Blog Educpros de Pierre Dubois. En France, les enquêtes de la DGESIP ne permettent pas de mesurer le devenir professionnel des diplômés du supérieur, et ce pour plusieurs raisons: indicateurs peu pertinents, exclusion des diplômés qui poursuivent des études à un niveau de formation identique ou inférieur, taux de réponses insatisfaisants dans un certain nombre d’universités.
"Ne lisez pas l’enquête Masters 2009". A l’inverse, en Italie, l’enquête annuelle menée par le consortium
AlmaLaurea pour le compte de 61 universités donne des informations détaillées (globalement et université par université) et représentatives (plus de 80% de taux de réponses). Les résultats de la 15ème enquête annuelle ont été diffusés lors de la Conférence du 12 mars tenue à l’université Ca Foscari de Venise (
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"Investire nei giovani: se ne ora quando?". La
synthèse d’Andrea Cammelli, directeur d’AlmaLaurea, révèle une dégradation continue de la situation des diplômés du supérieur sur le marché du travail depuis 2007. 215.000 diplômés 2011 de premier niveau (3 ans) et de second niveau (5 ans) ont été interviewés par téléphone (enquête à un an après l’obtention du diplôme), 65.000 diplômés de 2009 (enquête à trois ans), 40.000 diplômés de 2007 (enquête à 5 ans).
Tous les indicateurs sont au rouge et le sont davantage chaque année depuis 2007. Taux de chômage en hausse: 11,2% pour les diplômés 2007 de 1er niveau et 22,9% pour ceux de 2011, 10,8% pour les diplômés de second niveau en 2007 et 20,7% en 2011 (page 12 de la synthèse).
Deuxième indicateur de dégradation: recul du taux d’emplois stables (moins de 40%, page 14). Troisième indicateur (page 15) : recul du salaire perçu (-18% en 4 ans pour les diplômés de 1er niveau). 4ème indicateur: niveau de revenu faible, même si les chiffres observés sont des revenus après impôt sur le revenu.
Cinq ans après l’obtention du diplôme, le taux de chômage des diplômés de laurea spécialisée (cinq ans d’études) demeure élevé: 8,9% pour l’ensemble des diplômés (page 16). Il varie très fortement d’un « groupe disciplinaire à l’autre: il est faible dans les disciplines de santé, en économie-statistique, en ingénierie; il est supérieur à 15% en agronomie, en lettres, en géologie-biologie (22%). Le revenu mensuel perçu par ceux qui ont un emploi varie également fortement d’une discipline à l’autre: 963 euros pour les diplômés de psychologie, 1.748 pour les diplômés d’ingénierie (page 17).
La situation des diplômés du supérieur est liée à la situation géographique (situation plus dégradée dans l’Italie du sud) et dépend des origines sociales (pages 18 et 19).
Pour rappel. L’Italie a un taux de diplômés du supérieur dans la population active nettement inférieur à celui de la France dans la tranche d’âge des 25-34 ans: 17,6% contre 33,1% selon les données Eurostat (pages 5 et 6 de la synthèse).
Les données d’AlmaLaurea doivent faire réfléchir en urgence. L’Europe ne peut massacrer ses jeunes générations. Le perte de confiance des jeunes à l’égard des diplômes du supérieur est dangereuse pour l’avenir de l’Europe. Les dirigeants politiques et économiques européens, italiens et français en particulier, s’en soucient-ils?
Blog Educpros Pierre Dubois. In France, investigations DGESIP can not measure the career of graduates, and for several reasons: indicators irrelevant, excluding graduates who are pursuing a similar level of training or lower response rates unsatisfactory in a number of universities. "Do not read the survey Masters 2009". More...