Dans le cadre de la construction de l’État palestinien, l’éducation et la formation des futurs cadres constituent des enjeux centraux. Le monde universitaire palestinien est l’un des plus ouverts sur l’étranger de toute la zone Proche et Moyen-Orient.
Une tradition ancienne qui est également le fruit de la situation politique et diplomatique du pays. La France figure parmi les principaux contributeurs d’aide au développement des Territoires palestiniens. Elle y a consacré près de 40 M€ en 2015 (394 M€ sur la période 2008-2014).
DONNÉES POLITIQUES, ÉCONOMIQUES ET DÉMOGRAPHIQUES
En quelques chiffres

Superficie : 6 020 km2
Population palestinienne (Bureau central de statistiques palestinien, 2016) : 4,816 M (2,935 M en Cisjordanie et à Jérusalem,
1,881 M dans la bande de Gaza).
Langue officielle : arabe
PIB (FMI, 2013) : 12 500 M$ (dollars courants)
PIB/hab. (rapport de la CNUCED, 2013) : 2 828 $
Taux de croissance (2015) : 3,2 %
Taux de chômage (2014) : 26,3 % en Cisjordanie ; 45 % à Gaza
Taux d’alphabétisation (+15 ans) (PNUD, 2013) : 95,9 %
Indice de développement humain (PNUD, 2013) : 0,67/ 110e rang
Les dates clés de la relation franco-palestinienne
1947 (novembre) : la France vote en faveur de la résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations Unies (ONU) qui prévoit le partage de la Palestine mandataire et la mise en place de deux États.
1948 (décembre) : à l’issue de la première guerre israélo-arabe, la France est membre de la Commission de conciliation des Nations Unies pour la Palestine, créée par la résolution 194 de l’Assemblée générale qui affirme aussi le droit au retour des réfugiés et apporte son soutien à l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency).
1967 (novembre) : la France contribue à faire adopter la résolution 242 du Conseil qui appelle à l’instauration d’une paix juste et durable au Proche-Orient.
1974 (octobre) : le ministre français des Affaires étrangères est le premier chef d’une diplomatie occidentale à rencontrer Yasser Arafat, à Beyrouth ; (novembre) la France vote en faveur de la reconnaissance de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) au sein de l’ONU en tant que membre observateur.
1982 (mars) : François Mitterrand est le premier président à exprimer, devant la Knesset (le Parlement israélien), l’objectif de la création d’un État palestinien.
1993-1994 : déclaration de principe dite d’Oslo et création de l’Autorité palestinienne.
2010 : la France réhausse le statut de la Délégation générale de Palestine en France, qui devient la Mission de Palestine, avec à sa tête un Ambassadeur.
2012 : la France vote en faveur du statut d’État observateur non-membre de la Palestine aux Nations Unies.
2015 : premier séminaire intergouvernemental franco-palestinien.
2016 (juin) : la France lance une « Initiative pour la paix au Proche-Orient ».
Éducation
221 395 étudiants palestiniens (2014-2015) : 84,14 % en Licence (4 ans), 4,76 % en Master, 0,01 % en Doctorat et 11,09 % en formation technique et commerciale (Bac +2). Environ 44 % des 18-24 ans étudient dans le supérieur. Ce taux de population universitaire est très supérieur à la moyenne du monde arabe.
Une population étudiante majoritairement féminine : 133 280 étudiantes, soit 60 % de l’effectif total des étudiants palestiniens.
Un décalage entre les profils universitaires et le marché du travail. Près de 75 % des inscriptions concernent les Sciences humaines et principalement l’éducation. Le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur reste élevé (54,7 % en 2015 pour les 20-29 ans titulaires d’un diplôme universitaire intermédiaire ou d’une Licence) même s’il est plus bas que pour les non-diplômés.
Une seule université offre une formation doctorale, dans le domaine de la chimie (An-Najah à Naplouse). Des réflexions sont engagées par les universités pour l’ouverture de nouveaux doctorats dans les années à venir (par exemple dans les disciplines scientifiques et le droit), avec d’éventuels partenaires internationaux ou français.
Apprentissage du français et Francophonie
Apprentissage du français (2015-2016) : 21 500 élèves dans les écoles palestiniennes (7 600/public, 14 000/privé), 1 379 étudiants inscrits en langue française dans les universités palestiniennes, 1 000 étudiants dans le réseau des Instituts français, environ 300 élèves au lycée français de Jérusalem, plus de 300 professeurs de français, 3 750 inscrits au DEFL/ DALF en 2016, 300 étudiants et professeurs concernés par une mobilité en France chaque année (stages linguistiques, stages didactiques, échanges scolaires).
Un réseau dense d’Instituts français et d’établissements partenaires : à Jérusalem, Naplouse, Gaza, Ramallah (Centre culturel franco-allemand), Hébron (Association d’Echanges culturels Hébron-France) et Bethléem (Alliance française). Le dispositif est complété par une antenne de l’Institut français du Proche-Orient (IFPO).
COOPÉRATION UNIVERSITAIRE ET SCIENTIFIQUE BILATÉRALE
Un dispositif dynamique de bourses
Une cinquantaine de bourses du gouvernement français (BGF) au niveau Master et Doctorat, délivrées par le Consulat général de France à Jérusalem sur des bases d’excellence universitaire.
Une partie de ces bourses sont à coût partagé avec les universités palestiniennes, les collectivités locales et les universités françaises.
Développement de partenariats de recherche franco-palestiniens : les programmes « Al-Maqdisi » (déclinaison palestinienne des partenariats de recherche Hubert Curien) sont l’instrument privilégié de la coopération française en matière de recherche, financés entièrement par le MAEDI et le MENESR. 13 sont actuellement ouverts (microbiologie, pharmacie, télécommunications, ingénierie, etc.)
Actions de coopération universitaire menées dans des domaines spécifiques comme le droit et l’administration publique, la médecine, les sciences, l’ingénierie et l’architecture, l’enseignement technique et professionnel et le français.
ACTIONS DES AUTRES PAYS
De nombreux pays coopèrent avec les Territoires palestiniens dans le domaine de l’enseignement supérieur au travers notamment de financement de bourses (États-Unis, Allemagne, Russie…). La France dispose d’un positionnement particulièrement intéressant dans le domaine de la recherche.
Les projets européens :
Erasmus : 42 projets de mobilité comprenant 325 mobilités d’étudiants et d’enseignants en 2015 (272 mobilités vers l’Union européenne et 53 en provenance de l’Union européenne).
Erasmus+ : l’action du Consulat général de France à Jérusalem vise à soutenir les candidatures d’établissements français inscrit à Erasmus+, programme de référence de l’Union européenne en matière de mobilité (bourses, échanges) et de renforcement des capacités des universités. Les universités françaises restent encore insuffisamment représentées dans ce programme dans les Territoires palestiniens.
Jean Monnet : dans la région Sud Méditerranée, les Territoires palestiniens sont le seul pays à avoir été sélectionnés pour un projet de ce type en 2015.
MOBILITÉ ÉTUDIANTE
➢ Vers le monde : plus de 20 000 étudiants palestiniens en mobilité en 2014. Longue tradition de mobilité étudiante vers la Jordanie, voisine, et les pays du Proche et Moyen-Orient : 35 % en Jordanie, 20 % en Arabie saoudite et 20 % aux Émirats arabes unis.
➢ Vers la France : en 2015-2016, la France accueillait 232 étudiants palestiniens (dont 37,2 % d’étudiantes)12 parmi lesquels 202 (87 %) étaient inscrits en université. La moitié des étudiants suivaient un cursus en Master, 22 % en Licence et le 1/3 en Doctorat. Ils sont principalement attirés par les Lettres / Langues / Sciences humaines (35 %) et les Sciences / STAPS (35 %). La part importante de doctorants palestiniens en France permet de pallier la quasi-absence de formations de troisième cycle dans le pays. Voir l'article...