François Hollande - La formation professionnelle, un défi tout au long de la vie
Par Valérie Grasset-Morel. Deux « pactes » marquent le début du quinquennat du nouveau président de la République, François Hollande élu le 6 mai 2012: l’éducation et l’emploi. Et pour les relier, un défi : la formation professionnelle initiale et continue pour laquelle une nouvelle étape est proposée. Michel Sapin, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social du gouvernement de Jean-Marc Ayrault constitué le 16 mai est le pilote désigné pour conduire ce chantier. Premier rendez-vous : la conférence pour la croissance et l’emploi qui aura lieu en juillet.
François Hollande l’a affirmé au soir de son élection : chacun de ses choix se fondera sur un engagement majeur: la jeunesse. Sa priorité est de faire en sorte que dès la rentrée prochaine aucun jeune de 16 à 18 ans ne soit laissé sans solution, et ceci grâce à l’activation de tous les outils existants : l’enseignement professionnel, l’apprentissage et l’alternance. Pour le nouveau président de la République, la formation professionnelle continue ne peut être pensée sans lien avec la formation initiale. Pour preuve: les membres de son équipe de campagne chargés de la formation professionnelle ont planché au sein du Pôle « Education » piloté par le député européen Vincent Peillon.
« C’est dès l’école primaire que doivent s’acquérir les fondamentaux qui ouvrent la voie à la qualification et à une vie sociale réussie », expliquent Vincent Peillon et Philippe Meirieu, vice-président de la région Rhône-Alpes dans une tribune publiée le 4 mai 2012* avec les élus et personnalités qui composaient l’équipe « formation » de la campagne de François Hollande. Ce droit pour tous à la connaissance et à la qualification doit se poursuivre tout au long de la vie d’où la proposition de mettre en place une formation initiale différée et de créer « une sécurité sociale professionnelle avec un compte-temps formation pour permettre à chacun de reprendre des études, prendre un temps sabbatique, rebondir après un licenciement ou progresser professionnellement ».
Un chantier de moyen/long terme
Ces dossiers lourds ne devraient cependant pas être ouverts avant plusieurs mois. L’entourage de François Hollande ainsi que les partenaires sociaux souhaitent avant toute nouvelle réforme de la formation professionnelle évaluer la précédente qui n’est pas complètement achevée mais surtout, dans l’immédiat, le nouveau gouvernement a d’autres priorités sociales: le coup de pouce au Smic promis par le chef de l’Etat, la réforme des retraites, et l’emploi des jeunes par la création du contrat de génération et du contrat d’avenir.
La méthode retenue pour aborder chacun de ces sujets est la concertation. Michel Sapin, ministre du travail en charge de la formation professionnelle mais également du dialogue social a souligné à l’issue de la passation de pouvoirs avec son prédécesseur Xavier Bertrand qu’il prônait une méthode de dialogue « la plus à l’écoute » des partenaires sociaux pour mener à bien les réformes sociales du gouvernement. Ces derniers n’ont pas tardé à faire savoir qu’ils souhaitaient le rencontrer avant les élections législatives des 10 et 17 juin prochains.
La conférence sociale
Un rendez-vous important qui donnera lieu à une vaste concertation entre tous les acteurs concernés par les questions d’emploi, de formation et de jeunesse aura lieu en juillet: il s’agit de la conférence nationale pour la croissance et l’emploi qui réunira sous la présidence de François Hollande les ministres concernés, les partenaires sociaux et les régions avec une ambition particulière: «Trouver les meilleures formes de gouvernance pour la formation professionnelle ».
Enfin à l’automne, Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l’Etat, de la décentralisation et de la fonction publique devrait lancer le nouvel acte de la décentralisation promis par le président de la République. Tout en garantissant à l’Etat le maintien de son pouvoir régalien normatif, les régions devraient hériter de compétences « formation » élargies et d’un rôle de chef de file. « Déjà dotées de prérogatives en matière de développement économique et de formation, elles constituent l’échelon privilégié pour coordonner les politiques de formation au plus près des territoires », souligne Jean-Paul Denanot, président du Conseil régional du Limousin qui fut l’un des conseillers « formation » de François Hollande pendant sa campagne. Le transfert de nouvelles compétences pourrait s’effectuer sur la base d’expérimentations. Un autre défi du quinquennat consiste à mettre en place de véritables services publics régionaux de la formation.
* http://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221146489/qualification-metier-chacun.