A l’échelle subrégionale, différentes initiatives ont émergé dans les années 1990 pour harmoniser l’enseignement supérieur des espaces subrégionaux. Depuis le milieu des années 2000, les pays latinoaméricains qui favorisaient les échanges avec des pays d’Europe ou d’Amérique du nord ont parié sur le rapprochement entre les Etats voisins et concrétisé les ambitions de la décennie précédente.
Le Conseil Centraméricain d’Accréditation (CCA)
Un premier exemple est le Conseil centraméricain d’accréditation. D’abord créé en 2003 sous l’égide du Conseil supérieur des universités centraméricaines, le CCA est parvenu à associer les gouvernements, les associations professionnelles et les universités privées à ses activités. La volonté initiale était de créer un organisme d’accréditation supranational pour tous les pays d’Amérique centrale. Mais certains pays comme le Salvador ou le Costa Rica, qui disposaient déjà d’agences nationales, se sont opposés à cette approche. Le CCA est donc devenu l’autorité compétente pour la reconnaissance des différents organismes d’accréditation nationaux de la région.
L’Espace Régional d’Enseignement Supérieur du Mercosur (ERES)
Dans le Cône Sud, les pays du Mercosur ont instauré depuis 1991 un espace de coordination des politiques éducatives, le Secteur éducatif du Mercosur (SEM). Intergouvernemental, le SEM est piloté par la Réunion des ministres de l’éducation des Etats membres. En 2001, le panorama institutionnel est complété par la création du Comité de coordination régionale, dont la compétence a été élargie à l’enseignement supérieur. En 2005 est créé le Comité de gestion des fonds dédiés à l’enseignement supérieur, ainsi que le Réseau des agences nationales d’accréditation.Divers programmes ont été mis en œuvre pour répondre aux objectifs de l’Espace régional de l’enseignement supérieur :
- Un système d’accréditation régional des formations universitaires. L’Arcasur, mécanisme d’accréditation régional, définit les critères de qualité et délivre aux formations de premier et second cycle un « label de qualité Mercosur ». Seules les filières jugées stratégiques pour la région sont pour l’instant concernées : l’agronomie, les formations d’infirmiers, la médecine, l’odontologie, l’ingénierie et l’architecture. Les programmes du Mercosur ont impacté les politiques intérieures des Etats. La Bolivie, qui ne disposait pas de mécanisme d’accréditation, s’est inspirée des standards régionaux pour créer une agence nationale, notamment dans le but de reprendre la main sur la régulation de l’offre académique privée.
- Un programme de mobilité académique régional. Le Marca est le programme de mobilité entre les pays du Cône Sud, à destination des étudiants, enseignants et chercheurs des filières labellisées Mercosur.
- Un système de promotion de la qualité des doctorats des pays du Mercosur. L’intégration des études de troisième cycle a été mise à l’agenda lors du plan stratégique 2011-2015. Afin d’estomper les asymétries et de renforcer la coopération dans le cadre des doctorats, le Programme d’association des projets communs de recherche et le Programme pour le renforcement des diplômes de troisième cycle ont été mis en œuvre.
Sources :
L'enseignement supérieur transnational : un levier pour le développement. OECD Publishing, 2008. p. 149 : “Consejo Centroamericano de Acreditación CCA”
Ana Maria Cambours de Donini. “Internacionalización e integración de los sistemas de educación superior en el Mercosur educativo”. Revista de la Asociación de Sociología de la Educación. vol. 4, núm. 1, 2011. Plus...





