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Formation Continue du Supérieur
21 mars 2015

L’impact d’internet sur le fonctionnement du marché du travail : séance plénière du mardi 3 mars 2015

http://www.coe.gouv.fr/IMG/siteon0.png?1221723946

L’impact d’internet sur le fonctionnement du marché du travail : séance plénière du mardi 3 mars 2015
Séance plénière consacrée à l’adoption du rapport « L’impact d’internet sur le fonctionnement du marché du travail »
COE - Rapport "L’impact d’internet sur le fonctionnement du marché du travail" PDF - (1.9 Mo). Voir l'article...
COE - Synthèse du rapport "Impact d’internet" PDF - (225.9 ko)
Le numérique a profondément bouleversé nos sociétés. Dans tous les secteurs d’activité, l’impact d’internet est perceptible, de façon plus ou moins directe mais bien réelle, voire omniprésente. Le marché du travail n’est pas resté à l’écart de ces bouleversements.
Si de nombreux travaux traitent de l’impact d’internet sur la structure des systèmes de production, la nature des emplois afférents et les évolutions des compétences requises, les études analysant son impact sur le comportement des acteurs et sur le fonctionnement même du marché du travail sont plus rares. Le Conseil d’orientation pour l’emploi a donc jugé nécessaire de se saisir de ce sujet et d’en clarifier les enjeux...
La diffusion, le contrôle et l’échange d’informations deviennent des enjeux majeurs
L’utilisation des données personnelles et des données de navigation des utilisateurs dans une logique de « big data » peut contribuer à améliorer l’appariement entre l’offre et la demande de travail. Certains sites exploitent ces données afin de proposer aux candidats et aux entreprises des services plus personnalisés. Cela permet d’améliorer la pertinence de l’information diffusée et reçue.
Mais le fait que ces données sont détenues en grande partie par des acteurs privés pourrait poser problème dans la mesure où ceux-ci ne les utiliseraient qu’à des fins commerciales, alors même que certaines exploitations non valorisables par le secteur marchand seraient socialement souhaitables. En outre, les usagers ne sont pas toujours pleinement conscients de l’utilisation qui est faite de leurs données à des fins commerciales, ni même de l’étendue des données qu’ils transmettent.
Internet a créé un véritable marché de l’information. Beaucoup de sites allient une logique biface, dans laquelle seules les entreprises paient, le service étant gratuit pour les candidats, à une logique « freemium » qui donne accès gratuitement à une première gamme de services tandis que les services plus « haut de gamme » sont payants. Cette coexistence de services « gratuits » (l’utilisateur paye d’une certaine manière le service en cédant au site l’usage de ses données personnelles) et de services payants peut comporter des risques du point de vue de la neutralité du marché du travail : d’une part les personnes avec la plus grande disposition à payer ont une meilleure visibilité, d’autre part les relations commerciales qui existent entre les sites et certains segments d’utilisateurs ne sont pas toujours affichées alors même qu’elles peuvent influencer la présentation de l’information.
D’autres pratiques posent des questions éthiques et nuisent à la transparence du marché du travail, comme celles visant à faire payer des candidats pour que leurs réponses aux offres soient présentées en premier aux recruteurs. Il en découle un besoin renforcé de régulation.
Au total, quels effets sur l’appariement ?
Des travaux menés aux Etats-Unis ont montré que dans les premiers temps d’internet, le fait d’utiliser internet pour chercher du travail n’améliorait pas voire nuisait, à caractéristiques données, à l’efficacité de la recherche d’emploi. Ce constat s’est inversé par la suite. Les personnes qui cherchent du travail sur internet trouvent désormais, toutes choses égales par ailleurs, plus vite que ceux qui recherchent hors ligne. Cela peut s’expliquer par l’amélioration des outils de recherche en ligne et par des externalités de réseaux plus importantes liées à un plus fort taux de connexion à internet.
L’effet des réseaux sociaux numériques sur le fonctionnement du marché du travail est difficile à apprécier. En élargissant le marché aux candidats dits « passifs », ils accroissent la concurrence. Cela améliore le dynamisme du marché du travail, le nombre des mouvements et la qualité de l’appariement mais cela pourrait également nuire, au moins à court terme, au retour à l’emploi des demandeurs d’emploi, qui subissent plus fortement la concurrence des candidats en poste. L’apport de ces réseaux pour l’efficacité des processus de recrutement est pour leur part à ce jour incertain. Leur utilisation par les recruteurs et candidats se généralise mais ils restent mobilisés essentiellement en association avec les canaux plus traditionnels.
Enfin, s’il est très difficile d’évaluer les effets d’un phénomène aussi global et diffus, il est probable qu’internet induit déjà ou induira à moyen terme une concurrence renforcée sur le marché du travail y compris dans la fixation des salaires, une plus grande mobilité internationale mais aussi interrégionale grâce à la meilleure diffusion de l’information sur les secteurs et régions qui recrutent. A terme, grâce à l’exploitation des nombreuses données sur le marché du travail, internet devrait ainsi favoriser la réduction du nombre d’emplois vacants.

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