7 octobre 2012
L’université est une chance pour la formation des maîtres, saisissons-la!
Priorité à la formation des maîtres
40 000 postes mis au concours dès 2013, c’est plus qu’un signal dans un budget de réduction des déficits publics, c’est une formidable bouffée d’oxygène, c’est un horizon qui se dégage pour nos étudiants, dans un contexte de crise et de chômage, c’est une responsabilité et un défi pour tous ceux qui, dans nos universités, ont la charge de les former et de les préparer aux concours de recrutement.
Les universités françaises seront au rendez-vous que leur fixe la Nation, elles sont prêtes à répondre à la confiance et aux espoirs que les jeunes placent en elles. La formation des maîtres des écoles, des collèges et des lycées est au cœur de notre engagement d’enseignants et de chercheurs; c’est une des clés de la réussite de nos étudiants qui commence bien avant leur entrée dans l’enseignement supérieur.
Par ailleurs, comment prouver que nous savons remplir notre mission d’insertion professionnelle des étudiants si nous n’apportons pas la démonstration que nous savons aussi la réussir pour ceux qui nous sont les plus proches, dont certains deviendront des collègues dans nos universités, et sur qui repose la qualité de la formation de notre jeunesse – et, donc, l’avenir du pays!
Un défi pour les universités
Nul ne prétend que ce sera facile! Nous devrons faire face au défi du nombre sans altérer la qualité et le niveau de la formation. Les incertitudes et la dégradation des conditions d’entrée dans le métier ont provoqué, dans certaines disciplines, une crise des vocations. La période de transition va susciter, parmi les responsables des formations, un regain de pression et de nouvelles instabilités, alors qu’ils en sortent à peine. L’articulation entre la formation et le concours est complexe, et génératrice de tensions. Au sein de nos universités, entre les diverses composantes, mais également entre les universités de nouveaux équilibres vont devoir être trouvés. Ainsi, il va nous falloir, avant même que les débats des Assises de l’enseignement supérieur et la recherche aient porté leurs fruits, inventer de nouveaux types de structures dans nos universités. Nous devrons organiser un travail commun avec un Ministère employeur, celui de l’Education Nationale, qui de par sa taille et les enjeux qu’il porte laisse généralement peu de place à la souplesse et à la négociation. Nous savons tout cela. Mais, au regard de l’enjeu, du défi qui nous est lancé, toutes ces difficultés devront être surmontées. Comme le chantait Aragon,
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au cœur du commun combat
Ensemble
La formation des maîtres représente une telle urgence, se trouve tellement au cœur des missions de nos universités, qu’il n’est finalement pas absurde, même si ce peut être inconfortable, que son organisation précède les Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche et oblige nos établissements à se structurer pour remplir cette mission: à la vérité, c’est le socle de nos autres missions!
N’en déplaise à Philippe Aghion, c’est un enjeu pour nos universités autrement déterminant que de limiter le pouvoir des présidents, qui serait excessif! Face au défi qui nous attend, les présidents n’auront jamais trop de pouvoir de conviction, d’entraînement, d’apaisement, parfois, de concertation et de négociation, toujours, avec les différents acteurs internes ou externes pour permettre à nos universités d’être à la hauteur de la confiance qui est placée en elles. Nous ne sommes pas seuls. Nous avons conscience d’exprimer, quelles que puissent être les tensions et les inquiétudes, l’engagement profond de tous les acteurs de nos établissements.
Alors, décidément, oui, l’université est une chance pour la formation des maîtres. Autant que la formation des maîtres est une chance pour nos universités!
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