II. Pour une plus grande reconnaissance et un meilleur accompagnement des enseignants-chercheurs dans l'ensemble de leurs missions
Chapitre II Les hypothèses d’évolution des droits d’inscription universitaires
IV - Des enjeux structurants à prendre en compte
B - Le nécessaire renforcement de l’engagement des établissements à améliorer les services rendus aux étudiants
Une éventuelle augmentation des droits devrait s’accompagner d’engagements des établissements en faveur d’une amélioration des services rendus aux étudiants. Sans conduire à mettre en place un fléchage des recettes issues des droits d’inscription qui serait contraire à l’autonomie des universités en matière budgétaire, ces engagements prendraient place dans la démarche contractuelle rénovée avec l’État, en cours de mise en oeuvre. Ils pourraient porter notamment sur l’insertion professionnelle et sur l’accompagnement pédagogique des étudiants.
En 2007, l’article 1 de la loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités (loi LRU) a ajouté aux missions des universités une nouvelle mission d’orientation et d’insertion professionnelle. L’article 7 de la loi du 22 juillet 2013 a complété cette mission par la prise en compte de l’objectif de « promotion sociale ».
Les universités ont mis en place plusieurs dispositifs d’aide à l’insertion professionnelle des étudiants : aide à l’obtention de stages, à la rédaction de curriculum vitae, à l’identification des compétences, etc., notamment via les bureaux d’aide à l’insertion professionnelle (BAIP), obligatoires dans chaque établissement. Les données d’insertion doivent être rendues publiques par les établissements. Toutefois, la mission d’aide à l’insertion professionnelle est encore insuffisante.
D’une part, l’implication des enseignants-chercheurs ne correspond pas toujours à ce qui constitue l’une des missions des établissements, en raison notamment d’un système d’incitation peu favorable. D’autre part, les universités ont mis du temps avant de formaliser leurs engagements en matière d’insertion professionnelle dans leurs documents stratégiques.
Au total, le recours des étudiants des universités aux dispositifs d’insertion professionnelle reste inférieur à celui des élèves des grandes écoles170 et demeure inégal selon leur origine socioculturelle. Les enfants diplômés en 2010 dont les parents étaient peu diplômés (titulaires au maximum du baccalauréat) étaient 47 % à ne bénéficier d’aucune aide, contre 40 % de ceux dont au moins un des deux parents était détenteur d’un diplôme de l’enseignement supérieur.
Parmi les étudiants interrogés en 2016, seuls 51,8 % se déclaraient satisfaits de l’accompagnement de leur projet d’insertion par l’université. Par ailleurs, l’une des difficultés ressenties par les étudiants des universités, notamment au regard des conditions connues au niveau du lycée, est le manque d’encadrement de leur scolarité, présenté comme l’un des facteurs de l’échec en licence. Le « Plan étudiants » (octobre 2017) prévoit ainsi la mise en place de dispositifs d’accompagnement pédagogique et de parcours de formation personnalisés, sous forme notamment de tutorat par des étudiants en master ou en doctorat auprès des étudiants de premier cycle. Un éventuel relèvement des droits pourrait être consenti au regard de la nécessité de contribuer au financement de ce type d’actions.
Plus globalement, la hausse en cours du nombre d’étudiants et l’attention accrue aux conditions d’accompagnement des étudiants du premier cycle universitaire appellent à une réévaluation de l’activité d’enseignement au sein des universités.
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3 décembre 2018
Les droits d’inscription - B - Le nécessaire renforcement de l’engagement des établissements à améliorer les services rendus
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