Le prof est-il un personnage romanesque ?
Blog Educpros de Céline Manceau. Le prof est-il un personnage romanesque ? C’est la question que pose l’écrivain norvégien Dag Solstad dans Honte et dignité (Les Allusifs, 2008). Ou plutôt que pose son héros de papier : Elias Rukla, 53 ans, « paisible et falot » professeur agrégé de littérature au lycée d’enseignement secondaire général de Fagerborg : « C’est en effet une prestation en soi que de se qualifier de personnage principal putatif d’un roman, et de quel droit je m’autorise à penser que je peux être considéré comme le personnage principal d’un roman…».
Avant de s’interroger ainsi, l’enseignant en mal de reconnaissance soliloque sur son métier et sa vocation. Les cinquante premières pages du livre sont impressionnantes. Elles posent un regard sans concession sur la vacuité du métier de prof. Les phrases sont longues, les digressions récurrentes et les références littéraires multiples. C’est le rythme du monologue intérieur d’un professeur de lettres. Suite...