En 2017-2018, 245 000 étudiants étrangers ont effectué en France une mobilité diplômante (d'une durée de plus d'un an), ce qui place la France au 4e rang mondial. Plus de 90 000 étudiants français ont effectué une mobilité sortante diplômante (6e position dans le monde).
Une réalité mal mesurée, des coûts non négligeables
A - Les insuffisances statistiques
Pour les organismes internationaux (système dit UEO, rassemblant l’UNESCO, l’OCDE et Eurostat), la mobilité internationale étudiante concerne les « étudiants qui ont traversé physiquement une frontière entre deux pays dans le but de poursuivre leurs études dans un pays de destination différent de leur pays d’origine. Les étudiants mobiles sont inscrits dans un programme d'enseignement dans un pays étranger avec l’intention d’y être diplômés »14.
Cette définition est appliquée par ces organismes depuis 2014 pour les données 2011-201215, mais certains pays, en particulier hors OCDE, continuent à fournir des données sur les seuls étudiants de nationalité étrangère. Au plan international, la principale source est l’institut statistique de l’UNESCO. Cet organisme collecte auprès de chaque pays les données sur les étudiants internationaux présents sur leur territoire pour une mobilité diplômante d’au moins un an. Cette statistique est ainsi la seule à être systématiquement disponible au niveau mondial.
Au plan national, le système d’information du ministère chargé de l’enseignement supérieur (SISE) est fondé sur un questionnaire adressé une fois par an aux établissements. Les étudiants internationaux y sont identifiés s'ils répondent à deux conditions : être présent dans un établissement français au 15 janvier et pour une période minimum de trois mois. Il est dès lors impossible d’additionner ce chiffre avec celui de la mobilité entrante Erasmus, qui porte sur des mobilités de moins d’un an17.
Malgré une amélioration significative depuis 2016, le système SISE n’est pas exhaustif. Pour 20 % des effectifs, il ne permet pas d’établir de statistiques détaillées faute de remontée satisfaisante de données individuelles en particulier des établissements hors tutelle et privés. Il rend par ailleurs incertaine la déclaration statistique faite par la France auprès des organismes internationaux. Notre pays déclare le chiffre SISE, alors qu’il ne devrait pas déclarer les étudiants internationaux présents en France pour moins d’un an.
À la suite de l’enquête de la Cour, le ministère chargé de l’enseignement supérieur s’est engagé à ne plus comptabiliser les étudiants faisant une mobilité non diplômante dans ses déclarations statistiques. À l’avenir, la prise en compte des mobilités de moins d’un an pourrait être facilitée par un rapprochement avec la partie française de la base de données européenne du programme Erasmus +, qui intègre depuis septembre 2017 le numéro identifiant de l'étudiant (INE).
Les autres sources statistiques sont multiples, mais leur recoupement est malaisé voire impossible. Le ministère de l’intérieur suit les visas spécifiques demandés et obtenus par les étudiants internationaux.
La plate-forme « Études en France » tient des statistiques permettant de mesurer pour chaque pays d’origine et pour chaque établissement y participant le nombre de candidats et le nombre d’admis. Le système d'admission Parcoursup permet lui aussi de comptabiliser les candidatures en première année des étudiants internationaux ressortissants ou non de l'UE pour certaines filières.
Campus France analyse de son côté les différentes données de mobilité et mène des études spécifiques18. Paradoxalement, le système statistique français en matière de mobilité entrante est riche, mais insatisfaisant, faute de recoupement et de fiabilité des données.
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22 septembre 2019
Mobilité internationale des étudiants - Une réalité mal mesurée, des coûts non négligeables A - Les insuffisances statistiques
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