Blog Educpros de Pierre Dubois. 
L’état de l’École. 31 indicateurs sur le système éducatif français. Le
22ème état vient d’être publié par la DEPP (Ministère de l’Éducation nationale). Pour la deuxième année consécutive (de
2009 à 2010 et de 2010 à 2011), la dépense d’éducation par étudiant inscrit dans l’enseignement supérieur a baissé. Intéressant! Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez ne disaient-ils pas le contraire?
Indicateur 4. La dépense d’éducation pour l’enseignement supérieur, en euros constants, a été de 28 milliards en 2011 contre 27,8 en 2010, mais le nombre d’étudiants a progressé d’une année sur l’autre. En 2011, la dépense par étudiant a été de 11.630 euros (11.670 eu 2010).
Cette moyenne cache des disparités importantes et historiques entre la dépense pour les classes supérieures des lycées et pour l’université (graphique 2). Les sections de techniciens supérieurs et les classes préparatoires aux grandes écoles sont plus dépensières (respectivement 13.740 et 15.080 euros par étudiant en 2011) que les universités. Mais ces formations sélectives sont de moins en moins à la fête.
La dépense par étudiant y diminue continument (à cause du non-remplacement d’un enseignant sur deux partis en retraite?). En CPGE, en euros constants, elle était supérieure à 16.000 euros en 2001. En STS, la dépense était nettement supérieure à 14.000 euros entre 2001 et 2006. J’adore le commentaire “positif” de la DEPP: “au cours des années récentes, la dépense par étudiant en université a tendance à se rapprocher de celle des STS et des CPGE”. Déshabiller Pierre pour habiller Paul?
La dépense par étudiant inscrit à l’université a été de 10.770 euros en 2011, en légère progression par rapport à l’année précédente et en forte progression depuis 2007 (8.000 euros en moyenne entre 1999 et 2007). Elle a dépassé le seuil des 10.000 euros pour la 1ère fois en 2009. On ne peut donc nier a priori l’effort financier important fait pour les étudiants universitaires. Mais il y a deux “mais”.
La DEPP signale en effet deux ruptures dans les séries statistiques (note du graphique 2). “En 1999, rupture due à la rénovation du compte de l’éducation; en 2006, rupture due à la modification des règles budgétaires et comptables de l’État; la réforme de la Lolf ne permet plus de repérer les dépenses des IUT qui sont depuis 2006 intégrées aux universités”. La seconde rupture est plus importante que la première.
En 2006, la dépense par étudiant d’IUT était de 10.000 euros et celle par étudiant universitaire (hors IUT) de 8.000 euros. L’intégration de ces deux dépenses a fait mécaniquement progresser la dépense par étudiant de l’université considérée globalement. Sont également cachés les flux financiers à l’intérieur des universités. Depuis le passage aux responsabilités et compétences élargies, l’argent des IUT est “rogné” par les universités en difficultés financières; les directeurs et présidents d’IUT n’en sont pas contents du tout (
contribution aux Assises).
“À partir de 2006, et en raison de la nouvelle présentation des lois de finances dans le cadre de la Lolf, on retient l’ensemble des coûts de la recherche en université (personnel, fonctionnement et investissement)”. L’intégration des dépenses de recherche, comme celle des dépenses des IUT, a fait mécaniquement progresser la dépense par étudiant universitaire. De combien? La DEPP ne sait-elle pas faire ce calcul ou lui a-t-on donné la consigne de ne pas y procéder? Si consigne il y a eu, Geneviève Fioraso devrait s’empresser de la lever!
Le lecteur du blog sera d’accord avec moi pour affirmer que la dépense réelle par étudiant universitaire (hors IUT et hors dépenses de recherche) demeure nettement moins élevée que la dépense par étudiant en STS ou en CPGE, même si cette dernière dépense a diminué dans les années récentes.
Bien sûr, les données statistiques sur les dépenses par étudiant devraient comparer à niveau de formation égal. Combien la France dépense-t-elle par étudiant de CPGE, de STS, d’IUT, de licence? Quelle est la différence entre la dépense par étudiant en CPGE et en licence? Un écart de 1 à 2,5 n’est pas improbable.
Mais déjà, je lis les commentaires des lecteurs: "comparons ce qui est comparable; n’oublions pas les taux importants taux d’échec en licence; comparons donc la dépense par étudiant ayant réussi ses études". Oui! Encore du boulot pour la DEPP! Les lecteurs n’ont pas tort.
Plus de 55.000 bacheliers professionnels, inscrits à la rentrée 2012 en BTS ou en licence universitaire, ne vont pas y obtenir de diplôme. Dépenses pour une année d’inscription en échec dans l’hypothèse d’une dépense moyenne de 10.000 euros par étudiant: 550 millions d’euros, soit un énorme gaspillage. Chronique:
"Enfin! Alarme pour les bacs pros!".
Blog Educpros Pierre Dubois.
The state of the school. 31 indicators on the French educational system. The 22nd state just been published by the DEPP (Ministry of Education). For the second year in a row (from 2009 to 2010 and from 2010 to 2011), education expenditure per student enrolled in higher education has declined. Interesting! Valérie Pécresse and Laurent Wauquiez said they did not otherwise?
Indicator 4. Education expenditure for higher education, in constant euros, was 28 billion in 2011 against 27.8 in 2010, but the number of students increased from one year to another. In 2011, the expenditure per student was 11,630 euros (11,670 was 2010). More...