Pour la vingt-sixième année consécutive, L’état de l’École réunit les indicateurs statistiques essentiels pour analyser le système éducatif français et apprécier les politiques mises en œuvre.
Les formations en apprentissage
La réforme de 1987 a ouvert l’apprentissage à l’ensemble des niveaux de formation et a déplacé à 25 ans l’âge maximum d’entrée dans le dispositif. Elle a relancé le développement de l’apprentissage en le faisant participer au mouvement général d’élévation des niveaux de formation. Les formations en apprentissage.
La réforme de 1987 a ouvert l’apprentissage à l’ensemble des niveaux de formation et a déplacé à 25 ans l’âge maximum d’entrée dans le dispositif. Elle a relancé le développement de l’apprentissage en le faisant participer au mouvement général d’élévation des niveaux de formation.
Depuis 1987, encouragé par les politiques publiques, l’apprentissage se diffuse vers le haut en investissant de nouvelles certifications et de nouveaux champs de spécialités. Toutefois, les effectifs d’apprentis n’ont véritablement décollé qu’après 1993, une fois enrayées quatre années de chute du CAP qui s’est depuis maintenu au-dessous de 200 000 apprentis. En vingt ans, le nombre total d’apprentis a doublé pour atteindre un maximum de 438 100 en 2012-2013. Depuis, il a légèrement baissé : 405 900 en 2014-2015 (410 800 en données provisoires pour 2015-2016).
Aujourd’hui, si le CAP domine encore, il regroupe environ deux apprentis sur cinq (37,2 %). Les autres principaux diplômes préparés en apprentissage sont le baccalauréat professionnel, le brevet professionnel (BP) et le brevet de technicien supérieur (BTS), qui comptent chacun entre 42 300 et 58 600 apprentis contre 150 800 pour le CAP. Près de trois apprentis sur dix préparent un diplôme de niveau baccalauréat et un peu plus d’un tiers, un diplôme du supérieur (tableau 14.1 et figure 14.2).
D’un niveau scolaire plus élevé, les apprentis sont plus âgés qu’à la fin des années 1980 : de 1987-1988 à 2014-2015, leur âge moyen est passé de 17,5 à 19,4 ans. L’enchaînement de plusieurs contrats autorise désormais la poursuite d’études en apprentissage, plus fréquente au niveau secondaire : les apprentis représentent 64,0 % des recrutements en première année de BP et 19,2 % en baccalauréat professionnel. Dans l’enseignement supérieur, l’apprentissage recrute surtout des lycéens ou des étudiants des universités : en 2014-2015, 19,3 % des apprentis en première année de BTS étaient déjà apprentis l’année précédente, 4,6 % pour les DUT et 26,7 % pour les ingénieurs.
Rapporté à l’ensemble d’une génération, le poids de l’apprentissage a progressé depuis 1993, plus fortement pour les garçons que pour les filles. Les filles s’orientent moins souvent vers la voie professionnelle après le collège et investissent un éventail beaucoup moins large de spécialités. En 2014-2015, les apprenties représentent ainsi 3,2 % de la population des filles âgées de 15 à 19 ans contre 8,3 % des garçons du même âge (figure 14.3). Traditionnellement, l’apprentissage de premier niveau (CAP, bac pro, BP) est plus développé dans les spécialités de la production (7 apprentis sur 10) que dans celles des services où il se concentre sur un petit nombre de diplômes dominés par les filles. La situation s’inverse au niveau supérieur où les spécialités de la production rassemblent 4 apprentis sur 10 (85 % des apprentis en formations d’ingénieurs) avec la pénétration de nouveaux champs d’activité dans le domaine des services, notamment du commerce et de la gestion (figure 14.4). Cette évolution favorise la participation des filles ; elles représentent 32,4 % des apprentis en 2014 contre 28,0 % en 1987. Au niveau I (ingénieur, master), leur part gagne 7,8 points entre 2007 et 2014, de 29,4 % à 37,2 %. Les apprenties sont plus âgées (20,0 ans en moyenne contre 19,2 ans pour les garçons) et plus qualifiées : 41,4 % des apprenties préparent un diplôme du supérieur contre 30,7 % pour les garçons. Voir l'article...
