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Formation Continue du Supérieur
29 mars 2012

Le rôle des collectivités dans le processus d’insertion professionnelle des étudiants

http://www.universites-territoires.fr/images/logo-ut.gifCompte-rendu par Bruno Martin, Géographe et Consultant, dans le numéro 85 de la newsletter Universités et Territoires.
Nouveau rôle
Le 15 mars dernier, l’AVUF, Sup’conseil, l’Université de Bretagne Sud et la Ville de Vannes étaient parties prenantes d’un séminaire sur « le rôle des collectivités dans le processus d’insertion professionnelle des étudiants ». Cette porte d’entrée pour aborder la question de l’insertion professionnelle des étudiants était inédite. Quelques enseignements ont immédiatement été tirés: l’insertion est de la responsabilité de l’ensemble des acteurs de la société civile, l’Université est aujourd’hui devenue force de proposition pour les acteurs de son économie locale et l’entrée des jeunes dans la vie active.
Compte-rendu d’un séminaire innovant.
David ROBO, maire de Vannes, a chaleureusement remercié les participants de s’être déplacés et d’être présents pour ce séminaire de l’AVUF à Vannes. « Une commune doit avoir une vision à plus long terme pour l’enseignement supérieur sur son territoire ». De son côté, Olivier SIRE, président de l’UBS, a rappelé que le choix de la ville de Vannes pour organiser un séminaire sur l’insertion professionnelle était de bon ton.
OUTIL POUR LE TERRITOIRE

Micheline HOTYAT, chargée de mission à la DIO, a ensuite montré en « quoi le Service Public de l’Orientation (SPO) peut être un outil intéressant pour aider les jeunes dans leur insertion professionnelle. » Le SPO et la DIO forment un binôme interministériel assez atypique régi par des textes législatifs échelonnés entre 2006 et 2011. Les missions du SPO sont transversales et ont pour but principal de rendre lisibles les 8500 points d’information et d’orientation situés sur l’ensemble du territoire français. « Le SPO s’adresse à tous, à tout âge et quel que soit le parcours. »
L’heure est au changement de logique pour l’orientation en France. Trop souvent, l’orientation est subie par les Français, dès leur plus jeune âge. Les questions sur l’orientation doivent être posées en amont: l’enjeu n’est pas tant d’informer, mais plutôt « d’aider à l’information et à l’orientation. » Actuellement, les échanges entre le secondaire et le supérieur se font souvent dans une seule direction, du lycée vers les universités. Olivier SIRE fait en effet le constat que « des pans entiers de l’enseignement ont une visibilité sur les métiers qui est dérisoire. »
LES TERRITOIRES DE L’INSERTION PROFESSIONNELLE

Les universités ne sont pas le seul endroit où la question de l’entrée dans la vie active est centrale. Les journées de travail dédiées à l’insertion professionnelle sont nombreuses et « l’insertion professionnelle relève bien du champ des pluri-acteurs ». Dans le passé des universités, la massification des effectifs s’est faite après avoir choisi de mener 80% d’une classe d’âge au baccalauréat. De pair avec cette massification, la question de l’échec est devenue de plus en plus visible mais il faut garder à l’esprit « qu’un étudiant décrocheur n’est pas forcément un étudiant en situation d’échec. » « Face aux journalistes, les universités sont questionnées sur l’insertion professionnelle de leurs masters »,explique Thierry MICHOT, responsable du réseau universitaire des VP CEVU.
« La question des représentations (de l’insertion professionnelle) est importante car elle nous oblige à décortiquer ce qu’on mesure et à nous poser des questions sur ce que l’on observe. ». De nombreux indicateurs sont à travailler, clarifier, compléter pour mesurer les retombées économiques des universités, l’impact des engagements pris par les collectivités, etc.
LE QUESTIONNEMENT DES ACTEURS
L’image collective est en décalage avec la réalité du terrain professionnel car « il y a une méconnaissance totale de la diversité des métiers que l’on peut trouver dans une filière donnée. » Les jeunes en formation ne se posent visiblement pas les bonnes problématiques et subissent souvent les questionnements (fermés) des parents. En effet, ces derniers vont surtout chercher à connaître « la définition de la formation, ce qui s’y trouve, plutôt que les métiers auxquels donne accès un diplôme. »
LE RÉSEAU COURROIE

Le réseau COURROIE croit « à l’exemple par l’exemple, pour parler des métiers. » Les anciens diplômés sont de bons intervenants pour des forums tournés vers les métiers plutôt que vers les formations. Avoir un « pôle entrepreneuriat étudiant » constitue également une opportunité de favoriser l’insertion professionnelle des étudiants par la création d‘entreprises. Ces deux actions illustrent l’attitude pro-active et novatrice dans laquelle les services universitaires s’inscrivent.
LA VILLE DE PARIS
Le rôle de la ville de Paris a plutôt été celui d’un médiateur pour les acteurs d’un catalyseur de dialogues entre les universités, ces services, les associations de l’information et de l’orientation, les entreprises et les organisations étudiantes. La ville de Paris elle-même accueille plus de 3000 stagiaires par an, dont «1000 étudiants, répartis dans l’ensemble de ses services. » La ville admet la difficulté d’identifier et de toucher directement les étudiants décrocheurs, en situation d’échec.
L’AFIJ , UN ACTEUR ASSOCIATIF

L’association accompagne notamment des étudiants décrocheurs via son action « Bac + ». Elle a pu bénéficier du fonds d’expérimentation pour la Jeunesse lancé par Martin Hirsch. L’AFIJ apporte donc des services et un accompagnement aux étudiants et jeunes diplômés pour une insertion professionnelle « correspondant à un diplôme et un niveau de responsabilités dans la société. » Du point de vue de l’AFIJ, les dispositifs « universités-collectivités-acteurs non institutionnels » sont relativement peu nombreux.
AMÉLIORER LE LIEN

« Un élu a la responsabilité de tout un territoire, il s’intéressera donc à la totalité des effectifs étudiants et pas seulement à certains secteurs. » Le « prisme de l’insertion professionnelle » va bien au-delà des problématiques locales des territoires. Tout le monde doit en effet avoir conscience que tous les diplômés ne s’insèrent pas sur le territoire d’une collectivité accueillant un établissement d’enseignement supérieur. « La participation de l’élu à la vie de l’étudiant est multiple » souligne Michel GELLY, adjoint au maire de Béziers.
Il n’y a pas un seul territoire au sens administratif, il y a une multitude de territoires où différents acteurs peuvent agir sur l’insertion des jeunes dans la vie active. En effet, « la notion de territoire est plurielle » et recouvre de multiples réalités.
« Les collectivités comme coordinateurs extérieurs de l’insertion professionnelle ? » est la question que pose Micheline HOTYAT, chargé de mission à la DIO.
Les acteurs gagneraient en efficience s’ils se voyaient plus souvent pour échanger, porter des actions, monter des projets. Les échanges sur l’insertion professionnelle des jeunes méritent d’être amplifiés et les collectivités doivent « prendre les acteurs par la main pour qu’ils se parlent. » La collectivité locale peut permettre la rencontre régulière des acteurs dans « une approche globale de partenariats » , où la question centrale concernerait la capacité de tous les acteurs à travailler ensemble, à travailler « en transversal ».
SYNTHÈSE
Pierre FABRE, vice-président du Syndicat mixte pour le développement de l’enseignement supérieur du Sud du TARN s’interrogne sur la manière dont les collectivités locales peuvent participer au processus d’insertion professionnelle des étudiants?
Un premier élément déterminant sur les années passées a été la loi LRU et la formalisation de la mission d’insertion professionnelle des universités. Ce texte législatif a changé ou transformé les choses, notamment avec la mise en place des BAIP. En parallèle, depuis toujours, les collectivités ont bénéficié de dispositifs pour aider les jeunes dans leur entrée dans la vie active (pôles emploi, partenariats avec des acteurs non institutionnels, etc), et plus largement les demandeurs d’emploi. La question aujourd’hui est « d’éviter les doublons, et d’empêcher que les actions des acteurs ne se chevauchent », ce qui complique le montage des actions. Les universités et les collectivités n’ont pas toujours l’habitude de travailler ensemble sur cette thématique et ne souhaitent pas forcément l’incursion d’un univers dans un autre, « des relations sont à créer dans le respect des uns et des autres. » Il y a une relation de causalité « entre l’insertion, les milieux professionnels et le développement territorial.
Info: L’ensemble des vidéos du séminaire qui a eu lieu à Vannes est en ligne à l’adresse: http://www.univ-ubs.fr/.
INFOS PRATIQUES
Télécharger la newsletter Universités et Territoires n° 85. Universités et Territoirres est une lettre éditée avec le soutien de l'AFEV, l'AFIJ, l'AVUFCPU. Edition PCC 5/7 rue de Savies 75020 Paris. sarl PCC. Informations: redaction@u-e-t.fr. Retrouvez toutes les archives sur www.universites-territoires.fr.

http://www.universites-territoires.fr/images/logo-ut.gifReport by Bruno Martin, Geographer and Consultant in the number 85 of the newsletter Universities and Territories.
New role
March 15, the AVUF, Sup'conseil, University of Southern Brittany and the city of Vannes were stakeholders in a seminar on "the role of communities in the process of graduate employment."This gateway to address the issue of employability of students was unprecedented. Some lessons have been learned immediately that the entry is the responsibility of all actors of civil society, the University has now become of ideas for those involved in its local economy and the entry of young people in working life. More...

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