Universités & Territoires est une lettre électronique qui existe depuis juin 2003. L’objectif de la lettre est de montrer, par la valorisation d’actions et d’expériences emblématiques et remarquables, aux décideurs territoriaux que l’Université joue un rôle centrale dans l’émergence d’une société de la connaissance. Universités & territoires n° 103.
Coopérations entre acteurs locaux - Universités & Territoires n° 103.
Khaled Bouabdallah est Président de l’Université de Saint-Etienne et de la COMUE de l’Université de Lyon, mais aussi Vice-Président de la CPU. Les présidents se félicitent du « partenariat tissé avec le Bloc Local depuis quelques années car il est important » et permet des rencontres, ainsi que la production d’une série de travaux utiles pour l’enseignement supérieur français. Aujourd’hui, les universités sont des établissements autonomes et les acteurs territoriaux n’ont pas toujours eu conscience d’avoir des acteurs autonomes pour interlocuteurs, jugeant parfois que leur rôle était de « faire à la place des universités ».
Pour Khaled Bouabdallah, il ne faut pas reproduire les erreurs faites dans les années 1970 ou 1980. L’Université doit être inscrite dans la ville mais ouverte sur les habitants et diffuser des savoirs. Cela veut dire que la production des connaissances devrait être accessible à la population. L’ouverture ne veut pas dire « faire supporter à l’Université ce que la Ville ne peut pas gérer ».
Pourtant, la concurrence est présente entre villes, mais aussi entre campus universitaires. Mais alors, comment réorganiser les universités et les relations entre universités sur les territoires ? La France compte à peu près 25 regroupements territoriaux constitués, qui sont très différents les uns des autres. Parallèlement, la carte des collectivités territoriales change, des métropoles se créent, les compétences sont redistribuées, etc. Ce sont autant d’éléments qui militent pour que l’on entre dans « une nouvelle forme de dialogue entre les acteurs, au niveau local comme national ».
Dans l’ESR, beaucoup de choses ont changé de façon assez radicale dans la façon de travailler ensemble, notamment la contrainte budgétaire qui fait que « l’argent est plus rare qu’il ne l’a été ». L’impératif écologique des universités et la transition numérique sont aujourd’hui incontournables dans les réflexions sur les campus. Ces éléments font que « la co-construction du projet avec des acteurs territoriaux devient essentielle ».
Les modalités de financement des établissements évoluent sans cesse. Les Programmes Opérationnels FEDER introduisent par exemple de nouveaux instruments financiers qui interrogent les universités sur les acteurs avec lesquels elles doivent construire leurs projets. Khaled Bouabdallah considère ainsi que les COMUE sont à la bonne échelle pour porter les compétences mutualisées d’un groupe d’entités. Et le modèle du campus français tel qu’il existe aujourd’hui n’est pas celui que les acteurs ont envie de reproduire. La CPU prône ainsi la diversité et essaie de construire un dialogue continu avec les associations de collectivités et l’État pour donner un cadre stabilisé aux universités. Voir la suite dans Universités & Territoires n° 103.