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Formation Continue du Supérieur
22 janvier 2012

Refonder l’appareil de formation des métiers industriels

Par Paul Santelmann, Responsable de la Prospective à l’AFPA. En 2001 les entrées en formation continue dans les domaines de la production représentaient 9,9% de l’ensemble de l’activité des organismes de formation. En 2009 cette proportion est tombée à 7%. Or les secteurs de l’industrie et du BTP représentent plus de 21% des emplois quant au nombre de salariés relevant des métiers des techniques industrielles et de la construction, il pèse plus de 25% de l’ensemble. Il y a donc une sous-représentation des salariés de l’industrie et du BTP dans l’usage de la formation continue dont une des utilités est pourtant l’adaptation aux évolutions technologiques particulièrement foisonnantes dans ces secteurs.
En ce qui concerne les 4 millions d’emplois de type industriel (mobilisant des compétences technologiques), ils sont répartis ainsi: 4% d’ingénieurs, 26% de techniciens et agents de maitrise (TAM), 50% d’ouvriers qualifiés et 20% d’ouvriers peu qualifiés sachant que les frontières entre ces catégories sont assez poreuses (notons que 54% des TAM sont de niveau infra-BAC et ont un profil proche des ouvriers hautement qualifiés). Cette sédimentation témoigne de la complexité des besoins de formation continue dans un contexte de dévalorisation des métiers industriels, de repli de l’emploi global dans ce secteur et d’évaporation des qualifiés (nombre de jeunes formés aux métiers de l’industrie n’exercent pas dans ce secteur). Plus largement, le faible poids de la FPC dans l’industrie interroge alors même qu’il y a convergence pour souligner l’importance d’une relance de cette activité.

En réalité historiquement les formations industrielles initiales dédiées aux ouvriers et aux techniciens ont bénéficié dans l’après-guerre d’un réel effort de rattrapage par le biais de plusieurs types d’investissement (collèges techniques, FPA, organismes de branche, réseau consulaire, centres d’apprentissage). L’appareil de formation industriel de niveau V et IV (développement des BAC Professionnels) est même, de ce point de vue, hypertrophié. Mais il est également inadapté aux réponses à développer en direction des salariés en place et aux exigences liées aux nouvelles technologies industrielles. Par contre-coup l’appareil de formation continue est sous-développé et compensé par l’implication formative des entreprises elles-mêmes mais avec un certain nombre des travers liés aux structures de formation intégrées.
Aucun état des lieux sérieux n’a été réalisé ces 30 dernières années sur l’état de l’offre de formation industrielle de base (niveau V à III) en France alors que la qualité de l’appareil de formation industriel allemand est une des raisons majeures de la résistance de l’économie de ce pays ! Car c’est bien la production industrielle haut de gamme qui doit être l’objectif prioritaire de notre politique économique illusionnée par le miroir aux alouettes de l’économie servicielle interprétée comme une extension du secteur tertiaire et non comme une hybridation technologique cassant les frontières sectorielles de l’après-guerre!
Le triptyque niveau V, IV et III structuré en formation initiale est désormais inapproprié pour aborder l’éventail des activités de production de type industriel. Les organisations de travail post-tayloriennes et post-fordistes ont bousculé l’ordre largement artificiel des anciennes qualifications ouvrières (manœuvres, OS, OP, OQ, OHQ) dans une logique de resserrement des compétences et de plus grande interpénétration des savoirs. Pour autant le travail ouvrier n’a pas disparu mais a absorbé une partie des compétences de maintenance (micro-maintenance), de l’encadrement de proximité, d’organisation du travail (pôles autonomes) et même de conception (que la maintenance doit maîtriser). De ce fait le CAP traditionnel s’est dévalué car insuffisamment porteur de potentiel d’adaptation mais l’exigence de compétences plus larges en formation initiale s’est traduite, sur le plan de la conception des diplômes, par une logique de poursuite d’études visant à cibler les postes de techniciens (BTS) en évitant les postes de production.
Insuffisamment connecté aux transformations des entreprises et aux travaux de recherche et d’innovation technologique l’appareil de formation dans le champ industriel doit être profondément réorganisé et revitalisé dans ses dimensions et finalités initiale et continue. Cela suppose de dépasser les représentations qui faisaient des écoles d’ingénieurs le seul pivot de l’excellence industrielle! Mais est-il encore temps?
Paul Santelmann, vedúci oddelenia prognóz v AFPA. V roku 2001 položky ďalšieho vzdelávania v oblasti výroby predstavuje 9,9% z celkovej činnosti poskytovateľov. V roku 2009 tento podiel klesol na 7%. Ale v odvetviach priemyslu a stavebníctva predstavujú viac ako 21% pracovných miest v počte zamestnancov na ktoré sa vzťahuje obchodov priemyselné technológie a konštrukcie, váži viac ako 25% z celkového počtu. Takže tam je nízke zastúpenie zamestnancov v priemysle a stavebníctve v užívaní ďalšieho vzdelávania, ktorý nástroj je však prispôsobenie technologickému vývoju liatie najmä v tých oblastiach. Viac...
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