L'apprentissage : un levier pour la diversité sociale ?
Depuis quelques années, l'apprentissage a le vent en poupe. Autrefois relégué aux formations infra bac et considéré comme une "voie de garage", son image a commencé à changer en même temps qu'il gagnait les sphères de l'enseignement supérieur.
"L'apprentissage dans l'enseignement supérieur connaît une croissance continue depuis une quinzaine d'années", note le rapport des ateliers de l'apprentissage et de l'alternance. En 2008-2009 l’apprentissage dans l’enseignement supérieur représentait un effectif de près de 100000 étudiants, soit 20% des apprentis et 5% de l’ensemble des étudiants.
Des arguments pour l'apprentissage...
Les universités comme les grandes écoles se sont engagées avec enthousiasme sur la voie de l'apprentissage. Cet engouement peut s'expliquer notamment par les apports attendus de ce dispositif en matière de mixité sociale. L'apparition de formations en apprentissage dans le supérieur a en effet donné l'espoir de voir des jeunes titulaires d'un CAP ou d'un bac pro poursuivre vers les filières les plus élevées. Ces parcours ont même été rendus théoriquement possible par la possibilité de signer jusqu'à trois contrats d'apprentissage successifs. De plus, la formule apporte des revenus conséquents aux jeunes les plus défavorisés, leur permettant de financer de longues études...
Une réussite corrélée à une volonté politique
La déconvenue est plutôt amère. Si l'apprentissage semble avoir réussi dans sa mission de professionnalisation des études supérieures, il aurait échoué à les rendre plus démocratiques. Il faut néanmoins se garder d'un trop grand pessimisme. S'il n'est pas le "remède miracle" permettant de gommer les inégalités, certains exemples permettent d'identifier des situations où l'apprentissage, associé à une volonté politique, est un levier de diversité.
A l'intérieur même de l'enseignement supérieur, l'apprentissage fait ses preuves en matière d'ouverture sociale des grandes écoles. En 2009, 35% des apprentis en écoles d'ingénieurs étaient issus des instituts universitaires technologiques (IUT). Ce chiffre doit néanmoins être considéré à l'aune des autres dispositifs mis en place par les grandes écoles pour diversifier leurs effectifs (admissions parallèles, actions de sensibilisation,...).
Pour les filières courtes de l'enseignement supérieur, il est à noter que le plan de rénovation des filières STS (sections de techniciens supérieurs) proposé par Valérie Pécresse accorde une grande place à l'apprentissage. La ministre a souhaité développer fortement l’alternance, "en portant à 30% le taux de diplômés de BTS en alternance, contre 15% aujourd’hui".
La réussite de ce dispositif en matière de démocratisation de l'enseignement supérieur sera cependant soumise à la condition que les bacheliers technologiques et, surtout, professionnels aient accès à ces filières STS et y réussissent. Selon une note du ministère, 19% des nouveaux bacheliers inscrits en STS en 2009 avaient obtenu un bac professionnel (contre 8% en 1999), et 84% d'entre eux passaient avec succès en deuxième année.
Ces bacheliers professionnels sont néanmoins plus nombreux à quitter la filière STS ou à se réorienter. En 2009, si 80,8% des bacheliers généraux avaient obtenus leur BTS et 69,6% des bacheliers technologiques, le résultat tombait à 49,4% pour les bacheliers professionnels. L'avenir dira si davantage d'apprentissage en BTS permettra de changer ces chiffres...
Interview : Sonia Hamoudi – Responsable du programme Emploi et Diversité du réseau IMS-Entreprendre pour la Cité (l'association IMS-Entreprendre pour la Cité fédère un réseau de 200 entreprises, qu'elle accompagne dans la conception et la mise en place d'initiatives en faveur d'une plus grande équité sociale)
Quelles sont les actions menées par IMS-Entreprendre pour la Cité en faveur de l'alternance ?
L'alternance est au cœur des Forums Emploi et Diversité que nous organisons deux fois par an. Le premier a lieu au mois d'avril pour proposer des offres de stage, alternance et jobs d'été, en lien avec les besoins des entreprises à cette période de l'année. Le second a lieu durant le second semestre et propose des offres d'emploi et aussi d'alternance. Ces rendez-vous s'adressent à des jeunes de niveau bac +2 à bac +5, issus de la diversité ou de quartiers sensibles, qui rencontrent souvent de grandes difficultés à décrocher un entretien. On sait qu'un patronyme à consonance étrangère ou la mention de certains lieux d'habitation sur un CV donnent aux candidats 3 à 4 fois moins de chance au candidat d'obtenir un entretien. Cela vaut aussi bien pour un stage, un emploi qu'un contrat en alternance.
Pourquoi promouvoir l'alternance ?
L'alternance est un formidable moyen pour acquérir des compétences qui n'ont pas forcément apportées par la formation initiale, notamment pour connaître son futur métier. Elle va également permettre la construction d'un réseau. Ce dernier point est particulièrement important, car la plupart des jeunes que nous accompagnons sont issus de formations universitaires, qui ne contribuent pas autant à la construction de ces réseaux que les cursus grandes écoles. Enfin, alors que depuis 5 ans la population RH est fortement sensibilisée à la question de la diversité, les managers le sont moins. L'alternance peut ainsi être utilisée comme un moyen pour faire tomber les stéréotypes.
Diriez-vous que les universités ne proposent pas assez de formations en alternance et/ou que les jeunes que vous accompagnez ne connaissent pas suffisamment ce dispositif de formation ?
Non, ce constat était valable il y a 5 ou 7 ans. Mais aujourd'hui les universités proposent des formations en alternance, y compris pour des niveaux Master 1 ou 2 de plus en plus recherchés par les recruteurs. Depuis trois ans nous recevons en outre beaucoup d'appels téléphoniques de jeunes qui nous contactent pour trouver un contrat en alternance. Ils connaissent bien ce dispositif et sont de plus en plus demandeurs.
Nous travaillons avec les services emplois des universités pour présenter leurs candidats aux entreprises du CAC 40 qui font partie du réseau IMS-Entreprendre pour la Cité, et qui ont souvent des habitudes de travail avec les grandes écoles. Nous essayons de faire la connexion entre les deux, de permettre aux entreprises de s'ouvrir davantage aux formations universitaires. Parce que nous sommes convaincus qu'elles y trouveront les talents de demain.
Az elmúlt években, tanulás a szél a vitorlákat. Korábban kiesett a sub tartály formációk és amely a "kitérő", aki képes változni kezdett egyidejűleg elnyerte a szférák felsőoktatás.
"A tanulás a felsőoktatásban folyamatosan nőtt az elmúlt tizenöt évben," állapítja meg a jelentés a műhelyek a tanulás és váltakozás. 2008-2009 folyamán tanulás a felsőoktatásban képviselt munkaerő közel 100.000 hallgató, 20%-át a szakiskolások és 5%-a az összes versenyző. Még több...