La diplomatie scientifique, nouvelle dimension des relations internationales ?
En 2009, l’académie des sciences britannique (la Royal Society) réunissait dans ses murs environ 200 universitaires, chercheurs, diplomates et représentants de gouvernements venus d’une vingtaine de pays pour débattre autour du thème New Frontiers in Science Diplomacy. L’évènement a fait date, de même que le rapport influent publié à la suite de ces travaux. Pour la première fois, la diplomatie scientifique recevait une expression publique forte et argumentée. Un vocabulaire nouveau s’imposait.
Mais qu’y a-t-il derrière les mots ? Il est d’usage courant de parler de diplomatie culturelle, de diplomatie énergétique ou de diplomatie économique. Par analogie, l’expression diplomatie scientifique suggère que l’on s’intéresse à des pratiques se situant au croisement de deux domaines, celui de la diplomatie (la mise en oeuvre de la politique étrangère d’un pays par les voies privilégiées du dialogue et de la négociation) et celui de la science (entendue au sens large comme l’activité de recherche, toutes disciplines confondues, et l’accumulation des savoirs qui en résulte). Vaste sujet, que les développements qui suivent vont s’efforcer de cerner à partir de quelques questions simples.