Canalblog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Formation Continue du Supérieur
31 décembre 2018

Les bases de Bologne - Allemagne : de profondes réformes pour lesquelles les universités veulent faire entendre leur voix

Screenshot-2018-4-21 Journal de mise en ligne - ESR enseignementsup-recherche gouv frLa mise en œuvre de la structuration des études en deux niveaux (Bachelor / Master(1) ) s’est faite progressivement, à l’initiative des établissements et de leurs composantes sur plus de 10 ans. Certains cursus conduisant à l’obtention de l’examen d’Etat (droit, médecine, pharmacie) ne sont pas – encore – concernés.
Elle a représenté un véritable changement de la culture universitaire régie par le principe fondateur de l’université allemande de la liberté des études, de la formation et de la recherche. Elle a été vécue comme une « scolarisation » de parcours d’études qui laissait jusqu’alors beaucoup de liberté aux étudiants (choix, rythme...). L’avis de la Conférence allemande des présidents d’universités (HRK) sur la réforme européenne des études publié fin 2013(2) évoque le fait que les étudiants se plaignent que cette réforme a conduit à « compacter » les études.
Elle a contribué à diminuer fortement la durée moyenne des études qui était auparavant supérieure en moyenne de plus de 2 ans à ce qu’elle était dans les autres pays.
La mise en place de procédures externes d’accréditation ou d’assurance qualité repose sur des agences indépendantes, accréditées par le Conseil d’accréditation mis en place au niveau national. Les établissements sont libres de recourir aux services (payants) de l’agence de leur choix. La qualité est d’abord une exigence interne qui va de pair avec l’indépendance de l’établissement.
Bologne a contribué à faire évoluer le paysage des établissements d’enseignement supérieur et à estomper la différence de culture et de type de formation et d’enseignement entre universités et Fachhochschulen (FH), désormais identifiées au modèle international des Universities of applied sciences (on y fait également de la recherche appliquée et le diplôme de doctorat peut, dans certains cas, y être délivré). Mais il renforce aussi la logique de différenciation au sein de ces deux types des établissements.
Les recommandations de la HRK publiées fin 2013 non seulement s’adressaient aux établissements et aux pouvoirs publics mais visait aussi à nourrir les travaux entre les conférences de Bucarest et de Erevan. Parmi les sujets abordés, on relève :
- La nécessaire flexibilité avec laquelle Bologne doit être mis en œuvre, là où sont encore principalement délivrés des examens d’Etat, mais aussi dans les cursus Bachelor et Master : les marges de liberté possibles ont été insuffisamment mises à profit.
- La nécessité de renforcer la mobilité (en 2011, 29% des diplômés de Master avaient effectué un séjour d’études à l’étranger, loin de l’objectif des 50%), de faciliter la reconnaissance des examens passés dans le cadre d’études à l’étranger, notamment en favorisant une meilleure connaissance de la convention de Lisbonne, d’associer à la reconnaissance des ECTS une meilleure explicitation des compétences attendues.
- Le Bachelor, positivement apprécié dans les FH, l’est diversement dans les universités, selon la culture de la discipline et les objectifs du cursus. Il devrait permettre l’acquisition d’un large socle de connaissances et, à l’université, permettre l’employabilité sans être conçu pour former à un emploi.
- La nécessité de faire évoluer la conception des parcours de formation.
** L’idée que Bachelor et Master doivent être consécutifs est une méprise. A l’issue d’un Bachelor plusieurs voies doivent être possibles : poursuite dans un Master de la même discipline, dans une discipline connexe, emploi dans ou hors de l’université. Le Master est trop peu souvent conçu pour des étudiants en formation continue et à mi-temps.
** L’offre de formation doit être adaptée à la diversité des parcours, des profils et des rythmes d’études des étudiants. La durée et le nombre d’ECTS doivent tenir compte des connaissances et compétences à acquérir dans la formation dispensée : on doit pouvoir proposer des Bachelors de 8 semestres avec option vers certains Masters, et des Masters de 2 à 6 semestres, etc.
** Les enseignements et l’évaluation des étudiants doivent être orientés sur le développement de skills. Ce changement de perspective (from teaching to learning) conduit les enseignants à travailler autrement et à avoir des exigences nouvelles qui requièrent des financements.
** Les établissements sont responsables de la conception de leurs formations en fonction de leurs objectifs, de leurs stratégies et de leurs profiles, mais les enseignants et les étudiants doivent y être plus impliqués. Leur indépendance en la matière doit être renforcée. Ils doivent s’assurer que la culture de la qualité est prise en compte à tous les niveaux.
** L’hétérogénéité croissante des étudiants est une chance pour concevoir des formations qui en tirent parti et soient plus inclusives.
** Il faut intégrer dans la conception des formations le fait que les parcours d’études peuvent être linéaires, alternés ou discontinus.
-    La façon dont on traite du décrochage des étudiants relève d’une approche erronée, du seul point de vue de l’établissement et non du point de vue de l’individu. Les établissements n’en analysent pas les raisons alors qu’ils devraient ajuster leurs services aux étudiants pour y répondre de façon appropriée, Il faut faire entendre aux pouvoirs publics que cette question est très complexe.
-    L’évaluation des progrès de l’étudiant doit se faire tout au long de ses études, mais elle ne consiste pas à lui donner des notes. La pratique des notes devrait être repensée de façon plus responsable : la HRK propose de l’éviter dans les premiers semestres d’un cycle de Bachelor et de la remplacer par une supervision individualisée.
-    Les réformes de la formation qu’invitent à mettre en place les recommandations de Bologne ont un coût, que la HRK estime à 1,1 Md€ par an. Plus...
Commentaires
Newsletter
53 abonnés
Visiteurs
Depuis la création 2 803 126
Formation Continue du Supérieur
Archives