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17 novembre 2019

L’inscription de l’abolition dans la Constitution et la ratification des protocoles de New-York et de Vilnius en 2007

Accueil - Vie PubliqueLe 3 janvier 2006, dans son allocution en réponse aux vœux du Conseil constitutionnel, Jacques Chirac annonce son intention d’engager le processus de la révision de la Constitution :

"Je voudrais aussi revenir aujourd'hui sur votre décision du 13 octobre dernier portant notamment sur le 2e Protocole facultatif du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort.
Vous avez estimé que sa ratification exigerait une révision de la Constitution.
J’ai décidé d’engager ce processus. Une telle révision, en inscrivant solennellement dans notre Constitution que la peine de mort est abolie en toutes circonstances, consacrera l’engagement de la France. Elle témoignera avec force de notre attachement aux valeurs de la dignité humaine.
"

Le 17 janvier 2007, le projet de loi constitutionnelle est présenté en conseil des ministres. Il est adopté le 19 février 2007 par le Parlement réuni en Congrès à Versailles. La loi constitutionnelle relative à l’interdiction de la peine de mort(nouvelle fenêtre) est promulguée le 23 février. Elle comprend un seul article.

Article unique

Il est ajouté au titre VIII de la Constitution un article 66-1 ainsi rédigé :

 « Art. 66-1. – Nul ne peut être condamné à la peine de mort. »

En 2007, la France rejoint ainsi le groupe des 18 pays européens à inscrire la prohibition de la peine de mort dans leur Constitution.

La révision constitutionnelle élève au sommet de la hiérarchie des normes l’abolition de la peine de mort. Elle permet à la France de ratifier, le 2 octobre 2007, le 2e protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 15 décembre 1989, visant à abolir la peine de mort.(nouvelle fenêtre) Ce protocole complète le Pacte international sur les droits civils et politiques du 16 décembre 1966, dit Pacte de New York, dont l’article 6 limitait la possibilité d’appliquer la peine de mort aux crimes les plus graves.

Deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort


Adopté et proclamé par l’Assemblée générale dans sa résolution 44/128 du 15 décembre 1989

-extrait-

Les États parties au présent Protocole,

Convaincus que l’abolition de la peine de mort contribue à promouvoir la dignité humaine et le développement progressif des droits de l'homme,

Rappelant l'article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée le 10 décembre 1948, ainsi que l’article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté le 16 décembre 1966,

Notant que l’article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques se réfère à l’abolition de la peine de mort en des termes qui suggèrent sans ambiguïté que l’abolition de cette peine est souhaitable,

Convaincus que toutes les mesures prises touchant l’abolition de la peine de mort doivent être considérées comme un progrès quant à la jouissance du droit à la vie,

Désireux de prendre, par le présent Protocole, l’engagement international d'abolir la peine de mort,

Sont convenus de ce qui suit :

Article premier
1. Aucune personne relevant de la juridiction d’un État partie au présent Protocole ne sera exécutée.

2. Chaque État partie prendra toutes les mesures voulues pour abolir la peine de mort dans le ressort de sa juridiction.
...

Article 6
1. Les dispositions du présent Protocole s’appliquent en tant que dispositions additionnelles du Pacte.

2. Sans préjudice de la possibilité de formuler la réserve prévue à l'article 2 du présent Protocole, le droit garanti au paragraphe 1 de l’article premier du présent Protocole ne peut faire l’objet d’aucune des dérogations visées à l'article 4 du Pacte.

Quelques jours plus tard, le 10 octobre 2007, la France ratifie également le protocole n°13 à la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales(nouvelle fenêtre) du 3 mai 2002 relatif à l’abolition de la peine de mort en toutes circonstances. Ce protocole fait suite au protocole n°6 de la CEDH du 28 avril 1983.
Son exposé des motifs indique qu’il a pour objet de "faire le pas ultime afin d’abolir la peine de mort en toutes circonstances".

Protocole n°13 à la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales, relatif à l’abolition de la peine de mort en toutes circonstances

-extrait-  

Les États membres du Conseil de l’Europe, signataires du présent Protocole,

Convaincus que le droit de toute personne à la vie est une valeur fondamentale dans une société démocratique, et que l’abolition de la peine de mort est essentielle à la protection de ce droit et à la pleine reconnaissance de la dignité inhérente à tous les êtres humains ;

Souhaitant renforcer la protection du droit à la vie garanti par la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales signée à Rome le 4 novembre 1950 (ci-après dénommée « la Convention ») ;

Notant que le Protocole n°6 à la Convention concernant l’abolition de la peine de mort, signé à Strasbourg le 28 avril 1983, n’exclut pas la peine de mort pour des actes commis en temps de guerre ou de danger imminent de guerre ;

Résolus à faire le pas ultime afin d’abolir la peine de mort en toutes circonstances,

Sont convenus de ce qui suit :

Article 1 – Abolition de la peine de mort
La peine de mort est abolie. Nul ne peut être condamné à une telle peine ni exécuté.

Article 2 – Interdiction de dérogations
Aucune dérogation n’est autorisée aux dispositions du présent Protocole au titre de l’article 15 de la Convention.

Article 3 – Interdiction de réserves
Aucune réserve n’est admise aux dispositions du présent Protocole au titre de l’article 57 de la Convention. Plus...

17 novembre 2019

La ratification du protocole n°6 à la CEDH sur l’abolition en temps de paix en 1986

Accueil - Vie PubliqueLe 28 avril 1983, la France signe le protocole n°6 additionnel à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH). Ce protocole fait de l’abolition de la peine de mort une obligation juridique pour les États signataires de la Convention européenne des droits de l’homme.
La loi autorisant sa ratification est définitivement adoptée par l'Assemblée nationale le 20 décembre 1985 et promulguée le 31 décembre 1985.
Grâce à cette ratification, l’abolition se voit conférer la force d’un engagement international qui lui donne un caractère quasi irréversible.
Toutefois, ce protocole autorise les États membres du Conseil de l’Europe à prévoir dans leur législation la peine de mort en temps de guerre. Le maintien d’une telle exception va à l’encontre de la volonté internationale de l’époque d’une abolition totale de la peine de mort dans le monde.
C’est ainsi que deux nouveaux protocoles, interdisant pleinement la peine de mort, sont adoptés par l’Assemblée générale des Nations unies le 15 décembre 1989 à New York et par le Conseil de l’Europe le 3 mai 2002 à Vilnius. La France entend ratifier ces deux instruments en vue d’œuvrer pour l’abolition universelle. Toutefois, pour ratifier le protocole de New York qui ne peut être dénoncé, le Conseil constitutionnel, saisi par le président de la République, Jacques Chirac, juge le 13 octobre 2005 que la Constitution doit être révisée afin d’y inscrire l’interdiction de la peine de mort. La révision constitutionnelle a lieu en 2007. Plus...
17 novembre 2019

Le renforcement de l’abolition après 1981 et son inscription dans la Constitution en 2007

Accueil - Vie PubliqueAprès la loi du 9 octobre 1981, l’abolition de la peine de mort est confirmée et sa valeur juridique renforcée par la ratification de plusieurs protocoles internationaux et par son inscription dans la Constitution en 2007. L’abolition devient ainsi irréversible. Plus...
17 novembre 2019

Faits et chiffres marquants sur la peine de mort en 2017

Accueil - Vie PubliqueSelon le dernier rapport d’Amnesty International sur la peine de mort publié le 12 avril 2018, « au moins » 993 personnes ont été exécutées dans le monde en 2017. Ce chiffre est en recul de 4% par rapport à 2016 (1 032 exécutions) et de 39% par rapport à 2015, une année record marquée par 1 634 exécutions.
En 2017, comme en 2015 et 2016, le pays responsable du plus grand nombre d’exécutions est la Chine. Cependant les données sur les exécutions dans ce pays étant classées "secret d’État", Amnesty International a décidé de ne pas publier de chiffres estimatifs. L’organisation non gouvernementale (ONG) considère ainsi que les 993 exécutions qu’elle a dénombrées au niveau mondial ne reflètent qu’une partie de la réalité de la peine de mort dans le monde car plusieurs milliers d’exécutions secrètes auraient eu lieu en Chine.
Hormis la Chine, quatre pays sont responsables de près de 84% des exécutions recensées dans le monde. Il s’agit de l’Iran (pour 51%), de l’Arabie saoudite, de l’Irak et du Pakistan.
Les États-Unis, pour la 2e année consécutive et la 2e fois depuis 2006, ne font plus partie de ce quintet de tête. Avec 23 exécutions en 2017, ils se retrouvent au 8e rang du classement d’Amnesty international. Ce chiffre est en légère hausse par rapport à 2016 mais reste dans les moyennes historiquement faibles enregistrées ces dernières années. Huit États dans le pays (contre cinq en 2016) ont procédé à des exécutions. Le Texas est responsable de 30% des exécutions recensées.
Amnesty international souligne qu’en 2017 l’État de Palestine, Singapour et la Somalie ont exécuté deux fois plus ou presque de condamnés en un an.
Au total, 23 pays dans le monde ont recouru, comme en 2016, à la peine de mort en 2017 (contre 40 pays en 1997). Les modes d’exécution (pendaison, injection létale, peloton d’exécution et décapitation) et les délits passibles de la mort (trafic de drogue, adultère, blasphème, corruption, crimes contre l’État et de droit commun, etc.) sont variables d’un pays à l’autre. Des exécutions en public ont eu lieu en Iran. Cet État, comme d’autres (États-Unis, Japon, Pakistan, etc.), ont par ailleurs exécuté des personnes qui étaient mineures au moment des faits ou qui souffraient d’un handicap mental ou intellectuel.
Tout comme les exécutions au niveau mondial, les condamnations à mort ont notablement baissé en 2017, après un niveau record en 2016. 2 591 condamnations à mort ont été recensées dans 53 pays en 2017, un chiffre qui demeure néanmoins dans la moyenne des totaux enregistrés dernièrement.
À la fin de l’année 2017, au moins 21 919 personnes dans le monde « se trouvaient dans le quartier des condamnés à mort », contre 18 848 en 2016 (dont plusieurs aux États-Unis et au Japon, seuls pays du G8 à pratiquer la peine de mort).
Dans la plupart des pays condamnant ou exécutant à mort, la peine a été prononcée à l’issue d’une procédure non conforme aux normes internationales en matière d’équité des procès (par exemple aveux extorqués sous la torture).
Le 19 décembre 2016, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté sa 6e résolution appelant à un moratoire sur le recours à la peine de mort.
L’adoption de cette résolution confirme et soutient la tendance mondiale vers l’abolition. Sur les 193 États membres de l’Organisation des Nations unies (ONU), 117 ont voté en faveur de la résolution (ils étaient 104 en 2007). Seuls 40 États ont voté contre et 31 se sont abstenus.
L’Union européenne, de son côté, est également investie dans le combat pour l’abolition. À l’occasion du 7e congrès mondial contre la peine de mort, organisé du 26 février au 1er mars 2019 à Bruxelles, le Parlement européen rappelle qu’il a adopté en 2015 une résolution sur la peine de mort. Celle-ci condamne le recours à la peine de mort comme moyen de supprimer l’opposition dans un pays ou pour des motifs tels que les croyances religieuses, l’homosexualité ou l’adultère. Plus...

17 novembre 2019

La peine capitale pays par pays en 2018

Accueil - Vie PubliquePlus des deux tiers des États dans le monde ont aboli, en droit ou en pratique, la peine de mort. À ce jour, selon le ministère chargé des affaires étrangères, 108 pays ont aboli la peine capitale pour tous les crimes, 7 l’ont aboli pour les crimes de droit commun et 29 respectent un moratoire sur les exécutions capitales, soit 144 pays au total. La peine de mort demeure appliquée dans 55 États et territoires dans le monde.

Les pays totalement abolitionnistes

Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Andorre, Angola, Argentine, Arménie, Australie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Bénin, Bhoutan, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Canada, Cap-Vert, Chypre, Colombie, Congo (République du), Costa Rica, Côte d’Ivoire, Croatie, Danemark, Djibouti, Équateur, Espagne, Estonie, Fidji, Finlande, France, Gabon, Géorgie, Grèce, Guinée, Guinée-Bissau, Haïti, Honduras, Hongrie, Îles Cook, Îles Marshall, Irlande, Islande, Italie, Kirghizistan, Kiribati, Kosovo, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Madagascar, Malte, Maurice, Mexique, Micronésie, Moldavie, Monaco, Mongolie, Monténégro, Mozambique, Namibie, Nauru, Népal, Nicaragua, Niue, Norvège, Nouvelle-Zélande, Ouzbékistan, Palaos, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Philippines, Pologne, Portugal, République dominicaine, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Rwanda, Saint-Marin, Saint-Siège, Salomon, Samoa, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Serbie, Seychelles, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Suriname, Timor oriental, Togo, Turkménistan, Turquie, Tuvalu, Ukraine, Uruguay, Vanuatu, Venezuela 

Les pays abolitionnistes pour les crimes de droit commun

Brésil, Chili, Guatemala, Israël, Kazakhstan, Pérou, Salvador 

Les pays respectant un moratoire sur les exécutions

Algérie, Birmanie, Brunei, Cameroun, Corée du Sud, Érythrée, Gambie, Ghana, Grenade, Kenya, Laos, Liberia, Malaisie, Malawi, Maldives, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Papouasie-Nouvelle-Guinée, République centrafricaine, Russie, Sierra Leone, Sri Lanka, Swaziland, Tadjikistan, Tanzanie, Tonga, Tunisie, Zambie 

Les pays appliquant la peine de mort

Afghanistan, Antigua-et-Barbuda, Arabie saoudite, Autorité palestinienne, Bahamas, Bahreïn, Bangladesh, Barbade, Biélorussie, Belize, Botswana, Chine, Comores, Corée du Nord, Cuba, Dominique, Égypte, Émirats arabes unis, États-Unis, Éthiopie, Guinée équatoriale, Guyana, Inde, Indonésie, Iran, Irak, Jamaïque, Japon, Jordanie, Koweït, Lesotho, Liban, Libye, Nigeria, Oman, Ouganda, Pakistan, Qatar, République démocratique du Congo, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Singapour, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Syrie, Taiwan, Tchad, Thaïlande, Trinité-et-Tobago, Viêt-Nam, Yémen, Zimbabwe. Plus...

17 novembre 2019

La peine de mort dans le monde

Accueil - Vie PubliqueSi de nombreux États ont aboli la peine de mort, d’autres recourent toujours à la sentence capitale. En 2017, "au moins" 993 personnes ont été exécutées selon Amnesty International. Cinq pays sont responsables de la plupart des exécutions : la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite, l’Irak et le Pakistan. Plus...
17 novembre 2019

L’abolition de la peine de mort en France

Accueil - Vie PubliqueL’abolition de la peine de mort en France en 1981 consacre un long combat deux fois centenaire, marqué par de nombreuses tentatives depuis la Révolution. La loi Badinter du 9 octobre 1981 remise définitivement la guillotine. L’attention se porte aujourd’hui sur la situation dans d’autres pays du monde. Plus...
17 novembre 2019

Chronologie de l’abolition de la peine de mort en France - Au 21e siècle

Accueil - Vie Publique12 juin 2001
Deux propositions de loi tendant à créer une "journée nationale en faveur de l’abolition universelle de la peine de mort" sont déposées au Sénat par Nicole Borvo et les membres du groupe communiste républicain et citoyen, et à l’Assemblée nationale par Bernard Birsinger et plusieurs autres députés.

21 juin 2001
À l'occasion de l'ouverture du 1er Congrès mondial contre la peine de mort à Strasbourg, le président de la République, Jacques Chirac, adresse une lettre à Michel Taube, président de l'association "Ensemble contre la peine de mort", qui organise l’événement :
 "Monsieur le Président, ... Le 30 mars dernier, devant la Commission des droits de l’homme des Nations unies, j’appelais à l'abolition universelle de la peine de mort.
C’est un combat qu’il faut mener avec détermination et conviction. Car nulle justice n’est infaillible et chaque exécution peut tuer un innocent. Car rien ne peut légitimer l’exécution de mineurs ou de personnes souffrant de déficience mentale. Car jamais la mort ne peut constituer un acte de justice...
"

3 mai 2002
Adoption par le Conseil de l’Europe du protocole n°13 à la CEDH relatif à l'abolition de la peine de mort en toutes circonstances. Ce texte interdit la peine de mort en n’admettant aucune réserve ni dérogation, même en temps de guerre ou de danger imminent de guerre, et va donc beaucoup plus loin que le protocole n°6 pour l'abolition de la peine capitale.

13 octobre 2005
Pour que la France puisse ratifier le 2e protocole du PIDCP du 15 décembre 1989, le Conseil constitutionnel, saisi par le président de la République, Jacques Chirac, juge que la Constitution doit être révisée afin d’y inscrire l’interdiction de la peine de mort.

3 janvier 2006
Dans son allocution en réponse aux vœux du Conseil constitutionnel, Jacques Chirac annonce son intention d’engager le processus de révision de la Constitution du 4 octobre 1958.

17 janvier 2007
Présentation en conseil des ministres du projet de loi constitutionnelle relatif à l’interdiction de la peine de mort.

19 février 2007
Adoption par le Parlement réuni en Congrès à Versailles du projet de loi constitutionnelle.

23 février 2007
Promulgation de la loi constitutionnelle relative à l’interdiction de la peine de mort. La loi comprend un article unique qui ajoute, au titre VIII de la Constitution, un article 66-1 ainsi rédigé : « Art. 66-1. – Nul ne peut être condamné à la peine de mort. »

2 octobre 2007
La France ratifie le 2e protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 15 décembre 1989, visant à abolir la peine de mort.

10 octobre 2007
La France ratifie le protocole n°13 à la CEDH du 3 mai 2002 relatif à l'abolition de la peine de mort en toutes circonstances.

Mai 2016
Création à l’Assemblée nationale d’un groupe d'études pour l’abolition universelle de la peine de mort.

28 septembre 2016
Dans une interview accordée à la chaîne parlementaire Public Sénat, à l’occasion du 35e anniversaire de l’abolition de la peine de mort au Sénat, Robert Badinter revient sur la tentation pour certains de voir appliquer la peine de mort aux personnes reconnues coupables de crimes terroristes. Il déclare : "Il ne peut pas y avoir de tentation. Il ne peut y avoir que des déclarations démagogiques émanant de femmes ou d’hommes qui savent parfaitement que c’est impossible, au regard de la situation constitutionnelle (…) ce serait quitter le camp si majoritaire aux Nations unies qui interdit le recours à la peine de mort". Il ajoute sur le caractère supposé dissuasif de la peine capitale pour les terroristes : "C’est une absurdité (...) Ce n’est pas la mort qui les fera reculer (…) Ils ont le culte de la mort. Il faut bien le mesurer (…) Si on utilisait la peine de mort contre les terroristes, on ferait prospérer le terrorisme plus encore (…)".

10 octobre 2017
À l’occasion de la 15e journée mondiale contre la peine de mort et du 40e anniversaire de la dernière exécution en France, la France rappelle son attachement à l’abolition universelle de la peine de mort.

10 octobre 2018
À l’occasion de la 16e journée mondiale contre la peine de mort, la France invite tous les États à se mobiliser en vue du 7e Congrès mondial contre la peine de mort organisé du 26 février au 1er mars 2019 à Bruxelles. Plus...

17 novembre 2019

Chronologie de l’abolition de la peine de mort en France - Au XXe siècle

Accueil - Vie Publique1906
Le président de la République Armand Fallières (1906-1913), partisan de l’abolition de la peine de mort, gracie systématiquement tous les condamnés à mort les deux premières années de son septennat. La Commission du budget de la Chambre des députés vote la suppression des crédits destinés à la rémunération du bourreau et à l’entretien de la guillotine. En novembre, un projet de loi abolitionniste est déposé à la Chambre des députés par le garde des Sceaux du gouvernement Clémenceau, Guyot-Dessaigne. Ce projet de loi est accompagné de deux propositions de loi de Joseph Reinach et Paul Meunier, allant dans le même sens. Ils ne seront discutés qu’en 1908.

1907
L’"affaire Soleilland" relance le débat sur la peine de mort dans la presse et l’opinion publique. Accusé d'avoir violé et assassiné la petite fille de ses voisins, Soleilland est condamné à mort le 24 juillet. Le 13 septembre, il est gracié par le président de la République Armand Fallières. La presse parisienne suit l’affaire avec passion, d’autant que le projet abolitionniste n’a pas encore été voté. Le journal Le Petit Parisien, farouchement anti-abolitionniste, organise à l'automne un "référendum" sur la peine de mort, accompagné d'un "concours". Il en publie les résultats le 5 novembre 1907 : sur 1 412 347 réponses recueillies, 1 083 655 se prononcent en faveur du maintien de la peine capitale, 328 692 pour son abolition.

1908
Le gouvernement Clemenceau, dont le nouveau garde des Sceaux est Aristide Briand, soumet aux députés le 3 juillet le projet de loi prévoyant l’abolition de la peine capitale. Malgré les plaidoyers d’Aristide Briand et de Jean Jaurès, au cours du débat qui les opposent notamment à Maurice Barrès, le projet de loi est rejeté le 8 décembre par 330 voix contre 201.

24 juin 1939
Un décret-loi supprime les exécutions publiques. Les exécutions auront dorénavant lieu dans l’enceinte des prisons. Déjà soulevée à plusieurs reprises, la question des exécutions publiques resurgit avec le scandale de l’exécution le 17 juin 1939 à Versailles d’Eugen Weidmann, de nationalité allemande. L’hystérie de la foule lors de la décapitation et le comportement de la presse tout au long de l’affaire amènent le gouvernement, réuni en conseil extraordinaire, à adopter cette mesure.

Régime de Vichy
De nombreux nouveaux cas d’application de la peine de mort sont adoptés par le régime de Vichy (vols et agressions nocturnes, incendies volontaires de récoltes...). Le maréchal Pétain refuse de gracier une cinquantaine de condamnés à mort de droit commun (dont cinq femmes, parmi lesquelles Marie-Louise Giraud, seule "faiseuse d’anges" guillotinée). De nombreux résistants sont, par ailleurs, exécutés.

21 avril 1949
Germaine Leloy-Godefroy, condamnée à mort pour avoir assassiné son mari, est la dernière femme guillotinée en France.

21 janvier 1977
Condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité de Patrick Henry, pour enlèvement et assassinat d’un petit garçon de sept ans en janvier 1976. Il est défendu par Robert Badinter. Son procès devient celui de la peine de mort.

10 septembre 1977
Exécution d’Hamida Djandoubi, condamné à mort pour assassinat après tortures et barbarie, viol et violences avec préméditation. Il est le dernier criminel exécuté en France.

1978
Le 11 mai 1978, Pierre Bas, fervent abolitionniste, député du Rassemblement pour la République (RPR), dépose une proposition de loi tendant à abolir la peine de mort. Les 6 et 23 juin, Hélène Constans et le groupe communiste et François Mitterrand et le groupe socialiste déposent à leur tour leur proposition de loi. À la fin de l'année, lors de l'examen du projet de loi de finances pour 1979, deux amendements de Pierre Bas et du groupe socialiste tendant à supprimer les crédits couvrant les frais des exécutions capitales sont discutés. Pour faire échec aux amendements, le gouvernement demande un vote bloqué.

1979
Le 14 juin, la Commission des lois de l'Assemblée nationale adopte une proposition de loi tendant à abolir la peine de mort, sur un rapport de Philippe Séguin, député RPR. Toutefois, cette proposition de loi ne sera jamais inscrite à l'ordre du jour. En novembre, à l’occasion de l’examen du budget de la justice pour 1980, deux amendements visant à supprimer les crédits destinés aux frais des exécutions capitales sont de nouveau déposés, sans résultat.

1980
En juin, lors de l’examen du projet de loi "Sécurité et liberté" défendu par le garde des Sceaux, Alain Peyrefitte, deux amendements abolitionnistes de Pierre Bas et du groupe communiste sont débattus mais repoussés. En novembre, lors de l’examen du budget de la justice pour 1981, le débat est relancé en vain par les amendements de Pierre Bas, des groupes socialiste et communiste supprimant les crédits relatifs aux exécutions capitales.

24 janvier 1981
L’abolition de la peine de mort figure au programme des "110 propositions pour la France" présenté par le Parti socialiste et son candidat François Mitterrand pour l'élection présidentielle (proposition n°53).

16 mars 1981
Lors de l’émission télévisée Cartes sur table, François Mitterrand déclare : "je suis contre la peine de mort".

24 mars 1981
Jacques Chirac, candidat RPR à l'élection présidentielle, se prononce également contre la peine de mort devant une assemblée de jeunes du RPR.

10 mai 1981
Élection de François Mitterrand à la présidence de la République.

25 mai 1981
Quatre jours après son investiture, François Mitterrand décide de commuer en réclusion criminelle à perpétuité la peine de mort prononcée le 28 octobre 1980 contre Philippe Maurice. Ce sera la dernière grâce présidentielle d'un condamné à mort en France.

8 juillet 1981
Lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, le Premier ministre, Pierre Mauroy, annonce l’abolition de la peine de mort.

26 août 1981
Le conseil des ministres approuve un projet de loi abolissant la peine de mort et la remplaçant par la réclusion criminelle ou la détention criminelle à perpétuité.

29 août 1981
Le projet de loi n°310 portant abolition de la peine de mort est déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale.

17-18 septembre 1981
Le 17 septembre, l’Assemblée nationale entame l’examen du projet de loi présenté par le garde des Sceaux, Robert Badinter, dans un discours devenu célèbre.
Le 18 septembre, l’ensemble du projet de loi est adopté par 363 voix contre 117.

28-30 septembre 1981
Les 28 et 29 septembre, le Sénat démarre à son tour la discussion du projet de loi. Le sort du vote est incertain. Finalement, le 30 septembre, les sénateurs votent le projet de loi dans les mêmes termes que les députés par 160 voix contre 126. Le texte est donc définitivement adopté et il n’y a pas de seconde lecture du projet de loi.

9 octobre 1981
Promulgation par François Mitterrand de la loi n°81-908 portant abolition de la peine de mort.

10 octobre 1981
Publication de la loi au Journal officiel.

22 mai 1985
Le Conseil constitutionnel, saisi par le président de la République le 24 avril 1985, déclare conforme à la Constitution le protocole n° 6 additionnel à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH) concernant l’abolition de la peine de mort, signé par la France le 28 avril 1983.
Ce protocole interdit la peine de mort pour tous les crimes commis en temps de paix.

17 février 1986
La France ratifie le protocole n°6 additionnel à la CEDH du 28 avril 1983.

27 février 1987
Le Conseil d'État interdit l’extradition d'une personne vers un État susceptible de lui appliquer la peine de mort (en l’occurrence l’État turc).

7 juillet 1989
La Cour européenne des droits de l’homme décide qu’un pays membre ne peut pas extrader une personne vers un État susceptible de lui appliquer la peine de mort, l’attente dans les couloirs de la mort représentant un traitement inhumain et dégradant. En l’espèce, l’extradition d’un prisonnier vers les États-Unis où il risquait une condamnation à mort a été déclarée comme contraire à l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme (affaire Soering contre Royaume-Uni).

15 décembre 1989
Adoption par l’Assemblée générale des Nations unies du 2e protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), visant à abolir la peine de mort. Ce protocole complète le Pacte international sur les droits civils et politiques du 16 décembre 1966, dit Pacte de New York, dont l’article 6 limitait la possibilité d’appliquer la peine de mort aux crimes les plus graves. Plus...

17 novembre 2019

Chronologie de l’abolition de la peine de mort en France - Au XIXe siècle

Accueil - Vie Publique25 décembre 1801 / 4 nivôse an X
Prorogation temporaire de l’ajournement de l’abolition de la peine de mort proposée par la Convention le 26 octobre 1795.

12 février 1810
Le code pénal napoléonien abandonne cette abolition conditionnelle. Au titre des peines afflictives et infamantes, figure en première place "la mort".

1830-1838
Sous la monarchie de Juillet, plusieurs propositions de loi et pétitions abolitionnistes sont déposées sans succès à la Chambre des députés.
Le 17 mars 1838, à l’occasion de débats, Lamartine déclare que la peine de mort est devenue inutile et nuisible dans une société évoluée.

26-29 février 1848
Le gouvernement provisoire de la IIe République abolit, par décret, la peine de mort en matière politique.

18 septembre 1848
L’Assemblée constituante adopte l’article 5 du projet de la Constitution de 1848 confirmant l’abolition de la peine capitale pour raisons politiques mais rejette plusieurs amendements en faveur d’une abolition totale. Ces amendements sont défendus par Victor Hugo, farouche abolitionniste, lors d’une intervention solennelle devant les députés le 15 septembre 1848.

15 juin 1853
L’Assemblée législative du Second Empire vote une loi confirmant l’abolition de la peine capitale en matière politique. Plus...

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