Entrer dans la banque par la voie de l'alternance
Par Stéphanie Mignot-Gérard, Constance Perrin-Joly, François Sarfati (coord.), Nadège Vezinat. Au cours des dernières années, les banques françaises ont eu à recruter de nombreux cadres commerciaux intermédiaires et ont intensifié leurs efforts pour intégrer à ces postes des jeunes issus de milieux populaires, en particulier ceux originaires des zones urbaines sensibles. En parallèle, les filières de l’enseignement supérieur débouchant sur ces métiers se sont ouvertes et professionnalisées, via notamment les formations en alternance.
Il existe un certain nombre d’études sur les questions de recrutement, notamment sur l’accès à l’emploi de jeunes issus de la diversité. Ces études mobilisent essentiellement des données statistiques (évaluant la mobilité sociale ou la discrimination) ou tentent de comprendre le comportement des recruteurs, mais peu s’intéressent de manière diachronique aux effets de la sélection (voire de la discrimination) sur la construction identitaire de ces jeunes cadres.
L’hypothèse de départ de notre étude consiste dans l’idée simple, mais féconde, que l’on ne peut pas comprendre les trajectoires professionnelles sans regarder les moments qui les précèdent et, ce faisant, qui les conditionnent. À côté de ces interrogations sur les parcours de ces jeunes, d’autres questionnements portent plus spécifiquement sur leur vécu de ces années d’études en alternance, de leur insertion professionnelle et de leur carrière en entreprise. Le double mouvement de « démocratisation » et de « professionnalisation » des formations universitaires peut être à l’origine d’une difficulté à gérer conjointement plusieurs appartenances…
Télécharger le Rapport 87 "Entrer dans la banque par la voie de l'alternance". Voir l'article...