La nutrition
Certaines organisations peuvent faire de la nutrition une forme d’alternative pour la santé. La quête de la pureté ou du bien-être, récurrente dans la mouvance sectaire, est souvent utilisée comme moyen d’attirer de nouveaux adeptes. Cette quête requiert dans certains groupes et à travers des méthodes non conventionnelles à visée thérapeutique, la mise en oeuvre de pratiques de détoxination alliant exercice physique, frugalité ou encore jeûne.
Ces pratiques, lorsqu’elles comportent des règles alimentaires déséquilibrées, carencées voire extrêmes, associées au discours sectaire, ont révélé leur redoutable efficacité dans les processus d’emprise mentale ayant conduit, dans certains cas, au suicide ou à une mort prématurée d’adeptes atteints de pathologies engageant le pronostic vital, par refus de protocoles thérapeutiques éprouvés.
La prise en charge des troubles de l’enfant
La prise en charge des troubles psychologiques liés à l’enfance est une porte d’entrée de la dérive sectaire. Des pseudo thérapeutes, « des écoles », des mouvements, entraînent les parents d’enfants atteints de troubles hyperactifs, de dyslexie, dyspraxies, d’autisme, de trisomie, etc., à abandonner les techniques et traitements éprouvés scientifiquement pour des méthodes à visée psychothérapeutique dites « alternatives » qui peuvent conduire la famille entière à une situation d’emprise. Ces méthodes font courir un risque à l’enfant du fait d’un manque de recul et d’études sérieuses disponibles pour les évaluer. Là encore, si elles ne mettent pas toujours directement en danger l’enfant, elles induisent néanmoins une perte de chances vis-à-vis de l’amélioration de leur état de santé et des possibilités réelles et durables de guérison.
Les personnes âgées et les personnes handicapées
Les secteurs du handicap et des personnes âgées constituent, compte tenu de la fragilité et de la vulnérabilité de ces populations, un terrain propice à l’infiltration de mouvements sectaires.
Les risques peuvent se manifester en établissement d’accueil ou au domicile des personnes.
Les patients en fin de vie
La fin de vie et la prise en charge du malade en soins palliatifs peuvent constituer un moment propice à certains mouvements sectaires pour approcher les malades et leur famille. Pour ces organisations il s’agit là d’un moyen d’infiltrer les établissements de santé et certains établissements médico-sociaux.
Ces risques appellent une attention particulière de l’équipe soignante, qui doit de surcroît faire preuve de discernement.
La « psy-thérapie »
La manipulation mentale constitue l’outil privilégié utilisé par les mouvements sectaires. Cette approche utilise diverses techniques présentées comme des moyens de psychothérapie, ou de relation d’aide alors qu’elle ne vise qu’à supprimer tout esprit critique permettant ainsi l’emprise mentale.
De nombreux mouvements et pseudo thérapeutes utilisent divers titres, parmi lesquels celui de psychothérapeute.
Ce titre a permis, grâce à la confiance qu’il suscite la prise en charge de nombreux patients qui furent alors victimes de dérives sectaires. Face à ce risque, le législateur a strictement encadre l’usage de cette qualité en la réservant à des professionnels régulièrement inscrits sur une liste départementale après avoir suivi une formation théorique et pratique de plusieurs mois.
Les établissements de prise en charge de patients confrontés à de troubles psychiatriques sont par ailleurs régulièrement sollicités par certaines organisations qui cherchent à intervenir activement dans le domaine de la psychiatrie afin de dénoncer voire de perturber la mise en œuvre des traitements conventionnels. Il en est de même pour les établissements de soins et de prévention en addictologie. Il convient d’être particulièrement vigilant face à ce type de discours bien rodé mais facilement identifiable.
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Les malades du cancer
Les malades du cancer sont devenus une cible de prédilection pour les mouvements sectaires. Il s’agit d’une maladie très particulière qui pose questionnement : « pourquoi moi ? ». Les traitements conventionnels sont lourds et difficiles, les résultats sont incertains même si d’immenses progrès ont été réalisés. La médecine classique n’a probablement pas suffisamment pris en compte le traitement de la douleur. Dès lors, certains malades peuvent être tentés de recourir à des médecines complémentaires ou alternatives : 75 % des français ont eu recours au moins une fois à des traitements complémentaires ; 4 français sur 10 ont recours aux médecines alternatives dont 60 % parmi les malades de cancer.
Parmi les méthodes alternatives, on trouve de nombreuses pratiques porteuses de dérives sectaires. La MIVILUDES a été confrontée à des cas particulièrement douloureux, dont elle a fait état dans son rapport annuel 2010 (pages 127 à 155), de personnes atteintes de cancer finalement décédées par arrêt des traitements conventionnels dans des conditions humainement très difficiles.
Compte tenu de la gravité de ces situations, elle a également lancé en juin 2011, en lien avec l’institut national du cancer, une campagne de sensibilisation pour alerter de ce risque les malades du cancer et leur famille. Plus...