Par Paul Santelmann, Responsable de la veille « emploi & qualifications » à l’AFPA. L’économie des services voit aujourd’hui apparaître des tentatives d’organisation mercantile d’une partie de l’économie informelle. Les pratiques d’entraide ou d’échange non marchands en passant par les différentes formes de bénévolat sont confrontées à une sorte de dilemme qui découle des potentialités du numérique. La possibilité de rationnaliser tout type d’activité par l’usage des connexions et de l’interactivité permises par l’informatique (internet) permet d’optimiser les offres de service désintéressées. Or cette optimisation peut conduire à un surcroît de dysfonctionnements et de contraintes pour les personnes concernées. Certaines sociétés se sont ainsi créées autour de la prise en charge et de la résolution de ces dysfonctionnements avec comme effet une captation des pratiques sociales spontanées et leur substitution par des offres de services marchands qui se présentent comme innovants. « L’uberisation » qui est emblématique de cette tendance, consiste à tenter de gommer les aléas des services spontanés et à mobiliser une population en manque de revenus autour de services aux particuliers sans rejoindre pour autant les règles du marché et du pacte social. L’engagement de ces sociétés repose sur un pari de qualité du service garanti par les prestataires ainsi mobilisés dont une des formes consiste à recueillir l’avis des « clients » comme arme de dissuasion à l’égard de comportements « non professionnels » des prestataires. Voir l'article...
22 novembre 2015
Tous professionnels non salariés ?
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