II. Pour une plus grande reconnaissance et un meilleur accompagnement des enseignants-chercheurs dans l'ensemble de leurs missions
Chapitre II Les hypothèses d’évolution des droits d’inscription universitaires
III - Les implications des différentes modalités d’évolution des droits d’inscription universitaires
C - Les hypothèses d’augmentation des droits en université
6 - Des conséquences possibles sur la réussite dans les études et les choix de métiers
a) Un recours accru à l’emploi étudiant pesant sur les chances de réussite universitaire
Une hausse des droits d’inscription augmenterait le besoin de financement des études, qui serait susceptible de se traduire par un recours accru des étudiants à une activité rémunérée. Selon sa nature et son intensité, l’activité rémunérée peut empiéter sur le temps des études de façon plus ou moins intense et représenter un risque pour la réussite aux examens.
En 2016, 46 % des étudiants déclaraient exercer une activité rémunérée (toutes durées confondues) pendant l’année universitaire. Depuis 20 ans, la part des sortants de l’enseignement supérieur qui disent avoir travaillé au moins 8 heures par semaine et tout au long de l’année scolaire a augmenté : elle est passée de 13 % pour la génération 1992 à 14 % pour celle de 1998, puis à 21 % pour celle sortie en 2004 et s’est stabilisée à ce niveau pour la génération 2010158.
En 2015, les étudiants en licence et en master qui exerçaient une activité « très concurrente des études »159 consacraient par semaine 7 heures de moins aux cours et 4 heures de moins au travail personnel que les étudiants qui n’exerçaient aucune activité. 13 % des étudiants en licence et 21 % des étudiants en master déclaraient ne pas pouvoir assister à certains cours, mais c’était le cas pour 50 % des étudiants en licence et 49 % des étudiants en master exerçant une activité « très concurrente des études »160. S’ils ne travaillaient pas, les étudiants salariés auraient « une probabilité plus élevée de 43 points de réussir leur année ».
Ce « risque scolaire » est dépendant du nombre d’heures travaillées : « travailler plus de 16 heures par semaine a un effet très significativement négatif (en moyenne de près de - 49 points) sur la probabilité d’obtenir son diplôme. En revanche, l’effet du travail salarié est réduit de moitié et peu significatif lorsque l’étudiant travaille moins de 16 heures par semaine. »
Au total, une augmentation des droits d’inscription pourrait contraindre davantage d’étudiants à exercer une activité rémunérée ou conduire ceux qui travaillent déjà à augmenter leur durée d’activité. Dans les deux cas, l’activité supplémentaire contribuerait à réduire les chances de réussite scolaire, notamment celles des étudiants aux origines les plus modestes, en contradiction avec l’objectif affiché par la loi du 8 mars 2018 d’améliorer la réussite étudiante.
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3 décembre 2018
Les droits d’inscription - a) Un recours accru à l’emploi étudiant pesant sur les chances de réussite universitaire
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