En dehors du champ de l’enseignement supérieur et de ses principaux responsables ou acteurs, le processus de Bologne reste peu connu.La nature juridique et politique même de Bologne explique largement ce manque de notoriété. On pourrait même dire, d’une certaine manière, que le processus de Bologne n’a pas vocation à être médiatisé. Il n’a pas à se faire connaître comme un programme de mobilité avec ses financements et sa communication comme Erasmus. Il n’est pas une organisation régionale ou internationale avec ses personnels et ses actions et ses compétences propres comme l’O.C.D.E. ou l’Union européenne. Il est un simple processus intergouvernemental qui n’a de réalité que par sa traduction dans les systèmes nationaux. Il revient à chaque Etat de déterminer les modalités et le rythme de sa propre mise en œuvre des recommandations des Conférences ministérielles.
Si le nom « processus de Bologne » n’a pas de notoriété, en revanche ses concrétisations à travers des mesures comme le L.M.D. ou les crédits E.C.T.S., l’organisation des différents cycles du supérieur, sont connues par l’ensemble des étudiants européens et au-delà.
En outre, une analyse par trop pessimiste du processus de Bologne du seul fait de la faible notoriété de son nom serait malvenue ne serait-ce qu’en raison de la diffusion du modèle et de son rayonnement bien au-delà des frontières des pays membres du Conseil de l’Europe. Il joue en effet un rôle significatif au niveau international en inspirant ou servant de référence à la structuration d’espaces régionaux de l’enseignement supérieur (cf. fiches 23).
Bologne est la très discrète vitrine intergouvernementale d’un modèle d’enseignement supérieur européen devenue réalité (et réalité reproductible dans le monde entier) dans le respect des diversités et identités nationales.
La question de sa notoriété et de sa politique de communication qui pourraient être décidées globalement pour la faire progresser, reste néanmoins légitime. Plus...