Canalblog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Formation Continue du Supérieur
31 décembre 2018

Les bases de Bologne - Turquie de 2001 à 2010 : européanisation ou internationalisation de l’enseignement supérieur ?

Screenshot-2018-4-21 Journal de mise en ligne - ESR enseignementsup-recherche gouv frDepuis 2001, la Turquie s’est engagée dans le processus de Bologne. L’objectif d’harmonisation des cursus a été intégré à la politique éducative du pays, axée sur la modernisation du système universitaire et de la structure des formations depuis la fin des années 1990.
L’inspiration européenne de l’université turque ne nait pas de la signature de la Déclaration de Bologne : en 1933, la volonté de converger vers un modèle européen d’enseignement supérieur entraine l’implication de professeurs allemands, français et anglais au sein de l’université d’Istanbul pour inspirer une réforme universitaire modernisatrice (University act, 1933).
Depuis les années 1950, une influence étatsunienne rapproche le fonctionnement des universités turques des établissements nord-américains. Avec le développement massif des institutions privées en Turquie, l’usage de l’anglais s’est généralisé dans l’enseignement supérieur, et la tendance s’est étendue aux établissements publics. La modernisation de l’enseignement supérieur turc est souvent analysée en référence au modèle introduit dans les années 1950, et l’influence étatsunienne demeure très présente dans la représentation du système éducatif. Le processus de Bologne en Turquie se serait donc traduit par une européanisation d’universités influencées par le modèle anglo-saxon, propice à la mise en œuvre de ses objectifs.
La Turquie a d’ailleurs appliqué avec succès les engagements de Bologne ; les universités se sont montrées favorables au renforcement des mobilités et à la structuration des formations autour des compétences, en dépit de la crainte initiale d’une bureaucratisation accrue du système éducatif.
Si la mise en œuvre des engagements de Bologne n’a pas échappé aux critiques, les oppositions sont restées modérées en Turquie, contrairement à d’autres pays balkaniques, à l’instar de la Grèce. Les principales controverses sur la réforme universitaire turque ont porté sur ses motivations néo-libérales, au regard d’une réforme de 1991. Permettant la multiplication des établissements privés, la réforme visait à promouvoir l’intégration d’industries et d’universités au sein d’établissements de coopération scientifique. Le développement de l’offre privée devait permettre d’absorber le nombre croissant d’étudiants et la création de structures compétitives propices à l’innovation. Suite à cette réforme, le nombre d’établissements privés a grandement augmenté : d’un seul établissement en 1984, 45 sont recensés en 2010. Ils se sont en outre multipliés lors de la mise en œuvre des objectifs de Bologne.
Si le processus de Bologne est présenté comme une modernisation du système d’enseignement supérieur turc, il n’est pas assimilé à une européanisation de ce dernier. En effet, la politique de coopération turque avec d’autres régions (Moyen-Orient, Asie-Centrale, Caucase) ainsi que la montée de l’euroscepticisme dans les années 2000 vont conduire à présenter l’harmonisation des formations en termes d’internationalisation de l’enseignement supérieur, afin de limiter les critiques et l’attachement à une région en particulier.
Sources :
Anna Triandafylliou, Ayhan Kaya, Ayşe Tecmen, Hara Kouki and Martina Topić. “Bologna Process as modernisation and Europeanisation”. Identities and modernities in Europe, Decembre 2011.
Aristotelis Zmas. « The transformation of the European educational discourse in the Balkans”. European Journal of Education, Vol. 47, No. 3, 2012. Plus...
Commentaires
Newsletter
53 abonnés
Visiteurs
Depuis la création 2 803 121
Formation Continue du Supérieur
Archives