
Peu à peu, les centres de formation se développent et les besoins de reconstruction de l’économie post 1945 font de la formation des adultes un concept qui doit être formalisé. Cette évolution se concrétise en 1946 par l’inscription de la formation professionnelle dans le préambule de la Constitution de la IV° République. L’État devient ainsi prééminent dans la conception et la direction des institutions formatrices, notamment avec la création de l’ANIFRMO
6 en 1949 (qui deviendra l’AFPA
7 en 1966).
Les transformations de l’économie et des techniques, la hausse du niveau général de formation de la population font apparaître des besoins nouveaux qui imposent bientôt la formation permanente continue comme « une obligation nationale »
8 . De 1959 à 1970, une série de lois structure la politique de la formation permanente jusqu’aux accords fondateurs de 1969 qui sont à l’origine de la loi Delors. Le paritarisme – principe de concertation instauré dès la création du CCCA BTP
9 en 1942 – associé à la tradition corporatiste du bâtiment, donne à la profession du BTP une certaine force dans les négociations avec les pouvoirs publics. Cette période est aussi marquée par la création de la CGT – Force ouvrière en 1948 et celle de la CFDT – Confédération française démocratique du travail – en 1964.
La loi Delors, érigée le 16 juillet 1971, est considérée comme un acte fondateur à de nombreux égards. Elle rassemble des dispositions sur :
- l’organisation de la formation professionnelle, réalisée sur le temps de travail,
- la création du congé de formation,
- la création des organismes collecteurs : les FAF10 et les ASFO11,
- la participation obligatoire des employeurs (des entreprises de plus de 10 salariés dans un premier temps) au financement des formations technologiques et professionnelles : c’est l’apparition du plan de formation.
La formation continue fait donc son entrée dans le droit du travail, l’adaptation des salariés à leur poste de travail devenant une obligation pour les entreprises. L’appareil de formation évolue également avec l’apparition des GRETA12 en 1974, groupement d’établissements qui fédèrent leurs ressources pour organiser les actions de formation continue pour adultes, du CAP au BTS.
Les 30 Glorieuses : l’essor du BTPLa reconstruction : 20% du capital immobilier français est détruit, 7 550 ponts sont coupés…Industrialisation : la préfabrication en usineLe logement, priorité nationale : les grands ensembles et villes nouvellesLa modernisation des infrastructures
6 Association Nationale Interprofessionnelle pour la Formation Rationnelle de la Main d’Oeuvre
7 Association nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes
8 Formule introduite par la loi du 3 décembre 1966 : « La formation permanente continue constitue une obligation nationale » (article L.900-1)
9 Comité de Concertation et de Coordination de l’Apprentissage du Bâtiment et des Travaux Publics
10 Fonds d’Assurance Formation
11 Association de Formation
12 GRoupement d’ÉTAblissements. Plus...