Limousin Université n°112 octobre 2013. Le magazine Limousin Université d’octobre vient de paraître.
Propos recueillis par Diane Daïan. Ils ont monté des formations en alternance ou des formations pour des entreprises en s’appuyant sur la Direction de la Formation Continue ou le CFA Sup. Jean-Louis Lanet et Bernard Héraud nous parlent de leur expérience.
Jean-Louis Lanet est enseignant-chercheur en sécurité de l’information à la Faculté des Sciences et Techniques. Depuis quelques années, il monte des formations courtes pour des entreprises françaises et internationales.
Vous faites des stages courts en formation continue, dans quel domaine ?
Dans notre domaine privilégié de recherche qui est la sécurité informatique, en particulier la carte à puce. Les stages durent entre trois jours et une semaine. Nous réalisons deux à trois formations par an.
A qui s’adressent ces formations ?
Aux entreprises. Nous sommes une équipe de recherche dont les deux professeurs sont issus du monde industriel. J’ai passé 11 ans dans l’industrie de la carte à puce avant de rejoindre l’Université de Limoges. Nous avons monté un centre d’excellence. Nous sommes la seule université au monde à proposer des formations de ce style. Nous avons nos abonnés, des entreprises qui, dès qu’elles ont de nouveaux entrants, nous demandent de les former. Notre réputation a franchi les frontières et nous faisons des formations pour les sociétés étrangères. Ainsi, une entreprise coréenne qui avait un gros problème de sécurité sur ses cartes nous a passé commande d’une formation. En février, c’est une entreprise espagnole qui nous a contactés pour demander une formation en urgence. Il fallait que la formation ait lieu à Barcelone une semaine après. La Direction de la Formation Continue a été très réactive et a tout organisé au niveau logistique.
Comment êtes-vous arrivé à faire ces formations ?
Le nombre de laboratoires de recherche travaillant sur la carte à puce se compte sur les doigts d’une main. L’Université de Limoges est connue pour être l’un des centres où l’on fait de la recherche et de l’enseignement de qualité sur cette discipline. A notre connaissance, nous sommes la seule université au monde qui propose un tel volume d’enseignement sur le domaine spécifique de la carte. Tous les fabricants français le savent. Un quart de nos étudiants du master cryptis partent dans les entreprises dédiées à la carte à puce. Ce sont nos anciens élèves... cela crée un réseau. Du coup, ce sont plutôt les entreprises qui nous contactent sur des problématiques particulières. Nous ne faisons aucun démarchage. Je suppose que cela demande une méthode particulière. On n’enseigne pas de la même façon à des étudiants en formation initiale et à des salariés en formation continue. C’est beaucoup plus pointu. Les salariés ont un background technique que n’ont pas nos étudiants. Ce qui nous prend 60 heures avec les étudiants peut être fait en 10 heures avec les salariés.
Cela vous demande-t-il beaucoup d’investissement ?
Non, parce qu’on est habitué maintenant. C’est sûr, la première formation a été un peu délicate à mettre au point parce qu’il fallait tout préparer, tout réadapter.
C’est vraiment du sur mesure ?
Nous faisons soit du sur mesure sur des problématiques particulières, soit de la formation telle que celle qu’on extrait de notre master.
Quels moyens ont été mis à votre disposition pour que vous puissiez monter votre formation ? Vous vous êtes appuyé sur quel service ?
La Direction de la Formation Continue. Ils s’occupent de tout sauf du contenu de la formation. Il y a aussi l’AVRUL qui gère la partie juridique. Les deux services nous permettent de travailler sur le fond de la formation sans s’occuper de la logistique.
Quelle est la démarche à effectuer ?
Lorsqu’une entreprise nous contacte, nous les adressons à la DFC qui gère la partie administrative. Une fois que le plan de formation est fait et approuvé par les deux parties, on le renvoie à la DFC qui gère les contrats, les clauses de non divulgation, les billets d’avions, les réservations d’hôtel et la partie financière.
Ca rapporte ?
40 euros de l’heure pour le formateur et bien sûr des contacts précieux qui peuvent aboutir sur des contrats de recherche, l’accueil de stagiaires, etc.
Sur le plan personnel et professionnel qu’est-ce que ça vous a apporté de faire des formations courtes ?
C’est valorisant de voir qu’on vient chercher l’Université de Limoges pour former des gens dans l’industrie en France et à l’étranger. On reconnaît que l’Université de Limoges est une des meilleures sur ce sujet. Par ailleurs, notre expertise est alimentée par les demandes qui nous sont faites, les problèmes soumis par les entreprises et que nous devons résoudre. Cela nous permet de rester à la pointe de la discipline. Ca nous donne plus de travail, mais c’est enrichissant.
16 octobre 2013
Nous sommes la seule université au monde à proposer des formations de ce style - Jean-Louis Lanet
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