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Formation Continue du Supérieur
22 septembre 2019

Mobilité internationale des étudiants - B - La valeur des diplômes à garantir - 1 - Les diplômes spécifiques

La Documentation FrançaiseEn 2017-2018, 245 000 étudiants étrangers ont effectué en France une mobilité diplômante (d'une durée de plus d'un an), ce qui place la France au 4e rang mondial. Plus de 90 000 étudiants français ont effectué une mobilité sortante diplômante (6e position dans le monde).
B - La valeur des diplômes à garantir
1 - Les diplômes spécifiques
Plus de la moitié des établissements ont décidé d’adapter leurs formations pour attirer les étudiants internationaux en créant des formations spécifiques, que ce soit par le biais d’un diplôme reconnu par l’État ou non28.
Près de 80 % des universités ont créé ce type de diplôme, essentiellement sous la forme de diplôme d’établissement, dont 49 % sont des « diplômes universitaires d’études françaises » ou des diplômes de « français langue étrangère (FLE) ».
Beaucoup de ces diplômes présentent un équilibre financier positif. C’est le cas par exemple de l’IAE de l’université de Nantes qui a créé un diplôme universitaire de management franco-chinois accueillant 11 étudiants versant chacun 2 000 € de droits d’inscription. Inversement, le diplôme universitaire de langue et de culture nationale de l’université de Saint-Etienne, qui a accueilli 190 étudiants internationaux en 2016/17, a présenté un déficit de plus de 177 000 €, malgré des frais d’inscription s’élevant à 1 790 €29. Des programmes destinés aux anglophones sont également proposés pour attirer les talents.
En 2018, Campus France recense 1 355 programmes dont 33 % en anglais et en français et 76 % uniquement en anglais. L’enseignement en langue anglaise constitue un facteur d’attractivité important pour les non-francophones. Parmi les 13 441 candidats chinois en 2017, 4 803, soit 36 % d’entre eux, ont rejoint une formation en anglais.
Le fait de ne prévoir aucun enseignement en français dans les trois quarts de ces programmes pose cependant question, sauf si l’étudiant a la possibilité de suivre des cours de français en dehors de son programme principal. Parmi ces programmes uniquement en anglais, 80 % sont des masters, et 48 % concernent la filière commerce et management, 32 % la filière ingénierie et technologie. 12 % de ces programmes sont des formations courtes et professionnalisantes ou des cours d’été. Enfin, 47 % d’entre eux sont délivrés en Île-de-France, région suivie par l’Auvergne-Rhône-Alpes (15 %).
Certains établissements ont par ailleurs créé des diplômes spécifiques qui donnent parfois lieu à des dérives. Plusieurs écoles de commerce et de management répertoriées dans les statistiques du ministère chargé de l’enseignement supérieur concentrent plus de 90 % d’étudiants internationaux, sans que les étudiants puissent connaître précisément le niveau de reconnaissance de leur diplôme.
Des dérives ont pu exister également dans quelques universités. Par exemple, l’université de Versailles Saint Quentin en Yvelines, a proposé un diplôme universitaire intitulé « doctorat professionnel en économie appliquée », dont les frais d’inscription s’élevaient à 11 000 €30 mais sans la certification de l’équivalence officielle nationale. Les étudiants étrangers pensant détenir un doctorat français n’ont pu s’en prévaloir de retour chez eux. Ces pratiques peuvent avoir un effet fortement préjudiciable à la réputation des établissements français.
L’intégration récente par le MESRI dans ses bases de données d’établissements dispensant des diplômes non reconnus par lui pourrait être l’occasion d’identifier ces situations. Ce ministère a mis en place un label sur la plate-forme Parcoursup permettant d’identifier clairement les diplômes nationaux et ceux contrôlés par l’État. Afin d’éclairer les candidats étrangers, ce dispositif pourrait être adapté à la plate-forme « Études en France », qui devrait comporter des informations plus claires et précises dans ce domaine.
Il pourrait par ailleurs être mis en place, à l’initiative des établissements d’enseignement supérieur, un forum permettant aux étudiants internationaux de donner leur avis sur la valeur du diplôme obtenu et sa valeur en matière d’insertion professionnelle.
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