“ Dessine-moi une université : les processus de fusion universitaire ”
15ème séminaire, le 1er juin 2015 à 11h00, par Christine Musselin (Directrice scientifique de Sciencespo, Paris) : "Dessine-moi une université nouvelle". Quelle organisation choisir après une fusion? Accéder à la transcription.
Pour revenir à nos cas, nous sommes dans le cas de fusions qui sont volontaires puisque ce sont les universités de Strasbourg qui ont pris l’initiative de fusionner à un mome nt où le ministère était plutôt en faveur des PRES. Ce dernier souhaitait d’ailleurs que les universités strasbourgeoises commencent par constituer un PRES avant de fusionner, ce qu’elles ont refusé de faire. Par la suite, l’université de Lorraine s’est co nstituée, là aussi, de manière volontaire et réunit les universités de Metz et de Nancy.
Au moment de penser la fusion et de redessiner une nouvelle université, nous nous attendions à constater un travail de benchmark pour voir ce qui se faisait justement à l’international et s’en inspirer. Ce genre d’exercice, s’il est bien fait, amène assez rapidement à conclure qu’il n’y a un seul modèle international. Il y a en effet peu en commun entre l’université d’Oxford et celle de Harvard, et Harvard n’est pas organisée comme Stanford. Il y a en fait une grande variété organisationnelle, de structuration des universités. Mais à défaut de trouver un modèle unique, le benchmark peut conduire à choisir parmi ces différentes options, « le » modèle que l’on se donne comme référence et que l’on va tenter d’imiter.
Quand on voit que la discussion bloque et que cela risque d’arriver à un désaccord risquant de bloquer la fusion, on laisse tomber et on dit : « On verra cela ensuite ». Est-ce qu’ensuite on y travaille ? Oui, dans certains cas. L’université de Lorraine a bien été obligée de réfléchir à son administration et cela a été l’une des activités une fois que la fusion a été accomplie. Marseille, pour moi, est un peu sur le même modèle. J’avais un petit peu suivi au départ ce qui se passait à Marseille puisque j’allais une fois par moi s à leur invitation pour voir comment cela se passait du côté de l’administration. C’est pareil, ils avaient repoussé la réflexion sur celle-ci à après la fusion parce qu’il y avait des problèmes insolubles, c’est-à-dire : comment faire bouger les gens d’Aix-en-Provence et les faire venir à Marseille. Voir l'article...