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Formation Continue du Supérieur
3 novembre 2013

Les dossiers Pays Campus France : Nigéria

http://www.campusfrance.org/sites/default/files/styles/ressource_image/public/ca_ressource/242634/dossier_16_fr.pngLe Nigéria est le pays le plus peuplé d’Afrique et selon les projections de l’Institut national d’études démographiques -INED- il sera le 3e pays le plus peuplé du monde en 2050. Considéré comme le géant de l’Afrique avec un PIB (Produit Intérieur Brut) qui représente 68 % de celui de l’Afrique de l’Ouest, le pays est actuellement le principal producteur africain de pétrole. Ses considérables réserves de pétrole et de gaz le destinerait à devenir la première économie africaine au plus tard en 2025 selon les prévisions des économistes de Morgan Stanley. Le Nigéria se hisserait même, selon Citigroup, au 6e rang des puissances mondiales en 2040 et au 5e, devant le Brésil, en 2050.
Acteur incontournable avec lequel la France a encore peu de relations, notamment universitaires, le Nigéria appartient pourtant à la Zone française de Solidarité Prioritaire. La coopération universitaire et scientifique franco-nigériane, encore peu développée, privilégie jusqu’à présent l’enseignement du français (3/5e des appuis bilatéraux de la France) et reste centrée sur le projet SIST (Système d’Information Scientifique et Technique) qui vise à rendre l’information scientifique et technique plus accessible.
Cependant le réseau culturel et de coopération français est bien présent au Nigéria à travers notamment un Institut Français à Abuja, un Institut Français de Recherche en Afrique (IFRA) basé à Ibadan avec une antenne à Zaria, trois CFTD (Center for French Teaching and Documentation) basés à Ibadan, Jos et Enugu, dix Alliances françaises basées à Lagos, Ibadan, Port-Harcourt, Owerri, Enugu, Jos, Kano, Maiduguri, Kaduna, Ilorin, un lycée français à Lagos, une école française à Abuja et une école d’entreprise à Port-Harcourt. En 2010-2011, la France était le 18e pays d’accueil des étudiants en provenance du Nigéria avec 203 étudiants inscrits dans ses établissements très loin derrière des pays tels que le Royaume-Uni ou les États-Unis.
L’objectif de la « Journée Nigéria » du 18 octobre 2013 est de favoriser une meilleure connaissance mutuelle des systèmes d’enseignement supérieur des deux pays et d’encourager le dialogue entre leurs composantes que sont les établissements. L’essor de l’économie nigériane ; l’organisation du système nigérian d’enseignement supérieur ; le développement récent et important des établissements publics et privés ; les principales orientations de la coopération universitaire franco-nigériane, autant de sujets traités par ce dossier Nigéria qui a pour vocation de mieux faire connaitre ce pays.
1. Présentation du système d’enseignement supérieur nigérian
Les autorités nigérianes considèrent qu’il est important que le système d’enseignement supérieur soit adapté à la société et qu’il réponde à ses besoins afin de favoriser le développement national. Ayant hérité d’un système d’enseignement britannique qui ne répondait plus aux besoins de la société après l’indépendance (1960), le Nigéria a connu une série de réformes de l’Education au niveau tertiaire, de la période coloniale à aujourd’hui. En outre, la politique nationale sur l’Education en 1977 a impulsé une série d’innovations dans le système d’enseignement supérieur nigérian. Ces réformes ont été mises en place afin de dynamiser et de centraliser le système éducatif colonial. On assiste en même temps à la diversification des enseignements et à la mise en place de quotas d’admission pour équilibrer la répartition du système éducatif dans les régions.
Le Nigéria compte aujourd’hui cinq types d’universités dont les trois principales sont : les universités fédérales, les universités dans les États fédérés et les universités privées. Le gouvernement fédéral nigérian contrôle la majorité des universités du pays, les gouvernements fédérés, quant à eux, contrôlent les universités fédérées créées dans leur État. Enfin, on assiste depuis une dizaine d’années à l’expansion des universités gérées par le secteur privé.
Les universités fédérales
Les universités fédérales totalisent actuellement 40 établissements, toutes reconnues par le gouvernement nigérian. Ce sont les universités les plus demandées, suivies par les universités d’États. Elles enregistraient en 2010, d’après l’Unesco, le plus grand nombre d’inscriptions, soit près de 160 000 étudiants.
L’Université de Lagos est le premier choix des étudiants avec près de 100 000 candidatures chaque année pour à peine 6 000 places. Elle est suivie par Ahmadu Bello University, qui reçoit près de 90 000 candidatures, l’University of Nigéria Nsukka (88 000), la Nnamdi Azikiwe University (85 000) et l’University of Benin (80 000). Trois générations d’universités se côtoient au Nigéria.
Cinq universités mises en place par le gouvernement colonial anglais entre 1948 et 1965, sur les recommandations de la « Ashby Commission » (1959), forment la première génération. En effet, constatant que les formations n’étaient pas adaptées aux besoins du pays, le gouvernement a mis en place, dans ces années-là, des projets de formation d’enseignants et a ouvert de nouvelles écoles. Ces universités sont actuellement totalement gérées par le gouvernement fédéral :
Université d’Ibadan (1948, la plus ancienne)
Université du Nigéria, Nsukka (1960)
Université Obafemi Awolowo, Ile-Ife (1962)
Université Ahmadu Bello, Zaria (1962)
Université de Lagos (1962)
Douze universités, fondées entre 1970 et 1985, constituent la deuxième génération. Enfin, la troisième génération regroupe les nouvelles universités ouvertes entre 1985 et 1999 afin de répondre à la demande grandissante des populations pour l’accès à un enseignement technique et scientifique.
Les universités dans les États fédérés
Afin de pallier le manque de place dans les universités fédérales et d’offrir à un maximum d’étudiants de bonnes conditions d’accès à l’enseignement supérieur, les gouvernements fédérés ont créé des universités gérées au niveau des États. Il existe actuellement 38 universités de ce type dans le pays. La première, fut créée à Port Harcourt en 1979. Le gouvernement a pour objectif d’installer une université fédérale dans chaque État fédéré.
Les universités privées
Une loi proclamée en 1992 permet au secteur privé de créer des universités. La première, La Babcock University située à Ilishan Remo a été fondée en 1999. Il y en a actuellement une cinquantaine. Certaines universités privées sont particulièrement renommées, notamment la Covenant University d’Ota et la Babcock University.
Après un net repli dans les années 1980, le système universitaire privé au Nigéria est actuellement en pleine expansion, en raison de l’incapacité du système public à faire face à de nombreux problèmes liés notamment à l’accès à l’enseignement supérieur, à la qualité des formations, ou au financement des établissements. Le secteur public doit faire face aux grèves, à des troubles liés au sectarisme religieux, ou encore à l’instabilité du calendrier universitaire – autant de points que le système privé est parvenu à maîtriser dans une plus large mesure. Cependant, l’accès au système universitaire privé a un coût prohibitif pour la plupart des candidats potentiels qualifiés et issus de milieux défavorisés. Télécharger le dossier Pays Campus France : Nigéria.

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