Canalblog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Formation Continue du Supérieur
1 juillet 2012

Intégrer dans une économie de sous-emploi, notamment les immigrés et leurs descendants directs et l'accès aux Universités

http://www.hci.gouv.fr/squelettes/images/footer.pngLe Président du Haut Conseil à l’intégration,Patrick Gaubert, a été reçu le 12 juin 2012 par le directeur du Cabinet du Premier Ministre auquel il a présenté les activités du Haut conseil et lui a remis l’avis "Intégrer dans une économie de sous emploi". Cet avis sera publié dans le courant du second semestre par la Documentation française. Lire la présentation de l’avis. Télécharger l’Avis "Intégrer dans une économie de sous emploi".
Haut Conseil à l'intégration -
Intégrer dans une économie de sous emploi - Présentation
La fonction intégratrice du travail, notamment pour les immigrés et leurs descendants directs, est devenue incertaine dans notre économie de sous-emploi marquée par la désindustrialisation. Alors que l'immigration avait pour principal motif le travail industriel pendant les "trente glorieuses", tel n'est plus le cas depuis 1974 avec sa suspension et son remplacement par une immigration familiale. L'industrie française dans le même temps a perdu 36% de ses effectifs depuis 30 ans.
Les immigrés restent néanmoins concentrés dans certaines professions. Ils sont proportionnellement trois fois plus nombreux que les Français de naissance dans l'hôtellerie restauration, l'intérim, la sécurité et le nettoyage, et reste plus présent dans la construction (10% au lieu de 7% chez les Français de naissance) mais moins dans l'industrie (10% pour 16% de Français de naissance).
Les actifs immigrés des pays tiers sont aussi concentrés dans 3 régions: 48% en Ile-de-France, 9% en Rhône-Alpes et 9% en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Paradoxalement, les descendants d'immigrés des pays tiers, même s'ils accèdent plus fréquemment aux études supérieures, ont un taux de chômage supérieur à celui de leurs parents (24,2% pour 20,2%) qui est globalement le double de celui des Français de naissance.
L'immigration familiale alimente le marché du travail

Les immigrés depuis près de 30 ans viennent très majoritairement dans le cadre des procédures de rapprochement familial (80%). Cette immigration de plus de 88 personnes en moyenne chaque année, presqu'autant masculine que féminine, jeune (32 ans en moyenne) a aussi vocation à exercer une activité professionnelle.
C'est pourquoi, notre pays doit pouvoir la réguler, ne serait-ce qu'en raison d'un taux de chômage structurellement élevé en France, encore aggravé par la crise financière de ces quatre dernières années.
Pour le Haut Conseil, le gouvernement devrait soumettre annuellement au Parlement, au vu des capacités nationales d'accueil (école, emploi, logement) le cas échéant déclinées régionalement, un seuil maximum d'immigration qui servirait de référence à la politique d'attribution de visas de long séjour.
Développer l'employabilité des immigrés

La situation des immigrés, au regard de l'emploi, est marquée par une forte inadéquation de la demande par rapport à l'offre.
Le Haut Conseil recommande d'accentuer l'aide à la recherche d'emploi des primoarrivants dès l'accueil sur notre territoire, par une séquence d'information collective permettant d'acquérir la connaissance des outils d'accès à l'emploi: rédaction d'un CV, conduite d'entretien, recherche d'emploi.
De même, pour les publics peu qualifiés, en particulier les femmes, à l'instar des pratiques de la branche "propreté", il convient de développer les modules courts permettant d'acquérir des "unités de valeur" pouvant déboucher sur une qualification. C'est, en outre, dans ce contexte professionnel que l'apprentissage du français se révèle le plus efficace. La loi, en 2004, a réformé en profondeur le système de formation professionnelle avec notamment l'objectif de permettre à tout salarié de pouvoir suivre, à son initiative, une formation rémunérée en français. Le Haut Conseil recommande d'établir un bilan d'application de ce dispositif et de créer une obligation d'information annuelle du comité d'entreprise dans toutes les entreprises comprenant des salariés immigrés non francophones. Par ailleurs, le taux d'activité des femmes est très inégal en fonction de l'origine. Si 74% des femmes d'origine portugaise ont une activité professionnelle, ce taux s'élève à 67% pour les femmes d'Afrique sub-sahélienne (soit plus que la moyenne des Française de naissance 66,8%) mais n'est que de 50,5% pour les femmes d'origine algérienne, 45,8% pour celles d'origines marocaines et seulement 28,7% pour les femmes d'origine turques.
Le Haut Conseil souhaite que les acteurs sociaux (assistantes sociales des CCAS, des CAF, employés des PMI etc.) contribuent plus fortement à aider les femmes immigrées à accéder à l'autonomie en les encourageant à sortir de leur domicile, à se déplacer en centre ville, à apprendre le français, en aidant leurs enfants pendant leur scolarité, à participer aux activités associatives ou culturelles et ainsi, à terme, à accéder plus facilement à l'emploi.
Descendants d'immigrés: revoir l'orientation, accompagner vers le droit commun, attirer les talents

Chiffres emblématiques des réussites de l'intégration: 57;5% des hommes et 68 % des femmes descendants des pays du sud est asiatique accèdent aux études supérieures, c'est à dire mieux que la population française (48/58). Parmi les descendants d'immigrés venus du Portugal, les filles sont beaucoup plus nombreuses que les garçons à poursuivre leurs études dans le supérieur (60% contre 30%).
Le différentiel est également marqué pour les autres origines: Algérie (37 % pour les hommes, 44% pour les femmes), Afrique Sahélienne (33% pour les hommes 51% pour les femmes). Le plus faible taux d'accès à l'enseignement supérieur revient aux descendants turcs avec 22% pour les hommes et 28% pour les filles. Cette situation tient beaucoup à ce que les garçons sont plus fréquemment en difficulté scolaire.
L'orientation scolaire est un passage souvent mal vécu et source de ressentiment.
Aussi, pour éviter le sentiment d'une orientation subie, le Haut Conseil préconise de renforcer les passerelles sous forme de stages ou de modules, pour permettre à un jeune en formation initiale d'adapter son parcours scolaire à l'évolution de son projet. Il recommande également d'expérimenter un crédit de formation pour les jeunes entre 18 et 25 ans sortis du système éducatif et qui découvrent l'intérêt d'une formation dans un secteur donné.
L'orientation est également importante à l'orée de l'enseignement supérieur pour choisir les filières débouchant sur l'emploi. Les actions menées par l'association "Talents des cités", afin de rapprocher les entreprises des universités, sont très prometteuses, trop de jeunes diplômés peinent à trouver un emploi faute d'une orientation adéquate. Parallèlement, le Haut Conseil juge nécessaire d'afficher clairement la volonté de la France de faciliter les changements de statut des étudiants étrangers hautement qualifiés.
Il reste que l'insertion professionnelle est souvent plus difficile pour des descendants d'immigrés, faute de connaissance des codes de l'entreprise et de relations personnelles qu'essayent de compenser les réseaux de parrainage. Le Haut Conseil préconise de développer les outils leurs permettant d'acquérir ces codes indispensables, de même que l'apprentissage systématique de l'anglais courant désormais indispensable même pour des emplois peu qualifiés.
Enfin, en termes d'organisation des politiques publiques, les actions pour l'emploi financées par les politiques d'intégration et de la ville ne doivent ni se disperser, ni chercher à se substituer aux dispositifs des opérateurs de l'emploi. Pour le Haut Conseil ces politiques doivent se concentrer sur les actions d'accompagnements quelles qu'en soient les formes: parrainage, remise à niveau, "coaching".
L'égalité dans l'emploi au coeur de la politique d'intégration L'accès à l'emploi est, avec l'orientation scolaire, le domaine où les descendants d'immigrés expriment le plus fréquemment un ressentiment lié à une discrimination réelle ou supposée.
Depuis une dizaine d'années en France, les entreprises se sont engagées dans la lutte contre toutes les formes de discriminations, pour la promotion de l'égalité et de la diversité, avec en particulier un accord interprofessionnel du 12 octobre 2006 sur la diversité et l'égalité des chances dans l'emploi, étendu à toutes entreprises en 2008. Le Haut Conseil recommande qu'un bilan de cet accord soit établi et que le dialogue social sur ce sujet soit relancé. Sans attendre ce bilan, le Haut Conseil recommande que toutes les entreprises, qu'elles soient ou non signataires de la charte ou du label diversité utilisent les outils disponibles permettant de lutter contre les discriminations : recrutement par habiletés, CV anonyme, "Jobdating", parrainage.
Enfin, pour mesurer que les procédures de recrutement et les différentes étapes des parcours professionnels ne sont pas discriminantes, le Haut Conseil recommande, à l'exemple de La Poste, de recourir aux indicateurs objectifs que sont le sexe, le lieu de naissance, de résidence, l'âge ou la nationalité, comme l'autorise d'ailleurs la Commission nationale de l'information et des libertés (CNIL). Ainsi, il réaffirme que cette mesure rend inutile le recours à des statistiques ethniques.

Quelques extraits concernant les Universités

L'orientation est également importante à l'orée de l'enseignement supérieur pour choisir les filières débouchant sur l'emploi. Les actions menées par l'association "Talents des cités", afin de rapprocher les entreprises des universités, sont très prometteuses, trop de jeunes diplômés peinent à trouver un emploi faute d'une orientation adéquate. p.5
5. L'ACCES AUX UNIVERSITES ET AUX GRANDES ECOLES
Le Haut Conseil souhaite aussi relever quelques problématiques propres aux descendants d'immigrés dans le supérieur dues pour l'essentiel à leurs origines sociales plus souvent modestes que les enfants de parents français.
Bénéficiant de quarante années de démocratisation des études universitaires, les jeunes issus de l'immigration se sont désormais aussi retrouvés en nombre dans les universités Beaucoup abandonnent souvent au cours de la première année. Pour pallier les difficultés liées à une difficile autonomisation du travail, ou à une orientation inadaptée, de nombreuses universités ont mis en place des actions de tutorat ainsi que la possibilité de changer d'orientation en cours d'année, dispositions qui ne visent d'ailleurs l'ensemble des étudiants.
Si les pouvoirs publics sont surtout préoccupés de ceux qui rencontrent d'importantes difficultés d'ordre social, l'égalité d'accès aux études s'est posée également pour les filières d'excellence dans le cadre des politiques de promotion de la diversité, la faiblesse de l'accès aux grandes écoles des jeunes issus des banlieues à été dénoncé comme une rupture d'égalité.
En effet, l'accès aux grandes écoles reste difficile pour les enfants issus de l'immigration comme pour ceux des milieux populaires. De manière emblématique, Sciences po a engagé, la première, une politique visant à conclure avec certains lycées situés en ZEP des conventions permettant de repérer de bons élèves et de leur permettre d'accéder dans des conditions spécifiques à la première année de Sciences-po. Une fois intégrés, ces étudiants profitent ensuite d'un tutorat et d'un encadrement particulier. Surtout destinée aux jeunes issus de la diversité, cette politique s'appuie sur un dispositif proche de la discrimination positive. Elle exclut d'autres populations issues de milieu tout aussi populaire et même d'enfants des classes moyennes qui n'entrent pas dans le cadre des conventions signées avec Sciences-po.
Elles cachent l'inégalité sociale majeure qui n'a cessé de s'aggraver tout au long des trente dernières années entre les différentes filières qui accentuent les inégalités sociales comme le dénonçaient jadis Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron dans Les héritiers. Le nombre d'enfants d'ouvriers réussissant à intégrer les grandes écoles est infime 2,9% pour l'ENA et 4,5 % pour Sciences-po, 0,51% pour HEC dont le coût est prohibitif pour de nombreuses familles des classes moyennes.
Cette volonté de diversifier les origines se préoccupe en fait très peu des origines sociales. Elle cherche avant tout à afficher l'image d'une société multiculturelle. Il reste que si certains se sont préoccupés d'ouvrir l'accès d'une école comme Sciences-po Paris qui représente un symbole des élites, l'université française accueille de très nombreux descendants immigrés sans pratiquer de politique d'affichage de la diversité.
Dernier avatar de cette évolution, l'annonce récente par Sciences-po Paris de supprimer l'épreuve de culture générale, jugée trop discriminatoire, et de la remplacer par un examen des qualités personnelles. Cette approche ne manque pas de soulever des interrogations lorsque l'on sait que des enfants, certes peu nombreux, issus de milieux populaires ont su acquérir les connaissances de culture générale grâce à leur travail même si leurs parents ne possédaient pas ces connaissances. Plus que la culture générale, c'est souvent le niveau de connaissance de l'anglais qui se révèle le plus discriminant. D'autres grandes écoles sont entrées dans cette logique mais de manière plus égalitaire comme l'ESSEC ou le lycée Henri IV qui ouvre cette voie sur la base de propositions nationales d'élèves repérés en fonction de leurs capacités et de leurs motivations. Sélectionnés, un tutorat spécifique leur est également accordé afin qu'ils puissent se mettre à niveau.
La réussite des filles

L'accès à l'enseignement supérieur montre des écarts plus importants entre descendants d'immigrés que par rapport à la population française. Le taux d'accès résulte du parcours scolaire qui a déjà produit des différenciations importantes. Le taux d'accès est faible pour les descendants de Turquie (25%), du Portugal (45%%) d'Afrique sub-saharienne (44%) et d'Algérie (41%). Le taux le plus élevé revient aux descendants des pays du sud est asiatique 57,5% pour les hommes et 68% pour les femmes, mieux que la population française (48/58).
Mais ce sont les différences sexuées qui sont les plus remarquables pouvant dépasser les 20 points entre garçons et filles de la même origine. Parmi les descendants d'immigrés venus du Portugal, les filles sont beaucoup plus nombreuses que les garçons à poursuivre leurs études dans le supérieur (60% contre 30%). Le différentiel est également marqué pour les autres origines Algérie 37% pour les hommes 44% pour les femmes, Afrique Sahélienne (33% pour les hommes 51% pour les femmes), 43/56 pour les descendants d'Espagne et d'Italie. Le plus faible taux d'accès à l'enseignement supérieur revient aux descendants turcs avec 22% pour les hommes et 28% pour les filles.
Nos quartiers ont du talent
Créée en 2005 par Messieurs Yazid Chir et Raynald Rimbault, l'opération a débouché sur la constitution d'une association en 2006. Son objectif est d'aider à l'insertion des jeunes de moins de trente ans, titulaires de diplômes à Bac +4 et plus, prioritairement issus des quartiers populaires. La mobilisation d'un réseau de cadres supérieurs ou dirigeants permet de parrainer de jeunes diplômés afin de les aider dans leur recherche d'emplois (CV, lettre de motivation, préparation à l'entretien professionnel). L'intérêt est de mettre directement le jeune diplômé avec un cadre spécialisé dans son secteur.
Au travers de cette expérience, l'association a fait le constat que le premier facteur de discrimination n'était ni l'origine, ni le nom, ni la localisation mais l'orientation. C'est pourquoi un travail de collaboration a été entrepris avec les Universités (Paris 8, Paris 13, Cergy Pontoise…) afin d'informer utilement les jeunes sur les parcours débouchant sur des emplois. De fait, en fonction de leurs parcours certains jeunes trouvent un emploi après un ou deux mois de recherche alors que d'autres mal orientés attendent plus d'un an.
La collaboration avec les universités encore trop souvent éloignées du monde de l'entreprise a été fructueuse. Reste que les filles sont en général plus motivées que les garçons ce qui est aussi un atout essentiel. Autre élément déterminant la maîtrise de l'anglais. Cet enseignement indispensable pour accéder aux emplois de cadre doit absolument être développé. Ainsi, l'association offre systématiquement une remise à niveau en anglais. 75% des 8 056 jeunes inscrits dans ce dispositif ont été recrutés sur des postes pérennes.
Les cordées de la réussite

Les cordées de la réussite ont pour objectif d'améliorer l'accès à l'ensemble des filières post-bac pour les jeunes issus des quartiers de la ville. Le dispositif repose sur des conventions de partenariat signées entre les établissements du secondaire et des établissements d'enseignement supérieur (grande école, université, classes préparatoires). 250 cordées de la réussite ont été signées en 2011 concernant 424 établissements et 9 780 élèves dont 45% relevant d'un territoire prioritaire de la politique de la ville. Le soutien de l'Etat s'élève à 8,6 M€.
Recommandation
N°20 - Le Haut Conseil recommande
qu'un effort particulier soit fait en matière d'apprentissage de l'anglais, au niveau du lycée et de toutes les filières universitaires (développement des bi-licences par exemple). La maîtrise de l'anglais courant est en effet un "passeport" indispensable pour exercer de très nombreux métiers et non seulement pour accéder aux filières d'excellence. A cet égard, le Haut Conseil se félicite de la création par le Centre national de l'Education à Distance (CNED) d'une méthode d'apprentissage pour tout public et tout niveau (English by yourself).
Il invite également, à l'instar de l'initiative de l'association Nos cités ont du talent, à généraliser le rapprochement des universités et des entreprises afin d'aider les jeunes à s'orienter vers les filières débouchant sur des emplois. p.70-73

http://www.hci.gouv.fr/squelettes/images/footer.png President of the High Council for Integration, Patrick Gaubert, was received June 12, 2012 by the Director of the Prime Minister which he presented the activities of the High Council and presented him with the notice "Embed in an economy underemployment ". This notice will be published in the second half by the French Documentation. Read the filing of the notice. Download the Notice "Embed in an economy in employment". High Council for Integration - Integrate in an economy of underemployment - Presentation. More...

Commentaires
Newsletter
53 abonnés
Visiteurs
Depuis la création 2 803 137
Formation Continue du Supérieur
Archives