Les jeunes se sentent moins bien intégrés que leurs aînés
Les Français se sentent intégrés dans une société qu'ils jugent pourtant fragmentée / Note de synthèse N°5. S. Hoibian. N° S3934 - Octobre 2012. Télécharger la Note de synthèse N°5. Cette note de synthèse a été réalisée à partir d’un rapport réalisé à la demande de la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS): La peur du chacun pour soi, Sandra Hoibian, Collection des Rapports n° 282, CRÉDOC, octobre 2012, http://www.credoc.fr/pdf/Rapp/R282.pdf.
Le rapport présente les résultats des questions insérées à la demande de la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS) dans l’enquête « Conditions de vie et Aspirations » du CRÉDOC, laquelle a été réalisée en face-à-face, entre décembre 2011 et janvier 2012, auprès d’un échantillon représentatif de 2003 personnes, âgées de 18 ans et plus, sélectionnées selon la méthode des quotas. Ces quotas (région, taille d’agglomération, âge, sexe, PCS) ont été calculés d’après les résultats du dernier recensement de la population, actualisé par l’enquête emploi. Un redressement final a été effectué pour assurer la représentativité par rapport à la population nationale.
Les jeunes se sentent moins bien intégrés que leurs aînés p.3 de la Note de synthèse N°5
Le sentiment d’intégration évolue fortement selon l’âge. Faible avant 40 ans, il culmine entre 60 et 69 ans. Les 18-24 ans se sentent ainsi nettement moins bien insérés (39% se disent « très bien intégrés ») que l’ensemble de la population. Et ce, alors même que les jeunes ont, en moyenne, une vie sociale plus riche que leurs aînés: ils rencontrent plus régulièrement leurs amis, ont des pratiques de loisirs – sport, cinéma – plus fréquentes, etc. La difficile insertion de cette classe d’âge sur le marché de l’emploi fonde, sans nul doute, une partie de l’écart constaté. Selon l’INSEE, 48,7% des 15 à 24 ans en emploi occupent un emploi précaire (intérim, CDD ou apprentissage) contre 11,7% en moyenne dans la population active. De fait, lorsqu’on les interroge sur ce qui contribue à leur sentiment d’intégration, l’emploi est beaucoup moins cité par les jeunes que pour le reste de la population (seuls 17% y font référence contre 26% en moyenne dans la population). Le cycle de vie joue aussi un rôle: plus souvent célibataires et sans enfants, les jeunes ont, mécaniquement, moins de chances de se sentir intégrés (ces deux facteurs contribuant – en moyenne - à renforcer le sentiment d’intégration). Mais nos calculs montrent aussi que l’âge joue un rôle en lui-même : entre deux individus qui auraient le même niveau de revenu, une profession équivalente, etc. l’individu âgé de moins de 25 ans a moins de chances de se sentir « très bien » intégré que son aîné.
Finalement, lorsqu’on les interroge sur ce qui forge aujourd’hui leur sentiment d’intégration, 28% des 18-24 ans expriment l’idée qu’ils partagent un mode de vie, une culture, des valeurs avec le reste de la société (contre 15% en moyenne dans la population). Une communauté de vie qui prend le pas, chez cette classe d’âge, sur la « nationalité française, ou l’attachement à la France » (17%) davantage citée par la population dans son ensemble (22%). Télécharger la Note de synthèse N°5.
The French feel integrated into society yet they feel fragmented/Briefing Note No. 5. S. S. Hoibian. Hoibian. N° S3934 - Octobre 2012. Download the Executive Summary No. 5. This note has been produced from a report commissioned by the Directorate General of Social Cohesion (CRD): The fear of every man for self, Sandra Hoibian Collection Reports No. 282, CRÉDOC, October 2012, http://www.credoc.fr/pdf/Rapp/R282.pdf. More...