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Formation Continue du Supérieur
1 avril 2018

Quel est le domaine de la vie professionnelle le plus particulièrement ciblé par les organisations à caractère sectaire ?

MiviludesC’est sans conteste celui de la formation professionnelle. La formation professionnelle, moteur de la « Gestion des  Ressources Humaines » et de l’optimisation des compétences est devenue un vecteur privilégié de pénétration et d’influence des mouvements à caractère sectaire.
Trois enjeux sont à la clef :

  • l’acquisition de ressources financières en vue d’un enrichissement des structures composant l’organisation à caractère sectaire ;
  • l’intrusion dans la vie professionnelle dans le but de recruter de nouveaux adeptes ;
  • la conquête de « parts d’influence » et, à terme, l’accès à des fonctions de décision dans l’entreprise ou l’institution.

On estime aujourd’hui à 10 % la part des formations dites comportementales dont le contenu est sujet à caution et/ou en lien avec un mouvement d’origine sectaire. L’offre de formation dans le domaine de la santé et des pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique (PNCAVT) ne cesse de croître également, alliant un jargon pseudo-médical et une promesse de rémunération gratifiante, dont les risques sur les stagiaires, en termes d’emprise mentale, sont réels. Au total, entre 1 200 et 1 500 organismes de formation professionnelle, sur les 60 000 recensés en France, seraient liés à un groupe à caractère sectaire.
La loi n° 2009-1437 du 24 novembre 2009 relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie a clarifié et a renforcé les moyens donnés aux inspecteurs et contrôleurs du travail spécialisés dans le contrôle de la formation professionnelle.
Compte tenu des enjeux en présence, la Miviludes a édité un guide « savoir déceler les dérives sectaires dans la formation professionnelle ». Plus...

1 avril 2018

Miviludes - FAQ - La vie professionnelle est-elle un lieu de prédilection de l’influence des mouvements sectaires ?

MiviludesOui. Les milieux professionnels (quels qu’ils soient : en entreprise, en administration, en collectivité ou en association, dans le secteur public, privé ou bénévole) sont devenus des cibles des mouvements à caractère sectaire.
Plusieurs raisons à cela :

  • les structures professionnelles sont dotées de budgets convoités par des organismes prestataires de service en lien avec le phénomène ;
  • elles sont des lieux d’influence qui ne laissent pas indifférents les réseaux sectaires ;
  • elles peuvent devenir des terrains d’expérimentation, notamment en matière de management et de gestion ;
  • leur patrimoine d’informations et de données sensibles ou protégées constitue une manne qui suscite l’intérêt de mouvements en quête de progression économique.

Deux facteurs viennent renforcer ce phénomène :  

  • l’accroissement des risques de fragilisation des personnes, en raison des difficultés de la vie et d’aspirations communes au bonheur et à la réussite notamment professionnelle,
  • la pénétration de plus en plus offensive sur les marchés de prestations de service dites « intellectuelles ».

Aujourd’hui, 20% des formations proposées relèvent du comportemental et ont pour ambition d’apporter des méthodes et outils de « savoir être », de « connaissance et affirmation  de soi » et de « prise en charge  par soi-même ». 10 % de ces formations comportementales présenteraient un contenu sujet à caution. Plus...

1 avril 2018

Miviludes - FAQ - Comment reconnaître un charlatan ou un pseudo-thérapeute sectaire ?

MiviludesQuelques éléments de discours véhiculés par des charlatans de la santé ou des pseudo-thérapeutes, issus de signalements parvenus à la Miviludes, permettent d’alerter sur la dangerosité des méthodes pratiquées et sur l’existence d’un risque de dérive de nature sectaire.
Cette liste n’est pas exhaustive mais correspond aux propos les plus couramment observés. Il convient dès lors d’être particulièrement vigilant dès lors que votre interlocuteur :

  • dénigre la médecine conventionnelle ou les traitements proposés par l’équipe médicale qualifiée qui vous prend en charge ;
  • vous incite à arrêter ces traitements ;
  • vous promet une guérison miracle là où la conventionnelle aurait échoué ;
  • met en valeur des bienfaits impossibles à mesurer, comme « améliorer son karma » ou « la circulation des énergies internes » ;
  • vous demande de vous engager en réglant à l’avance un certain nombre de séances ;
  • vous propose des séances gratuites pour essayer telle ou telle méthode ;
  • vous recommande l’achat d’appareils censés capter les énergies négatives ou de produits présentés comme miraculeux, souvent à des prix exorbitants, non remboursés par la Sécurité sociale ;
  • vous promet une prise en charge globale qui prétend agir par une même technique sur le mental, le physique, voire sur toutes sortes de troubles ;
  • vous présente une nouvelle vision du monde en utilisant des termes tels que : ondes cosmiques, cycles lunaires, dimension vibratoire, purification, énergies, cosmos, conscience…
  • utilise un langage pseudo-scientifique très complexe ou au contraire, prétend avoir découvert un principe d’action extrêmement simple ;
  • vous incite à vous couper de votre famille, de votre médecin, de votre entourage, pour favoriser votre guérison. Plus...
1 avril 2018

Miviludes - FAQ - Comment peut-on être approché par un gourou thérapeutique ?

MiviludesLe message de l’organisation sectaire ne sera jamais: « Nous sommes une organisation sectaire, mais nous allons vous aider ». Le discours sera fondé sur des moyens d’approche plus subtils qui dissimulent l’appartenance à un mouvement à risque. Très variés, ces discours sont souvent reconnaissables :

  • approche séduisante pour une offre de développement personnel, de spiritualité, de thérapie ;
  • promesse de perfectionnement personnel, de bonheur, d’amitié fraternelle ;
  • réconfort dans l’adversité ;
  • promesse de guérison par des médecines « parallèles » et « indolores »…

Ce n’est jamais le malade qui va vers le mouvement sectaire, mais c’est ce dernier qui vient vers lui, par différents procédés :

  • le bouche-à-oreille ;
  • la présence sur des forums ou des sites Internet ;
  • l’envoi de prospectus à domicile ou leur diffusion dans certains magasins alimentaires ou de bien-être ;
  • des publications invitant à prendre contact avec tel centre de psychothérapie ou de remise en forme ;
  • une publicité ou messages diffusés dans certains forums ou salons de santé et/ou de bien-être.

A la phase d’approche va succéder la phase de séduction où le pseudo-thérapeute va vanter les mérites de sa technique (souvent indolores) par rapport à ceux de la médecine classique.
L’environnement sectaire est présenté comme étant chaleureux, familial, parfois proche de la nature et de considérations « environnementales » permettant « un retour aux sources ».
Vient ensuite la phase de soumission : grâce à son offre de pseudo soin, le thérapeute sectaire va exercer petit à petit une véritable emprise mentale sur son « patient ». Il va progressivement lui demander des sommes de plus en plus exorbitantes, le convaincre de participer à des conférences, séminaires, retraites, cures…, parfois organisées à l’étranger. L’arrêt définitif du traitement conventionnel suit souvent cette phase. En cas de mise en cause de ses méthodes par les proches de la victime, il parviendra même à obtenir la rupture avec le milieu familial, amical ou professionnel de cette dernière.  C’est la dépendance totale. Plus...

1 avril 2018

Miviludes - FAQ - Quelles sont les situations les plus à risque ?

MiviludesLa nutrition
Certaines organisations peuvent faire de la nutrition une forme d’alternative pour la santé. La quête de la pureté ou du bien-être, récurrente dans la mouvance sectaire, est souvent utilisée comme moyen d’attirer de nouveaux adeptes. Cette quête requiert dans certains groupes et à travers des méthodes non conventionnelles à visée thérapeutique, la mise en oeuvre de pratiques de détoxination alliant exercice physique, frugalité ou encore jeûne.
Ces pratiques, lorsqu’elles comportent des règles alimentaires déséquilibrées, carencées voire extrêmes, associées au discours sectaire, ont révélé leur redoutable efficacité dans les processus d’emprise mentale ayant conduit, dans certains cas, au suicide ou à une mort prématurée d’adeptes atteints de pathologies engageant le pronostic vital, par refus de protocoles thérapeutiques éprouvés.

La prise en charge des troubles de l’enfant
La prise en charge des troubles psychologiques liés à l’enfance est une porte d’entrée de la dérive sectaire. Des pseudo thérapeutes, « des écoles », des mouvements, entraînent les parents d’enfants atteints de troubles hyperactifs, de dyslexie, dyspraxies, d’autisme, de trisomie, etc., à abandonner les techniques et traitements éprouvés scientifiquement pour des méthodes à visée psychothérapeutique dites « alternatives » qui peuvent conduire la famille entière à une situation d’emprise. Ces méthodes font courir un risque à l’enfant du fait d’un manque de recul et d’études sérieuses disponibles pour les évaluer. Là encore, si elles ne mettent pas toujours directement en danger l’enfant, elles induisent néanmoins une perte de chances vis-à-vis de l’amélioration de leur état de santé et des possibilités réelles et durables de guérison.

Les personnes âgées et les personnes handicapées
Les secteurs du handicap et des personnes âgées constituent, compte tenu de la fragilité et de la vulnérabilité de ces populations, un terrain propice à l’infiltration de mouvements sectaires.
Les risques peuvent se manifester en établissement d’accueil ou au domicile des personnes.

Les patients en fin de vie
La fin de vie et la prise en charge du malade en soins palliatifs peuvent constituer un moment  propice à certains mouvements sectaires pour approcher les malades et leur famille. Pour ces organisations il s’agit là d’un moyen d’infiltrer les établissements de santé et certains établissements médico-sociaux.
Ces risques appellent une attention particulière de l’équipe soignante, qui doit  de surcroît faire preuve de discernement.

La « psy-thérapie »
La manipulation mentale constitue l’outil privilégié utilisé par les mouvements sectaires. Cette approche utilise diverses techniques présentées comme des moyens de psychothérapie, ou de relation d’aide alors qu’elle ne vise qu’à supprimer tout esprit critique permettant ainsi l’emprise mentale.
De nombreux mouvements et pseudo thérapeutes utilisent divers titres, parmi lesquels celui de psychothérapeute.
Ce titre a permis, grâce à la confiance qu’il suscite la prise en charge de nombreux patients qui furent alors victimes de dérives sectaires. Face à ce risque, le législateur a strictement encadre l’usage de cette qualité en la réservant à des professionnels régulièrement inscrits sur une liste départementale après avoir suivi une formation théorique et pratique de plusieurs mois.
Les établissements de prise en charge de patients confrontés à de troubles psychiatriques sont par ailleurs régulièrement sollicités par certaines organisations qui cherchent à intervenir activement dans le domaine de la psychiatrie afin de dénoncer voire de perturber la mise en œuvre des traitements conventionnels. Il en est de même pour les établissements de soins et de prévention en addictologie. Il convient d’être particulièrement vigilant face à ce type de discours bien rodé mais facilement identifiable.
En savoir plus

Les malades du cancer
Les malades du cancer sont devenus une cible de prédilection pour les mouvements sectaires. Il s’agit d’une maladie très particulière qui pose questionnement : « pourquoi moi ? ». Les traitements conventionnels sont lourds et difficiles, les résultats sont incertains même si d’immenses progrès ont été réalisés. La médecine classique n’a probablement pas suffisamment pris en compte le traitement de la douleur. Dès lors, certains malades peuvent être tentés de recourir à des médecines complémentaires ou alternatives : 75 % des français ont eu recours au moins une fois à des traitements complémentaires ; 4 français sur 10 ont recours aux médecines alternatives dont 60 % parmi les malades de cancer.
Parmi les méthodes alternatives, on trouve de nombreuses pratiques porteuses de dérives sectaires. La MIVILUDES a été confrontée à des cas particulièrement douloureux, dont elle a fait état dans son rapport annuel 2010 (pages 127 à 155), de personnes atteintes de cancer finalement décédées par arrêt des traitements conventionnels dans des conditions humainement très difficiles.
Compte tenu de la gravité de ces situations, elle a également lancé en juin 2011, en lien avec l’institut national du cancer, une campagne de sensibilisation pour alerter de ce risque les malades du cancer et leur famille. Plus...

1 avril 2018

Miviludes - FAQ - Quelle est la différence entre dérive thérapeutique et dérive sectaire ?

Miviludes Si la maladie est un point d’entrée privilégié pour les mouvements à caractère sectaire, toute dérive thérapeutique n’est pas forcément sectaire.

Les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique sont très différentes les unes des autres, tant par les techniques employées que par les fondements théoriques ou les références idéologiques invoquées. Leur point commun est de ne pas être reconnues, au plan scientifique, par la médecine conventionnelle et donc de ne pas être enseignées au cours de la formation initiale des professionnels de santé.

La dérive thérapeutique devient sectaire lorsqu’elle essaie de faire adhérer le patient à une croyance, à un nouveau mode de pensée. Prétextant l’inutilité des traitements conventionnels, le pseudo-praticien va demander au patient d’avoir toute confiance en lui car lui seul détient la méthode « miracle » apte à le guérir. Le gourou thérapeutique propose non seulement de soigner, mais aussi de vivre autrement. Il se présente comme le détenteur d’une vérité. Tous ceux qui se mettent en travers de son chemin sont accusés soit de retarder la guérison, soit même d’en être à l’origine, d’où la rupture du malade avec ses proches et ses amis. Isolé, ce dernier va se retrouver encore plus facilement sous la coupe du « dérapeute » qui va l’amener progressivement dans un processus d’adhésion inconditionnelle à sa méthode, en lui proposant la vente d’ouvrages, la participation à des stages payants ou à des retraites coûteuses, le plus souvent à l’étranger, voire en l’orientant vers d’autres praticiens déviants.

La dérive thérapeutique à caractère sectaire s’accompagne donc d’un mécanisme d’emprise mentale destiné à ôter toute capacité de discernement au malade et à l’amener à prendre des décisions qu’il n’aurait pas prises autrement. Plus...

1 avril 2018

Miviludes - FAQ - La santé est-elle exposée aux dérives sectaires ?

Miviludes OUI.

Les promesses et recettes de guérison, de bien-être et de développement personnel sont au cœur des pratiques à risque de dérives sectaires, qu’elles émanent de groupes structurés à dimension transnationale ou de la multitude de mouvements éclatés en réseaux ramifiés, constitués le plus souvent autour d’une poignée d’adeptes.
Aujourd’hui :

  • 4 français sur 10 ont recours aux médecines dites alternatives, dont 60 % parmi les malades du cancer,
  • il existe plus de 400 pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique,
  • on dénombre 1 800 structures d’enseignements ou de formation « à risques » dans le domaine de la santé,
  • 4 000 « psychothérapeutes » autoproclamés n’ont suivi aucune formation et ne sont inscrits sur aucun registre.
  • on évalue à plus de 800 le nombre de kinésiologues, à près de 200 le nombre de « bio-décodeurs »…
  • quelques 3 000 médecins seraient en lien avec la mouvance sectaire.

Les dangers et les dérives du marché alternatif de la guérison et du bien-être tiennent notamment à l’absence d’évaluation indépendante et rigoureuse des méthodes et des formations qui excluent explicitement ou de fait les pratiques conventionnelles médicales.
Le dynamisme aguerri de ces groupes s’affirme : promotion par le recours à Internet, participation à de nombreuses manifestations (colloques, salons…), diffusion de produits complémentaires thérapeutiques par le système des ventes pyramidales, protection des labels, invention d’ « ordres » pseudo-professionnels ….
De nouvelles tendances à risque répondant aux critères d’emprise sectaire apparaissent, opportunément liées aux préoccupations d’ordre environnemental ou écologique.
Cette offre complexe et évolutive génère des situations humainement douloureuses.
A ce jour, les dérives sectaires dans le domaine de la santé représentent près de 25 % de l’ensemble des signalements reçus à la MIVILUDES. Plus...

1 avril 2018

Je suis un professionnel de l'enfance et de l'éducation et je soupçonne qu'un enfant est victime de dérive sectaire. Que puis-je

Miviludes La situation d’un mineur en danger
Dans une perspective d’élargissement des actions de prévention et des procédures de repérage et de signalement des mineurs en danger, la notion de « danger » a été préférée par la loi du 5 mars 2007 à celle, plus limitée, de maltraitance. Cet usage a permis de donner plus de cohérence aux missions respectives des autorités administrative et judiciaire puisque le danger, qui intègre, outre le concept de « mauvais traitement », la dimension du risque, est désormais l’unique critère retenu dans le Code civil et le Code de l’action sociale et des familles pour justifier la mise en œuvre d’une intervention de protection sociale ou judiciaire.
La situation d’un mineur en danger ne se limite donc pas à des cas de maltraitance avérés mais implique la prise en compte d’un risque potentiel dans le cadre d’une prévention nécessaire. Il y a risque lorsque les mineurs sont exposés à des conditions d’existence susceptibles de mettre en danger leur santé, leur sécurité, leur moralité ou leur éducation.
Aussi, dans le cadre de la protection des mineurs contre le phénomène sectaire, la notion de danger suppose de tenir compte à la fois du risque et de la maltraitance, autrement dit de tenir compte à la fois du contexte sectaire et de la dérive sectaire avérée. La vigilance doit donc porter tant sur le contexte sectaire favorable à l’émergence d’une dérive sectaire que sur la dérive sectaire elle-même, lorsqu’elle est constatée.

Repérer la dérive sectaire
Une dérive sectaire se caractérise par la mise en œuvre de pressions ou de techniques ayant pour but ou pour effet de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, à l’origine de dommages pour cette personne ou pour la société. Quand il s’agit de mineurs, cette sujétion psychologique est d’autant plus difficile à déceler qu’un enfant est nécessairement dans une situation de dépendance à son environnement et court le risque, bien souvent, d’être une victime inaudible et invisible du fait de l’enfermement symbolique ou effectif dans lequel il se trouve. Il est de la responsabilité des adultes en charge de mineurs d’évaluer la situation vécue par l’enfant afin de déterminer si celle-ci est contraire à ses droits et néfaste à son éducation et à son épanouissement présent et futur.
On distingue trois types de situation où un mineur court un risque : l’enfant de parents adeptes, l’enfant pris en charge par un praticien déviant et l’adolescent séduit par le discours alternatif et absolu d’une personne ou d’un groupe. Vous trouverez dans le guide La protection des mineurs contre les dérives sectaires un exposé détaillé de ces situations ainsi que des tableaux d’indices du risque permettant d’évaluer le risque selon la spécificité d’une situation.
De manière générale, l’estimation de la dangerosité  prend appui sur la concordance de certains critères tels l’isolement et la désocialisation de l’enfant ; les atteintes physiques ; le régime alimentaire carencé ; la rupture du suivi thérapeutique et la privation de soins conventionnels ; la déscolarisation ; le changement important du comportement de l’enfant ; l’embrigadement ; le discours stéréotypé ou absence d’expression autonome.

La conduite à tenir
Le risque sectaire ne peut être appréhendé par un professionnel isolé et limité dans son jugement par des informations parcellaires. Un juste diagnostic n’est possible que dans l’interdisciplinarité de différents acteurs capables de croiser leurs regards et leurs compétences afin d’établir un faisceau d’indices concordants et significatifs, aussi le partage d’informations entre les personnels concernés par la prise en charge du mineur s’avère-t-il essentiel. La loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance a permis de consacrer législativement la notion de secret partagé. En instaurant, par l’article 226-2-2 du code de l’action sociale et des familles, une exception à l’article 226-13 du code pénal, elle autorise désormais les professionnels de la protection de l’enfance à échanger des informations confidentielles afin d’améliorer la prise en charge des mineurs (notion de secret partagé).
L’obligation de signalement s’impose à tout citoyen qui aurait connaissance de « privations, mauvais traitements ou atteintes sexuelles infligés à un mineur de quinze ans » en vertu de l’article 434-3 du Code pénal. Elle s’impose particulièrement aux personnels de l’éducation nationale qui, dans l’exercice de leurs fonctions, auraient connaissance d’un crime ou d’un délit, selon l’article 40 du Code de procédure pénale ; aux personnels des services de la protection maternelle et infantile et de l’Aide sociale à l’enfance, aux travailleurs sociaux qui disposeraient d’informations préoccupantes sur un mineur en danger ou risquant de l’être, selon l’article L. 226-2-1 du Code de l’action sociale et des familles ; aux médecins et infirmiers, de par leur déontologie.
Le guide La protection des mineurs contre les dérives sectaires présente les démarches à suivre pour constituer un signalement et l’adresser, selon qu’il s’agit d’une situation de maltraitance effective d’un mineur ou d’une situation à risque au sens de l’article 375 du code civil, à l’autorité judiciaire, à l’autorité médicale ou au président du Conseil Général. Plus...

1 avril 2018

Je souhaite inscrire mon enfant dans une association / une école privée ; comment m’assurer qu’elle ne représente pas un risque

Miviludes S’informer
Il est nécessaire de s’informer auprès du groupement lui-même sur ses références et sur la qualification de ses dirigeants.     
Une association doit avoir fait l’objet d’une déclaration au préfet du département où elle a son siège. Cette déclaration doit être publiée au Journal officiel.     
Les intervenants comme les encadrants doivent posséder des diplômes français et/ou des qualifications leur permettant de pratiquer leur activité.     
Il vaut mieux donner la priorité à des associations ayant été agréées par le ministère de la Jeunesse et des Sports car la procédure d’agrément est juridiquement encadrée. Cet agrément porte essentiellement sur le fonctionnement et le gouvernement démocratique de l’association (désignation de ses dirigeants et rôle de l’assemblée générale des adhérents).     
Attention, une activité ou stage dans une salle de mairie, par exemple, n’est pas un gage de sérieux car certains organismes peuvent louer des locaux sans dire exactement qui ils sont.   

Les indices qui doivent éveiller la vigilance
Le discernement nécessaire à une approche mesurée du risque sectaire suppose de réfléchir en termes de faisceaux de questions et non de se focaliser sur un indice isolé de tout contexte familial, social et éducatif.

  • L’éducateur ou la personne en charge de l’enfant le qualifie-t-il de « spécial » ou le dévalorise-t-il de manière répétée ?
  • L’éducateur ou la personne en charge de l’enfant se livre-t-elle à un prosélytisme à son égard en dehors du cadre éducatif posé par les parents?
  • Le discours de l’éducateur sort-il du cadre du contenu de la matière enseignée ou du type d’activités habituellement mises en œuvre dans tel ou tel contexte éducatif ou d’accueil ?
  • Le discours de l’éducateur va-t-il à l’encontre des données scientifiques (biologiques, physiques, géologiques, astronomiques) objectivement avérées et habituellement enseignées ?
  • L’association développe-t-elle un discours « totalisant » voire exclusif à l’égard des mineurs ? De quel type d’agrément dispose-t-elle (départemental, national) ?
  • L’éducateur ou l’association propose-t-elle aux mineurs, et à leurs parents, de participer à des stages hors du cadre scolaire ?
  • Les enfants fournissent-ils une activité non conforme au projet éducatif de l’association ?
  • Les conditions d’accueil, de logement et d’alimentation présentent-elles des anomalies susceptibles de mettre en danger les mineurs ?
  • L’association s’articule-t-elle autour du développement du potentiel de l’enfant ? Utilise-t-elle des techniques éducatives non évaluées ?
  • L’association développe-t-elle un discours « totalisant » voire exclusif ?

Le comportement à avoir, les personnes à qui s’adresser
En cas de doute, ne pas attendre qu’il soit trop tard pour interroger la MIVILUDES, les autres acteurs institutionnels ou les associations de votre région. Plus...

1 avril 2018

Miviludes - Mon enfant semble séduit par un discours ou un mouvement à caractère sectaire, que puis-je faire pour le protéger ?

Miviludes La vulnérabilité de l’adolescent
Les parents peuvent se trouver démunis lorsque leur enfant, au début de l’adolescence ou plus tard, est approché par un mouvement ou une personne à l’occasion d’un stage, d’une activité bénévole, d’une pratique culturelle ou sportive, par l’usage d’Internet ou aux abords de son établissement scolaire. L’adolescent peut alors être séduit par un discours remettant en question ses repères sociaux, culturels et familiaux et se trouver happé par des pratiques qui vont l’éloigner peu à peu de sa famille, le mener à un échec scolaire, le désocialiser voire le conduire à commettre des actes de violence vis-à-vis de lui-même ou d’autrui.

Les indices qui doivent éveiller la vigilance
Le repérage d’une situation à risque peut être rendu plus difficile du fait de la proximité affective des parents et de leur enfant et de l’âge particulier qui est celui de l’adolescence : en effet, les parents peuvent mettre sur le compte de la « crise de l’adolescence » ou de conflits intrafamiliaux ce qui, en fait, relève bien d’une situation d’emprise. Inversement, ils peuvent être tentés d’interpréter de réels problèmes relationnels sur la base d’une emprise sectaire supposée.
Les indices qui suivent doivent donc permettre de guider de la manière la plus objective possible le diagnostic de risque de dérive sectaire, sachant que seule la présence de plusieurs indices est significative et qu’une situation à risque n’est pas nécessairement une situation de dérive avérée : il s’agit de prendre à temps les mesures adéquates dans une perspective de prévention :

  • L’adolescent a-t-il brusquement changé de comportement voire de tenue vestimentaire ? Par exemple, se mure-t-il dans le silence alors qu’il était ordinairement volubile ?
  • L’adolescent répète-t-il presque mécaniquement un discours semblant offrir une explication totale du monde et la solution à tous les problèmes que rencontre l’humanité ?
  • Remet-il systématiquement en cause le contenu de son enseignement scolaire à l’aune de théories « totalisantes » et exclusives ? Devient-il sujet à l’absentéisme scolaire ?
  • Refuse-t-il systématiquement de fréquenter des camarades qui ne partagent pas ses points de vue ? Semble-t-il en voie de désocialisation ?
  • Adopte-t-il des pratiques alimentaires dangereuses et carencées pour des raisons idéologiques ?
  • A-t-il des besoins d’argent subits et disproportionnés ?
  • Ses changements comportementaux importants coïncident-ils avec la rencontre d’un adulte à l’occasion d’un stage, d’une activité bénévole, associative ou sportive ; ou avec son intégration dans un nouveau groupe d’amis, sans lien avec ses fréquentations habituelles?
  • Ses changements coïncident-ils avec une utilisation excessive – plus de 6 h par jour – d’Internet, notamment par le biais de la fréquentation de blogs ou de sites web dont le contenu (discours absolus, « totalisants » et exclusifs, apologie de pratiques dangereuses, remise en question des principes républicains, etc.) peut paraître préoccupant ?

Le comportement à avoir, les personnes à qui s’adresser
En cas de suspicion de risque de dérive sectaire ou même d’emprise effective sur l’adolescent, l’attitude à adopter consiste à tenter au mieux de maintenir un lien familial affectueux et tolérant. Tout rejet de la part des parents n’aura pour effet que d’enraciner davantage l’adolescent dans ses croyances et ses pratiques à risque. L’essentiel est de maintenir la famille dans son statut de refuge affectif et de repère identitaire et cela afin de faire contrepoids à l’éventuelle emprise qu’un mouvement exercerait sur l’adolescent.
L’écoute et le dialogue sont primordiaux : les parents doivent éviter de remettre en question directement les opinions ou convictions de l’adolescent (éviter de les qualifier de « sectaires » ou d’utiliser des termes péjoratifs à leur égard) sans s’interdire néanmoins d’en discuter ni s’interdire également d’être ferme en cas d’actes irrespectueux ou dangereux. Plus...

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