Dans le prolongement de la déclaration de la Sorbonne, signée par les ministres français, italien, allemand et britannique en charge de l’enseignement supérieur en 1998, la déclaration de Bologne, signée un an plus tard par 29 Etats européens, lance un Processus de convergence entre leurs systèmes d’enseignement supérieur. Ce processus est initié sur la base de l’approfondissement de leur comparabilité et compatibilité, et de recommandations autour de plusieurs objectifs : structuration en deux cycles de Licence/Bachelor et Master, système de transfert de crédits, promotion de la mobilité des étudiants et des enseignants chercheurs...En 2001, la Conférence ministérielle de Prague, inscrit de nouveaux objectifs et axes de travail : la formation tout au long de la vie et le rôle des étudiants comme acteurs du Processus. Alors que se préparait l’intégration dans l’Union européenne de pays d’Europe de l’Est, elle affirme l’engagement des Etats signataires à établir un espace européen de l’enseignement supérieur d’ici 2010.
Au fil des Conférences ministérielles suivantes, d’autres objectifs et axes de travail sont introduits, en particulier lors des deux Conférences qui ont suivi celle de Prague :
- l’introduction de la démarche qualité au niveau national et institutionnel et la prise en compte du doctorat comme d’un 3ème cycle, le cadre européen de qualification et le renforcement des liens entre les espaces européens de l’enseignement supérieur et de la recherche par le rapprochement entre formation et recherche (Berlin, 2003),
- le renforcement de la dimension sociale, l’adoption de standards pour la démarche qualité, l’engagement pour l’élaboration de cadres nationaux de qualifications, et les progrès à engager pour la délivrance et reconnaissance du supplément au diplôme (Bergen, 2005).
Tandis que la Conférence de Londres (2007) a consacré l’essentiel de ses recommandations à approfondir ou élargir les objectifs déjà fixés en vue de progresser vers l’Espace européen de l’enseignement supérieur (EEES), celle de Louvain-la-Neuve (2009) a fait le point sur les réalisations du Processus de Bologne et fixé les priorités pour l’EEES pour la décennie suivante, jusqu’en 2020. Durant cette décennie, l’EEES aura apporté « une contribution majeure dans la réalisation d’une Europe de la connaissance hautement créative et innovante » ; il parachèvera et consolidera la mise en œuvre des objectifs fixés précédemment par le Processus de Bologne et définira les priorités de la formation pour le futur. La Conférence de Louvain fixe les grandes modalités du mandat confié aux parties prenantes du Processus de Bologne et du Bologna Follow up Group jusqu’en 2020. La Conférence de Budapest - Vienne de 2010 a acté le lancement de l’EEES tel qu’il avait été envisagé par la déclaration de Bologne.
Les Conférences ministérielles qu’avait programmées le Conférence de Louvain-la-Neuve se sont inscrites dans la double continuité du Processus de Bologne et de l’Espace européen de l’enseignement supérieur auquel ce Processus a donné le jour en 2010, comme l’illustre la présentation conjointe de leur deux logos à compter de la conférence de Bucarest en 2012.
Au-delà des 29 Etats signataires de la déclaration de Bologne en 1999, d’autres Etats, par ailleurs signataires de la Convention culturelle européenne de 1954, se sont engagés dans ce Processus dans les années qui ont suivi.
2001 : Chypre, Croatie, Liechtenstein, Turquie
2003 : Andorre, Albanie, Bosnie Herzégovine, Fédération de Russie, République de Macédoine, Saint-Siège*, Serbie-Monténégro
2005 : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Moldavie, Ukraine
2007 : Monténégro (devenu indépendant en 2006)
2010 : Kazakhstan*
2015 : Biélorussie*
* Ces pays, signataires de la Convention culturelle européenne ne sont pas, à la différence de tous les autres, membres du Conseil de l’Europe.