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Formation Continue du Supérieur
24 janvier 2011

Toujours plus ?

Le coût du système éducatif est d’abord lié à la massification débridée du secondaire et du supérieur entamée dans les années 80 qui n’a pas pris en compte un certain nombre d’éléments qui ne permettaient plus de reconduire le système ancien.
Plusieurs contresens ont été commis durant cette période
: *L’illusion que l’investissement éducatif pouvait protéger les nouvelles générations du chômage et garantir une progression professionnelle pour tous. *Une mécompréhension des mutations technico-organisationnelles du système de production conduisant à la croyance que les emplois du futur allaient essentiellement être marqués par une montée en connaissances générales justifiant un allongement drastique des études. *La sous-estimation du rôle de l’expérience et de la formation qualifiante des adultes dans l’adaptation de la population active aux mutations du travail. *La posture consistant à maintenir un « mur de Berlin » entre système éducatif et monde du travail. *Le maintien de l’enseignement professionnel comme voie de relégation des élèves ayant échoué dans l’enseignement général. *La bizarrerie consistant à maintenir une hiérarchie et un cloisonnement entre filières technologiques et professionnelles (ce qui est certainement l’illustration la plus marquante de la mécompréhension des mutations du travail). *Le développement externalisé (par rapport aux établissements scolaires) de l’apprentissage et des systèmes de formation par l’alternance sous contrats de travail dans des structures de formation démunies en matière d’ingénierie de formation. *Une conception des diplômes professionnels inadaptée à l’alternance et plus largement aux acquisition en situation de travail. *La persistance d’une conception de l’enseignement professionnel rétive aux poly-compétences et à la polyvalence.
L’idée que le système éducatif pouvait résoudre à lui seul la démocratisation de l’enseignement et la résolution des problèmes d’insertion professionnelle des jeunes a conduit à de nombreuses désillusions.  Ce doute à l’égard du système éducatif a rendu plus difficile la mise en place d’un cercle vertueux consistant à étaler l’effort de formation tout au long de la vie notamment vers celles et ceux qui exercent les emplois du bas de l’échelle. Or cet effort de formation des actifs les moins qualifiés nécessite des perspectives professionnelles crédibles. Elle restera un leurre si la société s’emploie à vouloir faire occuper les emplois intermédiaires et de cadres uniquement par les jeunes qui ont réussi la course aux diplômes ce qui restreint d’autant les voies promotionnelles pour les salariés avec le paradoxe du développement du sentiment de déclassement pour certains d’entre eux.
Ainsi les mécanismes de l’ascenseur social sont partiellement enrayés par l’inflation des diplômes supérieurs (licences professionnelles et masters) et les logiques de poursuite d’études des jeunes ayant préparés des diplômes visant l’accès à l’emploi (BAC professionnel, BTS, DUT…). Cette fuite en avant en niveau d’une partie des nouvelles générations se fait aussi sur le dos des jeunes « décrocheurs » qui ne parviennent pas à acquérir un diplôme dans le secondaire ou qui abandonnent dans les premières années d’Université et qui se voient stigmatisés à vie…
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