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Formation Continue du Supérieur
2 août 2012

L'indicateur conjoncturel de durée au chômage (ICDC)

http://www.pole-emploi.org/image/media/corporate/logo-pole-emploi.gifRepères & Analyses n°47 Etudes, Stéphene Ducatez et Damien Euzénat. L’indicateur conjoncturel de durée au chômage (ICDC) est un nouvel indicateur conjoncturel proposé par Pôle emploi dans le but de synthétiser l’incidence de la conjoncture économique sur l’état du marché du travail, et les opportunités qu’il offre pour trouver rapidement un emploi. Il consiste à évaluer la durée moyenne de chômage d’une cohorte fictive de demandeurs d’emplois qui connaîtraient durant toute leur période de chômage les mêmes conditions sur le marché du travail que celles du trimestre considéré. Les résultats détaillés de cet indicateur feront l’objet d’une publication trimestrielle. L’ICDC présente l’intérêt de refléter très rapidement les modifications de la conjoncture économique.
À titre d’illustration, il a très fortement augmenté dès l’éclatement de la crise économique en 2008: à son plus bas niveau au 1er trimestre 2007, avec une durée attendue de 7,5 mois, il avoisine les 12 mois au 2e trimestre 2009. Depuis, la persistance d’un niveau de chômage élevé n’a pas permis à cet indicateur de baisser. Avec le repli de la croissance depuis le 2e trimestre 2011, il atteint un nouveau pic au 4e trimestre 2011, à 359 jours. Télécharger Repères & Analyses n°47 au format PDF.
L'indicateur conjoncturel de durée au chômage (ICDC)

Les indicateurs actuels relatifs à la durée de chômage ne reflètent que partiellement les évolutions conjoncturelles. L’ancienneté du stock comme la durée de chômage à la sortie reflètent à la fois des effets de structure (les plus employables sortent les premiers) et de conjoncture (opportunités d’emplois). L’existence conjointe de ces deux effets ne permet pas une analyse directe de l’impact de la conjoncture sur la durée au chômage (cf. encadré 1). Le nouvel indicateur proposé ici vise à apprécier cet effet. Au même titre que l’on mesure une espérance de vie à la naissance, l’ICDC mesure la durée moyenne de chômage d’une cohorte fictive de demandeurs d’emploi qui y sont entrés au cours d’un trimestre donné et qui rencontreraient tout au long de leur parcours le même environnement conjoncturel sur le marché du travail que celui de leur trimestre d’entrée au chômage (cf. encadré 2).
Cet indicateur est très réactif à la conjoncture : il tend à augmenter en période de récession ou de faible croissance et à diminuer d’autant plus fortement que les taux de croissance du PIB sont élevés (cf. graphique 1). Les auteurs remercient Stéphane Carcillo pour les remarques qu’il a formulées et les pistes d’amélioration qu’il a suggérées.
L’indicateur conjoncturel de durée au chômage a bondi suite à la crise économique de 2008

Depuis 2001, l’ICDC a connu une évolution en trois phases, reflet des évolutions économiques sur la période (cf. graphique 2). Ainsi, entre 2001 et 2004, l’économie française a connu une période de croissance économique sans création nette d’emplois. Cette période d’atonie s’est traduite par un indicateur relativement stable, en légère progression jusqu’au quatrième trimestre 2004. La forte baisse du premier trimestre 2004 et le rattrapage qui la suit s’explique uniquement par la modification rétroactive des conditions d’indemnisation au chômage au cours de la période, rétablies par la suite.
Entre 2005 et 2007, sous l’impulsion d’une croissance économique vigoureuse (entre le 4e trimestre 2004 et le 4e trimestre 2007, le PIB français s’est accru de 6,5 %) conduisant à un dynamisme marqué de l’emploi, l’indicateur a fortement baissé. Il a atteint son niveau le plus bas sur la période au 1er trimestre 2007, avec une durée de 7,5 mois.
L’entrée en récession au 2e trimestre 2008 se traduit par une remontée de l’indicateur, qui atteint son point haut au 2e trimestre 2009 en avoisinant les 12 mois. Cette crise a sévèrement dégradé les opportunités de trouver rapidement un emploi. Entre le 3e trimestre 2008 et le 3e trimestre 2009, Pôle emploi a enregistré 700 000 demandeurs d’emploi supplémentaires. L’indicateur illustre l’ampleur de la crise économique. Si des demandeurs d’emploi avaient connu, durant toute leur période de chômage, les conditions sur le marché du travail du 2e trimestre 2008, ils seraient restés inscrits au chômage en moyenne 8 mois consécutifs. S’ils avaient subi les conditions du 2e trimestre 2009, ils seraient restés inscrits en moyenne 11 mois et demi consécutifs, soit 3 mois et demi de plus.
Sur les deux dernières années, l’indicateur se maintient à un niveau élevé et dépasse même les 12 mois au 4e trimestre 2011. Le niveau de la croissance n’a pas permis de créer suffisamment d’emploi pour amorcer une baisse du chômage.
Les effets de la crise économique ont été plus marqués chez les hommes que chez les femmes, du fait de métiers exercés différents

Par âge, l’ICDC présente la valeur la plus élevée parmi les demandeurs d’emploi de 50 ans ou plus (cf. graphique 3). À environnement économique constant, ils connaissent des durées moyennes de chômage environ 6 mois et demi plus élevées que celles des moins de 25 ans. La crise, qui a plus fortement affecté les plus âgés, a encore accentué cet écart. Si la durée attendue de chômage des moins de 50 ans tend à décroître légèrement dès le 2e trimestre 2009, elle ne cesse de s’accroître pour les demandeurs d’emploi âgés de 50 ans ou plus.
Jusqu’au 3e trimestre 2008, l’ICDC des hommes est inférieur, en moyenne d’un mois, à celui des femmes. Dès le 4e trimestre 2008, il dépasse celui des femmes, et ce jusqu’au milieu de l’année 2010, même si l’écart tend à s’estomper au cours du temps. Pour les hommes, la dégradation du marché du travail a culminé au deuxième trimestre 2009, avec un indicateur supérieur d’un mois à celui des femmes. Le rebond de la croissance économique au 1er trimestre 2011 a, en revanche, davantage profité aux hommes. Leur durée au chômage est redevenue inférieure à celle des femmes.
Les ouvriers, tout particulièrement les ouvriers qualifiés, sont ceux qui ont le plus souffert de la crise. Alors que cette catégorie de demandeurs d’emplois a traditionnellement une durée de chômage faible, celle-ci devient la plus élevée de toutes les catégories socioprofessionnelles dès le 4e trimestre 2008. À l’inverse, les employés non qualifiés ont été les plus épargnés, les activités tertiaires ayant été les moins affectées par la crise.
La reprise économique du 1er trimestre 2011 a été plus favorable aux ouvriers, mais ils ont subi aussi de manière plus marquée le ralentissement de la croissance qui a suivi, en particulier les ouvriers qualifiés.
L’ICDC se différencie nettement selon le motif d’inscription sur les listes de Pôle emploi.
Entre le 2e trimestre 2008 et le 2e trimestre 2009, un peu plus d’un quart des emplois intérimaires, occupés majoritairement par des hommes, ont été détruits (170 000 emplois détruits). L’indicateur de durée de chômage suite à une fin de mission d’intérim a bondi de plus de 70 % entre les deux périodes, soit près de 6 mois de plus (cf. graphique 4).
La crise a aussi durement affecté les salariés licenciés. En revanche, son impact, bien que réel, a été plus faible pour les personnes ayant démissionné, celles reprenant une activité ou encore celles qui se sont inscrites pour la première fois.
La plus grande exposition des hommes et des ouvriers à cette crise provient en partie de la forte diminution du recours au travail temporaire durant cette période (cf. graphique 5), les emplois intérimaires étant plus souvent exercés par des hommes ouvriers.
Un impact différent de la crise selon les territoires

La déclinaison de l’indicateur par région met également en évidence quelques spécificités sur la période récente (cf. tableau 1).
Plusieurs régions se caractérisent par un indicateur inférieur à la moyenne nationale: Corse, Guyane, Aquitaine et les régions du sud-ouest. Dans certaines régions, l’indicateur présente un profil relativement heurté, comme en Auvergne, Nord-Pas-de-Calais, Poitou-Charentes, Martinique, Guadeloupe ou Réunion.
L’analyse régionale met également en évidence un impact différent de la crise selon les territoires.
Les Pays de la Loire, la Franche-Comté et Poitou-Charentes ont été les régions les plus touchées, avec un indicateur qui bondit de près de 150 jours entre le 4e trimestre 2007 et le 2e trimestre 2009. C’est aussi dans ces trois régions qu’il a le plus fortement chuté depuis.
En Aquitaine, l’effet de la crise a été plus dilué dans le temps, avec un point haut de l’indicateur au 2e trimestre 2010. Il reste encore supérieur de 109 jours à ce qu’il était au 4e trimestre 2007.
Enfin, en Haute-Normandie, Bourgogne, Rhône-Alpes, Réunion et Martinique, la sortie de crise est difficile avec un indicateur supérieur de plus de 100 jours à ce qu’il était au 4e trimestre 2007.

http://www.pole-emploi.org/image/media/corporate/logo-pole-emploi.gif Benchmarks & Analysis Studies No. 47, and Damien Stéphene Ducatez Euzenat. The total rate of unemployment duration (ICDC) is a new economic indicator proposed employment center in order to summarize the impact of economic conditions on the state labor market and the opportunities it offers to find a job quickly. It is to assess the average duration of unemployment of a hypothetical cohort of job seekers who would experience throughout their period of unemployment the same conditions on the labor market than the current quarter. Detailed results of this indicator will be published quarterly. ICDC has the advantage of very quickly reflect changes in economic conditions.
To illustrate, it has increased dramatically since the bursting of the economic crisis in 2008 to its lowest level in Q1 2007, with an expected duration of 7.5 months, it is around 12 months in Q2 in 2009. Since then, the persistence of high unemployment did not decrease in this indicator. With the decline in growth since the second quarter of 2011, it reached a new peak in Q4 2011, to 359 days. More...

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