête de visibilité, de conflits plus ou moins larvés?
4. Reconnaissance et formation : construction identitaire ou revendication?

Si la problématique de la reconnaissance, en formation, soulève aujourd’hui autant de questions, c’est que la validation de son expérience suppose, pour l’individu, une reconnaissance de ce qu’il est, de ce qu’il vaut, dans des contextes de travail où cette identité malmenée est l’objet de tensions redoublées (Blaise, 2008, Kaddouri et al., 2008). Les deux modèles proposés par Honneth (2007) et Ricoeur (2004), permettent alors d’ouvrir de nouvelles perspectives pour la recherche, au plan épistémologique tout d’abord, au plan méthodologique ensuite.
La proposition de Debon (2006), par exemple, rapprochant le processus de validation des acquis d’un « parcours de la reconnaissance » emprunte l’une de ces perspectives. En reprenant les trois termes de l’ouvrage de Ricoeur (2004), Debon examine ce qui se joue dans les différentes étapes : « identifier », « s’identifier » et « être reconnu ». L’expérience, première dans le dispositif, permet à l’individu de l’identifier et de la reconnaître, mais aussi de s’autoriser à dire qu’il sait, s’identifier et se reconnaître lui-même comme sujet, auteur et acteur de sa propre expérience et donc de propre sa vie. Cette perspective subjectiviste incite donc à porter l’attention sur le sujet et sur l’activité réflexive et discursive qui lui permet de mettre en mot son expérience. Ensuite vient l’étape de reconnaissance par autrui (de ses connaissances, de ses compétences, de sa légitimité à prétendre à un titre) et donc l’étape de « l’affrontement des référents » (Debon, 2006). A travers cet exemple, c’est donc le modèle de reconnaissance/identisation proposé par Ricoeur qui peut être décliné, mobilisant alors sur le plan méthodologique les divers outils ayant permis, comme mentionné supra, d’identifier des savoirs informels ou autodirigés, issus de l’expérience.
En termes de méthodologie, les pratiques d’écritures et l’accompagnement au travail réflexif privilégient ainsi les outils popularisés dans les années 80 par les travaux sur l’autoformation existentielle (chez Pineau, Courtois, etc.) ; utilisant le récit et l’approche autobiographique, ces pratiques permettent en effet la « mise en cohérence de soi », à travers le travail réflexif de la narration, déclinant, grâce à la perspective de Ricoeur là encore, la notion « d’identité narrative » afin de pouvoir raconter, se raconter et donner du sens à sa propre existence (Eneau, 2008 ; Simard et Kerlan, 2010). Sur ce plan, les outils sont désormais largement éprouvés et depuis les travaux de Chené (1989), de Pineau et Jobert (1989) et jusqu’aux travaux plus récents de Delory-Momberger (2000), Gourdon-Monfrais (2001), Demazière (2004) ou Pineau (2006), nombre de revues (telles que Questions Vives, Chemins de Formation, Histoires de vie, Recherches Qualitatives, etc.) ont consacré des numéros ou des dossiers spécifiques aux problématiques du récit de vie, du récit de formation ou encore aux méthodologies recourant à la biographie ou l’autobiographie.
La seconde perspective qui commence depuis peu à être utilisée en formation des adultes (Belisle et Boutinet, 2009 ; Debon et al., 2010) est celle empruntée à Honneth (2007), à travers un modèle plus large de la reconnaissance. Pour Honneth, la reconnaissance est un phénomène qui dépasse le triptyque proposé par Ricoeur entre « identification/distinction », « identité/reconnaissance de soi » et « identité/reconnaissance mutuelle ». Alors que l’approche de Ricoeur reste tournée vers une construction identitaire à l’articulation entre soi et autrui (ou plus exactement entre identité idem et identité ipse), dans l’échange, la relation de don/contre-don et la réciprocité (Ricoeur, 2004), le modèle d’Honneth tente quant à lui d’embrasser les différents niveaux psychologiques, psychosociaux et sociologiques de la reconnaissance vue comme un « fait social total » (Caillé et al., 2007). Pour Honneth (2007), la reconnaissance traverse l’ensemble des rapports humains et implique, au triple niveau individuel, interpersonnel et social, des conséquences majeures sur la formation des identités. Dans ce modèle, les trois modes de reconnaissances proposés par Honneth (sollicitude personnelle, responsabilité morale, estime sociale) s’appuient sur des natures différentes de relations à autrui (entre individus, groupes sociaux) ; ils mettent de plus en jeu des formes différentes de l’identité, qui ressort, elle, d’un autre triptyque : confiance en soi et intégrité physique / respect de soi et intégrité sociale / estime de soi, honneur et dignité. Cependant, précise Honneth (2001), il ne peut exister de rapport harmonieux entre ces trois modes de reconnaissance, mais seulement des rapports de tension constante.
Au plan méthodologique, l’approche d’Honneth suppose alors de passer d’une relation « reconnaissance/construction de l’identité » à une relation « demande de reconnaissance/identité menacée ». Cette vision plus « pessimiste », d’une certaine façon, de la construction identitaire, peut alors faire appel à différents registres : déni des besoins affectifs primaires, privation de droits, humiliation ou atteinte à l’honneur et à la dignité. Face à l’absence de reconnaissance, il s’agit ensuite de comprendre les registres de revendication et de justification des individus sur des objets tant factuels (atteinte à l’intégrité, déni d’équité, etc.) que symboliques (sentiment d’humiliation, mésestime, etc.). De ce point de vue, le modèle d’Honneth permet ainsi de comprendre, plus que la manière dont l’identité peut se construire, la manière dont elle est fragilisée par un manque de reconnaissance, qui peut alors reposer sur des sentiments plus que sur des éléments concrets (changement de poste, augmentation de salaire, etc.). C’est d’ailleurs sur ce plan symbolique que les travaux empiriques les plus récents, concernant la VAE en particulier, montrent que les individus retirent plus souvent de ce dispositif de validation des acquis une reconnaissance symbolique, plutôt qu’une valorisation factuelle (Pierre et Jouvenot, 2007 ; Bureau et Tuchszirer, 2010). Pour autant, du point de vue des bénéficiaires interrogés dans ces études, la VAE répond bien, même de manière partielle et insatisfaisante, à un besoin et une demande de reconnaissance, à défaut de montrer une réelle « construction identitaire », à l’issue du processus.
Les deux modèles de Ricoeur et d’Honneth, qui méritent encore d’être approfondis et développés, dans leurs implications en formation des adultes, pour penser l’identité et la reconnaissance, ouvrent aussi des perspectives pragmatiques pour en articuler les dimensions individuelles, interpersonnelles et sociales. En effet, à l’instar des approches identitaires en formation d’adultes, les questions qui sont au coeur de ce processus peuvent ainsi être abordées à travers trois déclinaisons possibles (reconnaître, faire reconnaître, être reconnu) : faire reconnaître la validité de son expérience, même en dehors de la voie officielle ; être reconnu soi-même comme compétent, alors qu’on n’en a pas a priori le titre ou le diplôme ; reconnaître enfin que la référence à ce titre est bien partagée, tant par les praticiens que par les détenteurs et les prétendants du titre ou encore les garants de la formation. A l’articulation des problématiques d’emploi, de travail et d’activité, du côté des dispositifs, mais aussi de motivation, d’engagement et d’identité, au niveau des salariés, la reconnaissance permet de requestionner les rapports entre individus et collectifs de travail, rapports à soi et rapports aux pairs, soit « l’activité déontique » qui articule intelligence au travail « au singulier » et intelligence au travail « au pluriel » ou en d’autres termes, à questionner sous un angle nouveau l’éternel problème du comment « vivre ensemble » (Dejours, 2007).
Ainsi, à l’articulation entre questions éthiques, sociales et politiques, les références à la « reconnaissance/identisation » ou à la « reconnaissance/revendication », pour renommer de manière sommaire les modèles de Ricoeur et d’Honneth, invitent à un positionnement difficile, pour le chercheur comme pour le praticien. Dans un modèle comme dans l’autre, les soubassements théoriques de chacun des auteurs présupposent en effet l’adhésion à des philosophies radicalement différentes (que l’on pourrait qualifier, pour être schématique et réducteur là encore, de « positive » et de « négative »), soit deux visions de la reconnaissance, qui bien que restant toutes les deux au coeur des relations humaines, ont ensuite de nombreuses conséquences divergentes, tant sur le plan théorique que sur le plan pratique.
5. Ouvertures et limites

Si les deux perspectives de Ricoeur et d’Honneth paraissent difficilement conciliables, au niveau épistémologique, c’est aussi parce qu’elles se référent, au plan théorique, la première à une vision plutôt « personnaliste » de la construction identitaire (Eneau, 2008) et donc de la question de la reconnaissance (même si Ricoeur ne s’est jamais réclamé lui-même de personnaliste à proprement parler), l’autre à une vision plutôt « critique » vis-à-vis de l’attente normative que représente, selon Honneth, la quête de reconnaissance, pouvant aller, dans cette normativité, jusqu’à la réification et même l’autoréification du sujet (Honneth, 2007).
L’une comme l’autre présentent toutefois de redoutables difficultés d’opérationnalisation, qu’il s’agisse au plan pratique d’appréhender, à l’instar de Debon (2006), les différentes étapes des « parcours de la reconnaissance », d’opérationnaliser au plan méthodologique les outils de recueil et d’analyse de « l’identité narrative », toujours pour suivre la voie proposée par Ricoeur, ou à l’inverse, pour identifier, évaluer ou valoriser des modalités relationnelles et affectives de l’ordre de l’estime, du respect ou de la confiance en soi, pour décliner le modèle d’Honneth. Sur le plan méthodologique, ces deux théories de la reconnaissance présentent donc, l’une comme l’autre, de réelles difficultés pour le chercheur, d’autant qu’à l’articulation des deux modèles, les notions de confiance, de respect ou encore d’estime qui sont sollicitées par les deux auteurs n’ont pas forcément, chez l’un et chez l’autre, les mêmes acceptions ou les mêmes conséquences.
Ainsi, par exemple, lorsque le modèle anthropologique de la réciprocité est mobilisé par Ricoeur (2004), les relations d’honneur et de respect sont à interpréter à l’aune du modèle initial de don/contre-don, emprunté lui-même à Mauss (Caillé, 2004 ; Hénaff, 2009) ; à l’inverse, dans le triptyque proposé par Honneth (2007), estime de soi et respect de soi sont proposés à la suite de modèles issus de la psychosociologie et de la sociologie morale (théorie de l’attachement, chez Winnicott et Bowlby, puis théories de la justice et perspective critique, notamment). Sur le plan épistémologique, les cadres de références de ces deux auteurs impliquent donc de potentielles différences quant à l’acception (et l’opérationnalisation) de ces notions de respect et d’estime (de soi, d’autrui). C’est ce que montre notamment Heinich (2009), à propos de l’estime de soi, qui renvoie à des questions de valorisation (d’estimation), d’objectivation et de subjectivation de la reconnaissance, et plus problématiquement encore, aux idéaux démocratiques des modèles de justice auxquels Honneth lui-même se réfère. Alors que la dimension éthique, chez Ricoeur, est nettement affirmée, jusque dans son modèle de la reconnaissance (Eneau, 2010), le modèle de Honneth revient, quant à lui, à réinterroger les principes de justice morale, dans des débats qui sont encore loin d’être tranchés (Fraser, 2004 ; Caillé et Lazzeri, 2009).
Dans le même ordre, la question de la perception et de l’interprétation de la reconnaissance, chez Honneth, est d’autant plus difficile à traiter que l’auteur, dans ses travaux les plus récents, prévient des dangers de la « réification » et des pièges « d’autoréification » que celle-ci recèle, en particulier lorsqu’il s’agit d’accéder à la « reconnaissance de soi-même » (Honneth, 2007) : entre les tentations du « détectivisme », soit la capacité supposée de l’individu à élaborer un savoir sur son monde intérieur (à se découvrir, s’autoanalyser) et les illusions du « constructivisme », soit la capacité de cet individu à attribuer une signification (à constituer ou à produire) la réalité de ses états internes (désirs, sentiments ou intentions), Honneth propose plutôt d’emprunter une voie « expressiviste » (d’exploration de soi) qui pourrait compenser, selon lui, le déclin de la culture psychanalytique … mais dont il ne donne pas pour autant les clés concrètes d’opérationnalisation. Or, si ce modèle d’Honneth vient enrichir considérablement les travaux sur la perspective critique, en éducation des adultes notamment (à la suite des travaux de Mezirow, tout particulièrement), il pose aussi de nouvelles questions et de nouvelles difficultés pour ses propres applications.
Alors que le modèle de Ricoeur permet d’approfondir la compréhension des relations interpersonnelles dans une perspective identitaire centrée sur la personne (le soi), tout en éclairant les pratiques d’accompagnement sous un jour relationnel (ou interactionniste, dans un langage plus sociologique), la perspective critique d’Honneth permet quant à elle de pointer les conséquences sociales (voire politiques) des formes de privation ou de déni de reconnaissance (Renault, 2007). De même, le modèle de Ricoeur (2004) offre de nouvelles pistes pour penser les liens entre construction identitaire et capacités d’action (à la suite de Sen, Ricoeur propose plutôt de penser cette articulation en termes de « capabilités ») quand celui d’Honneth (2007) peut aussi se révéler un puissant analyseur des luttes pour la reconnaissance de groupes sociaux entiers.
Au-delà de la seule démarche de « mise en forme » de soi (de son histoire, de son expérience, de son identité), dont le processus individuel de validation d’acquis est une illustration particulièrement intéressante, les modèles de la reconnaissance incitent aussi à examiner la question d’un point de vue collectif, en termes de demandes de légitimation, d’accès à des droits, tout autant qu’ils éclairent la question du point de vue individuel, en termes de capacités propres, de respect ou d’estime. Sur ce plan, les dispositifs de validation collective offrent alors de nouvelles perspectives de développement, dans des outils qui restent toutefois largement à construire. En effet, cette dimension collective de la reconnaissance et de l’identité, travaillée par la sociologie critique en termes de justice et de revendication identitaire notamment (de singularité, de légitimité, etc.) (Caillé et al., 2007; Caillé et Lazzeri, 2009), n’a encore que peu de développement dans les perspectives éducatives et formatives. A l’heure où les demandes de reconnaissance collectives peinent à émerger, tout au moins de manière homogène (Jouvenot et Pierre, 2007; Bureau et Tuchszirer, 2010) et du fait institutionnel surtout (à la demande des employeurs), s’emparer de cette question de la reconnaissance pourrait offrir aux salariés de nouvelles perspectives d’action, et face au pouvoir de gestion des employeurs, offrir aussi de nouveaux espaces d’implication des représentations salariales (Bureau et Tuchszirer, 2010).
Individuellement comme collectivement, la reconnaissance n’est pas en effet « simplement une politesse que l’on fait aux gens », comme le rappelle Heinich (2009) à la suite de Charles Taylor: « c’est un besoin humain vital ». Ignorer cette dimension reviendrait à se priver de penser l’action et le développement possibles des individus. Plus grave encore, dénier cette reconnaissance reviendrait à les priver de tout forme d’approbation sociale: celle de l’autoréalisation à laquelle, péniblement parfois, ils sont parvenus (Honneth, 2007).
6. Références et bibliographie

Télécharger l'article Reconnaissance et validation des acquis: Se reconnaitre, être reconnu, Jérôme Eneau.

Analyse d'un processus de négociation identitaire en entretien d'accompagnement à la VAE, Vanessa Rémery

Notre communication s'inscrit dans un travail de recherche dont l'objectif est d'explorer les liens entre l'activité de formalisation de l'expérience caractéristique des entretiens d'accompagnement en Validation des Acquis de l'Expérience (VAE) et les stratégies identitaires mises en oeuvre par les candidats s'engageant dans cette activité. Nous nous proposons de restituer les premiers résultats de cette recherche en proposant l'analyse d'un processus de négociation identitaire déployé au cours d'un entretien.
1 Qu'est-ce que la VAE ?

La Validation des Acquis de l'Expérience est un dispositif législatif institué en 2002 en France, qui permet à toute personne ayant acquis des compétences à travers son expérience professionnelle ou bénévole d’obtenir un diplôme reconnu par l'État sans s'engager dans une formation. Dans la plupart des cas, les candidats à une VAE doivent élaborer un dossier pour étayer leur demande de validation. Ce dossier constitue un écrit argumentatif qui est adressé à un jury et au travers duquel ils doivent décrire et analyser plusieurs situations de travail vécues. L'élaboration du dossier VAE implique pour le candidat un travail réflexif sur son expérience en vue d'identifier et de formaliser ses acquis en lien avec le diplôme pour lequel il fait sa demande. Parce que ce travail est complexe, les candidats ont la possibilité d'être accompagnés méthodologiquement dans la rédaction de leur dossier. Une fois rédigé et transmis aux organismes certificateurs, le dossier constitue l'élément à partir duquel un jury va statuer sur la demande de diplôme du candidat.
2 Les enjeux de reconnaissance identitaire de la VAE

L'élaboration du dossier repose sur un travail de mise en ressource et de valorisation de son expérience où le candidat est amené à reconstruire des situations de travail vécues, ce qu'il a fait, ses tâtonnements, ses choix, prises de décisions, etc. Ce travail implique d'être capable de porter un regard sur soi, d'évaluer ce qui a été fait et comment, de prendre ses distances par rapport à ses échecs et ses réussites pour comprendre de quoi ils relèvent et ce qu'on en retire. Sont alors actualisés les investissements subjectifs que la personne associe à ses expériences ainsi que les représentations qu'elle se fait de celles-ci. La démarche relève donc aussi d'un travail sur soi car toutes les dimensions constitutives de l'expérience sont en jeu ; y compris épistémiques, affectives et identitaires. On peut alors affirmer que si la VAE s'intéresse aux savoirs construits par l'expérience, elle n'échappe pas à la question des affects, images de soi et identités professionnelles auxquels ces savoirs sont associés. Les travaux sur les récits biographiques et les histoires de vie ont d'ailleurs montré l'importance du regard personnel porté sur nos propres expériences de vie. Soumises aux représentations personnelles, les expériences de vie acquièrent un sens et une valeur pour soi qui conditionnent le sentiment de compétence de la personne. Mais le regard porté sur son expérience active aussi des modalités d'identification. En effet, quand les candidats parlent de leur pratique professionnelle, qu’ils la décrivent et qu’ils formalisent leurs savoirs d'expérience, ils définissent en même temps leur appartenance à un métier et une culture professionnelle. Les attentes de reconnaissance en VAE portent alors non seulement sur une demande de reconnaissance des savoirs d'expérience que les candidats parviennent à formaliser, mais aussi sur les représentations identitaires que les candidats croient ou feignent se reconnaître.
3 L'observation des processus de négociation identitaire

Les discours que les candidats à une VAE tiennent sur leurs activités professionnelles sont porteurs d'indices et de marqueurs identitaires constitutifs de leur identité professionnelle pour soi. Cette identité, dont ils revendiquent la reconnaissance institutionnelle, s'est forgée à travers un processus biographique d'identification (Dubar, 1991), c'est-à-dire dans l'expérience grâce à un apprentissage sur le tas. Les entretiens d'accompagnement en VAE constituent le lieu où sont exprimées, argumentées et discutées ces demandes de reconnaissance des identités du soi, définies par Laing (1971) comme les histoires qu'on se raconte sur ce qu'on est. En effet, « l'individu n'est pas libre de s'accorder n'importe quelle identité personnelle, n'importe quelle biographie; il ne peut pas davantage revendiquer à son gré une appartenance à des catégories auxquelles il ne peut pas prétendre, ni s'attribuer selon son bon plaisir des propriétés pour lesquelles il n'a aucun titre [...]. Sa définition de soi doit être acceptée et ratifiée par les autres » (Quéré, 1989). Une incursion au coeur du processus d'accompagnement permet de rendre compte des enjeux de reconnaissance identitaire dont les interactions entre accompagnateur et candidat sont porteurs. En effet, si l'entretien demeure une interaction spécialisée, elle fonctionne toujours sur l'intersubjectivité et sur l'action conjointe et réciproque (Vion, 1992). Il existe d'ailleurs de nombreux psychologues et sociologues interactionnistes comme Flahault (1978), Watzlawick (1972) ou Goffman (1973) pour qui l'interaction peut réciproquement être définie comme lieu d'une incessante confrontation de définitions de soi revendiquées ou attribuées.
Nous proposons ici d'analyser la manière dont certains candidats prennent en charge, dans les échanges, les écarts qui peuvent potentiellement émerger entre la présentation de soi (Goffman, 1973) qu'effectue le candidat (c'est-à-dire une proposition de définition de lui-même : « voici qui je suis et comment je me vois ») et l'identité attribuée par l'accompagnateur. En effet, identité pour soi et identité pour autrui (Dubar, 1991) ne coïncident pas toujours quand l'accompagnateur procède à la mise en correspondance des expériences formalisées par le candidat avec le niveau d'exigence attendu des référentiels du diplôme visé. Or la VAE est un « support » dans lequel se manifeste de manière exacerbée un besoin de confirmation des identités subjectivement vécues, et où l'identité pour autrui prend une place très importante dans la démarche des candidats (Jacques et al., 2006). Dès lors qu'il y a désaccord (Goffman, 1973), se déploient chez les candidats des stratégies identitaires (Dubar, 1991 ; Lipiansky & al., 2002), à l'image d'une « lutte pour la reconnaissance » (Honneth, 2008), destinées à réduire les écarts entre les deux identités. Soulignons toutefois que la notion de stratégie ne relève pas d'une conception téléologique de l'action, envisagée comme projet conscient. En nous appuyant sur Vion (1992), nous définirons la stratégie comme une ligne de conduite construite et négociée dans l'échange, que le chercheur infère une fois l'interaction achevée, et non un calcul stratégique des interactants correspondant à des buts préalablement poursuivis et antérieurs à l'interaction.
Des interactions accompagnateur / candidat, nous avons donc tenté d'inférer les stratégies d'action actualisées par les candidats afin de comprendre comment le problème de l'écart entre l'identité revendiquée pour soi et l'identité attribuée par l'accompagnateur est alors pris en charge par les candidats. Pour cela, nous nous sommes appuyés sur la théorisation de la notion de « négociation conversationnelle » développée dans le cadre d'une approche pragmatique des interactions verbales. La situation de communication caractéristique des entretiens d'accompagnement en VAE est ainsi appréhendée comme une scène sur laquelle se jouent et se négocient des identités (Goffman, 1973). Comme le souligne Kerbrat-Orecchioni (2009), l'identité de chacun est une construction interactive où chaque acteur se compose une identité en composant avec autrui.
Avant d'en arriver à la méthodologie mise en oeuvre pour recueillir nos données et aux séquences du corpus elles-mêmes, quelques précisions sur la notion de négociation. Selon Kerbrat-Orecchioni (1984, 2009) et Roulet (1985), les négociations caractérisent des processus communicationnels d'ajustements mutuels que des interlocuteurs mettent en oeuvre pour parvenir à un accord face à un différend qui surgit au cours d'une interaction verbale. La négociation peut survenir à tout moment dans un échange. Pour qu'on puisse parler de négociation, il faut donc qu'au départ surgissent certains conflits, divergences, tiraillements entre les interactants que ces derniers tentent de résoudre au moins partiellement, grâce à certaines concessions effectuées de part et d'autre. En effet, le désaccord est dangereux pour l'interaction et la relation. Si un participant émet une opinion, le désaccord de son interlocuteur sur cette opinion constitue une menace pour sa face (Goffman, 1973, 1974; Kerbrat-Orecchioni, 1989) car il exprime une différence des points de vue et peut donc vouloir dire que le premier avis exprimé n'est pas digne d'intérêt ou qu'il est faux. Quand il y a accord, que l'interlocuteur ratifie les propos du locuteur, ce dernier obtient la confirmation de ce qu'il est. Les négociations conversationnelles peuvent porter sur des objets à négocier très variables. Ils peuvent concerner tous les niveaux de l'interaction (Kerbrat-Orecchioni, 2009; Roulet, 1985): sa forme, son contenu, la structuration de l'interaction, les identités et rapports de place des interactants. Au regard de notre problématique de recherche, nous nous attacherons principalement à travailler les processus de négociation identitaire définis comme des échanges centrés sur la qualification de ce qu'est l'un au moins des protagonistes (Demazière, 2007)... Télécharger la suite de l'article Analyse d'un processus de négociation identitaire en entretien d'accompagnement à la VAE.

https://plone2.unige.ch/aref2010/logo-aref.gif Tere tulemast seadustega Congress Aref 2010 toimub 13.-16 september 2010 Ülikooli Genfis. Konverentsi koduleheküljelt Aref 2010: http://www.unige.ch/. Lae õhuke kokkuvõtted tegutseb this site: Booklet kokkuvõtete Aref 2010.
Siin on kaks lõigud artikleid võetakse selliste tegude kohta VAE: tunnustamine ja kinnitamine: Et tunda, tunnustamist, Jerome Eneau ja analüüsi protsess identiteedi läbirääkimiste intervjuus kaasas VAE, Vanessa Remery
. Velle...
18 décembre 2011

Présentation de la norme ISO 29990

Logo de l'Agence Régionale de la Formation tout au long de la vie (ARFTLV Poitou-charentes)Pas moins de 50 personnes se sont retrouvées le 2 décembre dans les locaux de l’ARFTLV à La Rochelle et à Jaunay-Clan pour participer à la rencontre consacrée à la présentation de la norme ISO 29990.
Les dirigeants de structures, responsables ou conseillers en formation présents ont pu découvrir cette norme spécifique aux prestataires de formation et poser leurs questions aux deux intervenants: M. Henri HELL (AFNOR Groupe Délégation Limousin Poitou-Charentes) et M. François GALINOU (membre de la commission française de normalisation en formation professionnelle).
Après une présentation des différentes démarches qualité en formation et de leurs spécificités, la matinée a été consacrée à la norme ISO 29990, ses objectifs, son contenu et l’intérêt qu’elle peut représenter pour les organismes de formation.
Retrouvez les supports présentés au cours de la rencontre:
- La qualité dans les organismes de formation et Présentation AFNOR Normalisation (par M. Hell)
- Démarche Qualité en formation (par M. Galinou)
Consultez également notre revue documentaire consacrée aux démarches qualité en formation.
Cette matinée e s'inscrivait dans le cadre du dispositif Safran, et sera suivie d’autres temps d’information sur le thème de la qualité en formation, qui seront communiqués sur ce site.
Voir aussi Séminaire en ligne gratuit: Comprendre la norme ISO 29990, Retrouvez le diaporama sur la nouvelle norme ISO 29990, Conférence sur la nouvelle norme ISO 29990, La norme ISO 29990:2010 est publiée, La norme internationale sur la formation bientôt publiée, Formation Professionnelle: Avant-projet de norme PR NF ISO 29990.

Logo de l'Agence Régionale de la Formation tout au long de la vie (ARFTLV Poitou-charentes) No fewer than 50 people gathered Dec. 2 at the premises of the ARFTLV in La Rochelle and Jaunay-Clan to attend the meeting devoted to the presentation of ISO 29990.
The leaders of structures, managers or training consultants present were able to discover the specific standard training providers and ask questions to both speakers: Mr. Henri HELL (AFNOR Group Delegation Limousin Poitou-Charentes) and Mr. François GALINOU (Member of the French commission standards in vocational training). More...

17 décembre 2011

L’atelier de l’évaluation - CPRDFP

http://a2.idata.over-blog.com/178x156/1/38/56/33/Logo.jpgAtelier de l’évaluation 2011. Jeudi 8 décembre 2011. CFA Interprofessionnel 32, rue Benjamin Franklin, Châlons-en-Champagne.
Liste des participants
. Documents présentés: Etat des lieux de la mise en place des CPRDFP, Enseignements des PRDF, Régions: Centre - Champagne-Ardenne - Limousin - Poitou-Charentes - Provence-Alpes-Côte d’azur, Présentation des tableaux financiers. L’évaluation des CPRDFP: Orientations et gouvernance des CPRDF, Modalités générales pour le suivi et l’évaluation. Base de données des tableaux financiers des PRDF/CPRDF, en ligne à la rubrique Activités et Outils.Pour information, les Contrats des Plans Régionaux de Développement des Formations Professionnelles (CPRDFP) 2011-2014 ont été signés dans 9 régions: Alsace - Basse-Normandie - Centre - Champagne-Ardenne - Haute-Normandie - Limousin - Lorraine - Nord-Pas-de-Calais - Rhône-Alpes.
Programme
Introduction par le président du Conseil national et par les autorités régionales
Eléments de méthode : 9h45 – 10h30
Présentation par le président de la commission d’évaluation du Conseil national du déroulement de la journée et  des éléments de cadrage:
- Etat des lieux de la mise en place des contrats de plan régionaux de développement des formations professionnelles (CPRDFP);
- Principaux enseignements des évaluations conduites dans le cadre des précédents plans régionaux de développement des formations professionnelles (PRDF);
- Points clés des modalités générales d’évaluation proposées par le Conseil national.
Groupes de travail : 11h – 12h30 et 14h00 – 15h30
Deux groupes de travail en parallèle. Dans chaque groupe de travail, présentation par 2 ou 3 régions des réflexions et des travaux engagés pour la mise en place de l’évaluation de leur CPRDFP et débat avec les participants.
Groupe A/B - Intervenants: Centre, Limousin et Provence Alpes Côte d’Azur - Animateurs: Françoise Amat et Pierre Le Douaron
Groupe C - Intervenants: Champagne-Ardenne et Poitou-Charentes - Animateur: Christophe Usselio La Verna
Restitution et synthèse: 15h30 – 16h30. Présentation de la synthèse des groupes de travail par les animateurs afin de dégager les éléments méthodologiques transférables.
Conclusion: 16h30 – 17h00. Réactions et conclusions par Jacques Freyssinet, Economiste, Professeur émérite à Paris I.
Etat des lieux de la mise en place des CPRDFP au 8 décembre 2011

• 10 CPRDFP ont été signés
• 10 ont été adoptés par l’Assemblée du Conseil régional
– 4 ont arrêté la date d’une signature en décembre
– 6 signature envisagée : fin d’année ou tout début 2012
• Pour les 6 autres :
– 1 CPRDFP a prévu une adoption en décembre par l’Assemblée régionale
– 5 CPRDFP semblent moins avancés et une signature en février 2012 est évoquée
Principaux enjeux des CPRDFP

• Construits dans une période difficile (conséquences de la crise économique et financière de 2008)
⇒ Répondre, par la formation, aux besoins des habitants, des secteurs économiques et des territoires.
⇒ Permettre aux individus de bénéficier d’un 1er niveau de qualification; de servir les besoins des entreprises dans leur recherche de performance et d’innovation et d’adaptation des compétences, …
• Double enjeu, double défi économique et social
– La sécurisation des parcours professionnels : pour tout public en vue de favoriser l'insertion ou le maintien dans l'emploi et la réussite des projets professionnels tout au long de la vie.
– L'anticipation des mutations économiques et le développement des territoires.
La quasi-totalité des CPRDFP est souvent conçu en articulation avec le SRADT et le SRDE = lien nouveau entre Formation – Emploi – Economie.
Les principales priorités communes

Lecture à partir des 10 CPRDFP signés. Il s’agit d’une synthèse des priorités/orientations qui n’entre pas dans la spécificité de chaque contrat.
Moyens d’action

1. Prendre en compte les besoins des territoires, le contexte économique, le marché du travail, les mutations économiques et sociales, les évolutions des métiers et des qualifications
2. Faire évoluer l’offre de formation vers plus de lisibilité et l'adapter aux besoins
3. Mieux coordonner les politiques de formation professionnelle
4. Développer l’expertise et les outils d’observation au service des décideurs
5. Proposer une offre de service d’AIO cohérente et coordonnée tout au long de la vie
Les principales priorités communes
Finalités
5- Construire la sécurisation des parcours professionnels
6- Donner à tous accès à un premier niveau de qualification
7- Faire évoluer l’appareil de formation et veiller à la cohérence entre FI et FI/FC
Evaluation/suivi (CPRDFP signés)

• Tous comportent un volet évaluation/suivi.
• Organisation:
– dans le cadre du CCREFP (structuration en GT ou commission)
– faisant appel aux compétences des « structures d’appui et d’aide à la décision » (CARIF-OREF, …)
– certains évoquent l’appui d’un prestataire extérieur ou à des experts « hors CCREFP ».
• Rapport au temps:
– Evaluation « chemin faisant »
– Suivi annuel (via tableaux de bord de suivi, bilans, recensement des réalisations,…)
– Certains ont séquencé les travaux jusqu’en 2014 (bilans, nombre de présentations, colloques,…).
• 2 « niveaux » d’évaluation
– / objectifs et priorités du CPRDFP (généraux et/ou actions prioritaires)
– La plupart, sur les éléments de la contractualisation => contenu des « fiches actions », « conventions d’application », « conventions de partenariats », …
• « Trois niveaux » d’indicateurs (cas/cas):
• / objectifs et priorités du CPRDFP.
• Plutôt lors de l’écriture des fiches actions (efficacité/efficience; cohérence)
• / autres outils de la contractualisation (COT, COM,…)
• Certains évoquent une actualisation possible au fur et à mesure du suivi et de l’évaluation (objectifs, indicateurs,…) et évoquent une clause de « revoyure » entre décideurs.
http://a2.idata.over-blog.com/178x156/1/38/56/33/Logo.jpg Oceny Workshop 2011. Czwartek, 08 grudzień 2011. CFA Inter 32, rue Benjamin Franklin, Chalons-en-Champagne.
Lista uczestników. referaty: Aktualny stan realizacji CPRDFP, Nauki FDSR, Regiony: Centrum - Szampania-Ardeny - Limousin - Poitou-Charentes - Provence-Alpes-Côte d'Azur, Prezentacja tabel finansowych. Ocena CPRDFP: Wytyczne i zarządzania CPRDF, Ogólne Warunki dla monitorowania i oceny. bazy danych z tabel finansowych FDSR/CPRDF, internetowych oraz sekcji Narzędzia. Informacje umów regionalnych planów Rozwoju Kształcenia Zawodowego (CPRDFP)

2011-2014
zostały podpisane w dziewięciu. Więcej...
17 décembre 2011

Une personne née à l'étranger sur 3 est "surqualifiée"

Logo de l'Agence Régionale de la Formation tout au long de la vie (ARFTLV Poitou-charentes)Selon un communiqué de presse d'Eurostat, en 2008 dans l'UE27, le taux de chômage des personnes âgées de 25 à 54 ans nées à l'étranger était supérieur à celui des natifs du même groupe d'âge (10% contre 6%). Lorsqu'elles travaillent, les personnes nées à l'étranger ont souvent plus de difficultés à trouver un emploi correspondant à leur niveau d'éducation. Cette caractéristique peut être mesurée par le taux de surqualification qui se réfère au pourcentage des travailleurs ayant un niveau d'éducation élevé, c'est-à-dire ayant terminé l'enseignement supérieur, qui occupent des emplois peu ou moyennement qualifiés. Dans l'UE27 en 2008, le taux de surqualification des personnes âgées de 25 à 54 ans nées à l'étranger était supérieur à celui des natifs: 34 % contre 19 %. En France 27% contre 19%.
De même, le taux de chômage des personnes âgées de 25 à 54 ans nées à l'étranger était supérieur à celui des natifs du même groupe d'âge dans tous les États membres pour lesquels les données sont disponibles, à l'exception de la Grèce et de la Hongrie. Des différences particulièrement importantes étaient enregistrées en Belgique (14% pour les personnes nées à l'étranger contre 5% pour les natifs), en Suède (11% et 3%), en Finlande (11% et 5%), en Espagne (15% et 9%), en France (12% et 6%) et en Allemagne (12% et 6%).
Logo de l'Agence Régionale de la Formation tout au long de la vie (ARFTLV Poitou-charentes) Vastavalt pressiteate Eurostati 2008 EL27, töötuse määr inimest vanuses 25-54 välismaal sündinud oli kõrgem kui põliselanike sama vanuserühma (10% võrreldes 6 %). Kui nad töötavad, need sündinud välismaal on sageli raskem tööd leida vastavalt nende haridustasemele. See omadus saab mõõta määra üle kvalifikatsioon, mis viitab protsent töötajate kõrge haridustase, mis tähendab, võttes kõrgharidus, töökohti vähe või keskmise kvalifikatsiooniga. EL27 2008 määra üle kvalifikatsiooni vanuses 25-54 välismaal sündinud oli kõrgem kui põliselanike: 34% võrreldes 19%. Prantsusmaa 27% vastu 19%. Velle...
17 décembre 2011

Lifelong Learning in the South: Critical Issues and Opportunities for Adult Education

http://www.sida.se/ClientUI/Images/sida_logo.gifA report in the Sida Studies series. A critical review of international development initiatives and policy recommendations as to adult education and lifelong learning. The present gap between the North and the South could be overcome and a great potential for poverty reduction and for social and human development could be realised, given that current initiatives are reorientated. Different local experiences around the world are illustrated. The report is a revision of the report Lifelong Learning, New Education Division Documents No. 14, published in May 2003, (2726en). This report is also available in Spanish: Aprendizaje a lo Largo de Todo la Vida (2726es). Download Lifelong Learning in the South Critical Issues and Opportunities for Adult Education.
Lifelong learning has been acknowledged as a need and a principle for education and learning systems worldwide, and is being actively embraced by the North for its own societies. However, the learning needs of adults continue to be sidelined or ignored in recent international development initiatives and education policy recommendations for the South, including Education for All and the Millennium Goals. Rosa María Torres illustrates the need and opportunities for governments, national societies and the international donor community to re-frame the North-South gap and to re-orient education and learning towards social transformation and human development.
Lifelong Learning is activated today as the key organizing principle for education and training systems, and for the building of the “knowledge society” of the 21st century. There is an overall shift in focus from education to learning and from lifelong education to lifelong learning.
This study focuses on adult basic learning needs and adult basic education in the South, within a systemic and holistic approach to education and learning, and with a Human Development perspective. Literacy is viewed as part of basic education, not in isolation, and basic education is understood in a broad sense, far beyond literacy and numeracy. Learning is emphasized over education as the key organizing category and within a lifelong learning framework. Broadly defined, this paper deals with the issue of Basic Learning Needs of Adults for Human Development in the South. We introduce the notion of Adult Basic Learning and Education – as different from Adult Basic Education – to stress the importance of learning both within and beyond educational provision: learning in the family, in the community, at work, with friends, learning through the mass media, libraries, traditional and modern technologies, learning by observing, by doing, by working, by teaching, by participating. The term “adult” is used here as an all-embracing category that includes youth, adults, and the elderly, thus stressing the meaning and value of lifelong learning, across the life span. We maintain that all people, irrespective of age, gender and of the country and zone where they live, have a right to learn and to continue learning and must thus be considered learners and part of the “learning-age population” for basic education/training/learning purposes.
The term South is preferred to that of “developing countries”, while acknowledging the many problems of these and other designations (i.e. “Third World”, “low- and middle-income countries”, “periphery”, “aidreceiving countries”, “partner countries”, etc.). The very notion of “development” is today blurred and distant in most countries labeled such by the international community, in a world context where poverty and inequality continue to grow. We keep the term “developing” as a reminder that the goal continues to be (social, economic, human) development and progress, and that education continues to be, more than ever, decisive for such progress.

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