L’égalité professionnelle, c’est « l’égalité des droits et des chances entre les femmes et les hommes notamment en ce qui concerne l’accès à l’emploi, les conditions de travail, la formation, la qualification, la mobilité, la promotion, l’articulation des temps de vie et la rémunération ». Parce que facteur de performance et de progrès social, l’égalité professionnelle doit être une préoccupation constante dans le fonctionnement quotidien de l’entreprise. Au demeurant, le Code du travail prévoit un certain nombre de principes en la matière et oblige les entreprises de 50 salariés et plus à mettre en place une démarche proactive en faveur de l’égalité professionnelle, sous peine de sanction financière. Inversement, des aides existent afin d’encourager les actions exemplaires en matière de mixité des emplois et d’égalité professionnelle.
Egalité professionnelle - Opcalia
Quel intérêt ?
- Élargir le vivier des candidats à l’emploi et anticiper les pénuries de main-d’œuvre.
- Agir sur les conditions et l’organisation du travail (par exemple, en repensant l’ergonomie des postes ou en mettant en place la mixité professionnelle des tâches).
- Valoriser son image d’employeur (et attirer/fidéliser les salariés) et d’entreprise (auprès des clients, des fournisseurs…).
- Améliorer le climat social et la qualité de vie au travail.
A noter !
L’entreprise peut obtenir le « Label égalité professionnelle » (instruit par l’AFNOR et attribué par une commission nationale paritaire) pour ses actions novatrices dans le domaine de l’égalité professionnelle. En savoir plus : femmes.gouv.fr
Quelles entreprises sont concernées ?
Toutes.
Le Code du travail pose pour principe que tout employeur doit prendre en compte des objectifs d’égalité professionnelle dans ses décisions (art.L.1142-5 du code du travail). Les obligations de non-discrimination et d’affichage (voir ci-dessous) concernent également l’ensemble des employeurs.
En revanche, d’autres obligations s’appliquent sous condition d’effectif.
Quelles obligations ?
Respecter le principe de non-discrimination à l’embauche et dans le déroulement de carrière
Procédure de recrutement, accès à la formation, rémunération, mutation, reclassement, sanction disciplinaire, licenciement… : dans ses décisions, l’employeur ne doit pas opérer de distinction en fonction du sexe de la personne concernée (art. L.1132-1 du code du travail). A défaut, il commet une discrimination, laquelle peut faire l’objet de sanctions pénales (jusqu’à 45 000 € d’amende et 3 ans de prison – art.225-3 du code pénal).
Prévoir un affichage
Quel que soit son effectif, l’entreprise est tenue d’afficher sur les lieux de travail le contenu des articles du Code pénal (à savoir les articles 225-1 à 225-4) prohibant les discriminations (sexuelles et autres) (art. L.1142-6 du code du travail).
Dresser un état des lieux de la situation
Les entreprises de 50 à moins de 300 salariés doivent intégrer dans le rapport sur la situation économique de l’entreprise destiné au comité d’entreprise (ou, à défaut, aux délégués du personnel) les éléments relatifs à la « situation comparée des conditions générales d’emploi et de formation des femmes et des hommes ». Ce rapport est tenu à la disposition de l’inspecteur du travail (art. L.2323-47 du code du travail).
A noter !
Si elle compte de 20 à 49 salariés, l’entreprise peut bénéficier gratuitement d’un « diagnostic égalité professionnelle » produit automatiquement à partir des données déclarées dans la déclaration annuelle des données sociales (DADS). Ce diagnostic permet de mettre en évidence les éventuelles inégalités entre femmes et hommes : absence de femmes sur des postes à responsabilités, surreprésentation des salariées à temps partiel….
Pour en savoir plus, consultez le site www.net-entreprises.fr
Les entreprises de 300 salariés et plus doivent, quant à elle, établir un rapport sur la situation comparée des hommes et des femmes et le transmettre à l’inspecteur du travail (art. L.2323-57 du code du travail).
Créer une commission de l’égalité professionnelle
Les entreprises de 200 salariés et plus doivent installer une commission de l’égalité professionnelle au sein du Comité d’entreprise (art. L.2325-34 du code du travail).
Cette commission est notamment chargée de préparer les délibérations sur le rapport sur la situation comparée des femmes et des hommes.
Agir pour l’égalité professionnelle : négociation ou plan d’action ?
Chaque année, toute entreprise de 50 salariés et plus doit prévoir des mesures en faveur de l’égalité professionnelle.
Ainsi, lorsqu’elle est dotée d’au moins une section syndicale, l’entreprise met l’égalité professionnelle à l’ordre du jour de la négociation annuelle obligatoire (NAO) (art. L.2242-1 du code du travail). Suite...